gruyeresuisse

22/05/2019

Je ne vois que toit (XXII)

Lacan.jpgLe passage de mi-dit

La femme n'est pas universelle, n'est pas tout. L'homme quant à lui est pataud et pathos. Si fier de son phallus il confond jouissance et satisfaction. L'une à un objet, un machin, bref un truc. Mais l'autre pas. Du moins si l'on en croit Machin, enfin Truc.

Il rappela à juste titre que la jouissance et le mal sont liés même chez l'être humain dit normal. C'est d'ailleurs le chemin le plus simple à l'économie libidinale dont l'encore du corps est prêt à se fendre de demande en mariage pour jouir en pater familias ou en boucher de l'angoisse. Elle s'avère le savoir qui en saigne.

Sous le voile de l'amour la jouissance restera donc étrangère pour l'un et le d'eux. En conséquence chacun porte en lui une Angèle de Foligno. Devenue fille de dieu, cette fausse mère eut un côté homme : le phallus divin devint son enfant au nom d'une règle de l'éthernité. Celle-ci s'explique par une maniaquerie d'usage et rappelle que le désir n'a pas d'objet sinon sa plainte. Sauf - et c'est son exception - lorsqu'elle aboutit à la jouissance onanisme que Machin enfin Truc nomme celle de "l'idiot".

 

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret

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20/05/2019

Je ne vois que toit (XXI)

Bras.pngThéorie de l'objet

Serrant les cuisses sur les flancs de bois d'un cheval de manège qui avance au galop il est salué tel un Prince de Castille couvert de mouches comme Artaud au Mexique au moment où il comprit que la fornication méritait une formalisation glossolalique. Mais le preux cavalier n'en a cure et s'il va au bordel ce n'est pas pour fumer la pipe. Néanmoins une conclusion s'impose : il n'y a là ni histoire ni intrigue. Une telle évocation pourrait convenir au film qu'Almodovar ne tournera jamais. Dans la dernière scène un groom intrigué caresse le volume fictif d'un objet qui n'a jamais existé.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret

 

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19/05/2019

Je ne vois que toit (XX)

Divoy 2.jpgInfusion lente

 

"Allez donc, allez !" disent aux garçons leur mère embrouilleuse "mais revenez moi derechef". Et ils rentreront laissant flotter leur chemise et - en plan - seins et écrin qu'ils viennent de marauder, non sans gestes maladroits envers les sauvageonnes hirondelles.

 

Sur leurs talons hauts les magiciennes - dont le sourire ne ment jamais à qui sait y voir leur sexe - auraient pu leur proposer printemps et léthé. Elles restent pantoises face à ceux qui les quittent. Il faut attendre que leur crâne se dégarnisse et qu'eux-mêmes décryptent ce qui se passe à l'intérieur. Ils ne se contenteront plus d'arracher boutons, pressions et broches. Peu à peu leur fenestron se fermera afin d'éviter que s'envole la chimère. Ils regarderont les étoiles à travers (le Vélux est un luxe) avant que le ciel disparaisse dans celui du lit. Le tout avec le goût de verveine des jours qui blanchissent.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Photomontage de Michèle Divoy 

 

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