gruyeresuisse

29/04/2021

Les potentiels narratifs de Lyz Parayzo 

Parayzo.jpgLyz Parayzo, "Porno chic",  galerie Espace_L, Genève, jusqu'au 2021. 

Le titre de l'exposition est issu du nom d'un livre de contes érotiques de l'écrivain brésilienne Hilda Hilst. Dans l’un de ceux-ci ("Le carnet de roses de Lory Lamby") l'artiste a découvert une atmosphère singulière qu’elle recrée au sein de son exposition où elle génère des pulsations de désir et de violence, d’attraction et d’autodéfense mais selon des narrations très particulières.

Parayzo 2.jpgL'exposition rassemble des œuvres de différents moments de sa carrière. Dont deux photographies de sa série censurée lors d'une présentation antérieure "Secagem Rápida", une vidéo ("Papai está descansando) créée à partir de ses lectures  du livre  "Manifeste Contra-sexuel" du philosophe Paul Preciado) et des sculptures en aluminium issues des séries Bixinhas,  Móbiles et PopCretinhos selon des détournements des productions du courant néo-concrétiste brésilien (Lygia Clark). 

Parayzo 3.jpgPar ces différentes approches (installation vidéo, sérigraphie, sculpture, photographie), l'artiste renouvelle sa lecture critique des traditions modernistes et ce, dans une vision plus narrative et biographique, les questions de genre et de politiques identitaires. Une telle aventure visuelle est spectaculaire et détourne de toute modernité de façade.

Jean-Paul Gavard-Perret

Odyssée de l'espace : "Comment quitter la terre?"

Espace.jpgJill Gasparina et Christophe Kihm, "Comment quitter la terre?", Live in Your Head, Genève, du 1er avril au 8 mai 2021
 
 
Sous le commissariat de Jill Gasparina et Christophe Kihm  et à partir d’une LabZone menée au cours de l’année 2019-2020 dans le work.master, l'exposition gravite autour de deux ensembles liés à l’extraterrestre. D'une part  l’habitat spatial, ses formes matérielles et ses formes de vies. De l'autre la circulation des images : celles du spatial dans la culture pop (scientifiques ou non) et celles de la culture pop dans l’espace (images embarquées lors de vols ou de séjours extraterrestres).
 
Espace 2.jpgL’exposition réunit des productions des étudiant(e)s, réalisées à partir de réflexions collectives avec Julie Bellard, Grégory Bourrilly, William Fernandes, Roger Gaillard, Eliott Waldis et ayant émergé avant, pendant et après la période de confinement, ainsi que des œuvres d’artistes.  Celles de Julie Bellard, Grégory Bourrilly, Bertrand Dezoteux, William Fernandes, Roger Gaillard, Charlie Malgat, Eliott Waldis.
 
Espace 3.jpgSe découvrent des analogies entre espaces et habitats terrestres et extraterrestres, des modèles réduits et répliques, ainsi que des parallèles entre la vie confinée sur terre et dans l’espace,  de même que discours scientifique et discours marchand. cette exposition constitue également un espace de jeu avec les méthodes et les objets mobilisés au sein du programme de recherche « Habiter l’espace extraterrestre » (projet FNS), mené à la HEAD-Genève en partenariat avec l’Observatoire de l’Espace (CNES, Paris).
 
Jean-Paul Gavard-Perret

Carbonara - Philippe Favier

Favier.jpgPhilippe Favier, "Carbones", Wilde, Genève, du 6 mai au 26 juin 2021.

Cette exposition fait suite à celle chez Bernard Chauveau de Paris où Philippe Favier  présenta en 2019  un ensemble de dessins inédits réalisés au papier carbone. Cette série marque un tournant important dans sa pratique avec un retour à la ligne et au dessin. 

Favier 2.jpgL'ensemble permet à l’artiste une remise à plat de son style et de sa pratique afin de créer des formes épurées. Le papier carbone permet – plus que tout autre procédé - de travailler en aveugle, de dessiner sans savoir ce qui est produit.  Seul le poids de la main, son geste laconique ou ample proposent des dérives que l’artiste doit intégrer en jouant avec à la fois pour mieux réapprendre son art tout en se laissant surprendre par ce qui advient.

Favier 3.jpgChaque intervention, chaque "épreuve" deviennent à la fois une aventure et une reprise en main non seulement du  travail de l'artiste mais de lui-même. Par exemple "La ligne d’horizon de 315 Route de Peyrus" réalisée au carbone fut tirée à 8 exemplaires sur un papier Canson 310 g est augmentée par la suite sur chaque exemplaire de dessins ou de fils.  Cela constitue une suite d'interventions uniques de l’artiste sur l’endroit  même d’un travail en occultation. Par un tel processus  iconographique loin de toute rhétorique  les oeuvres deviennent de surprenantes "épiphanies" noires. Elles visent à casser les schèmes de la perception et non à satisfaire une quelconque satisfaction pulsionnelle. Et ce pour la gestation d'un trouble austère et fascinant.

Jean-Paul Gavard-Perret