gruyeresuisse

31/07/2022

Obsessions intimes et générales - Frank Perrin

Perrin 2.jpegFrank Perrin, "Je suis Frank Perrin", Dernière Saison - 7n The Fighters, Galerie Analix Forever, Genève
 
"La beauté, la mode, le spectacle, la planétarisation du futile : j'essaie d'attraper ces choses-là" écrit Franck Perrin fasciné par des images extérieures comme celles de son essence. D'où ses montages en une  "mousse des vagues de l’obsession". L'artiste cherche à rentrer dans le centre des choses et des situations pour en tirer l'essence et offrir la complexité de l’époque.
 
Perrin 3.jpegCréateur, photographe, artiste, Frank Perrin est aussi philosophe, critique d’art, commissaire d’exposition et désormais écrivain. Il explore de façon sans cesse renouvelée nos obsessions contemporaines et nos fantasmes collectifs, dont il nourrit, série après série, l’équivalent d’un catalogue raisonné. Pour lui ce qui est direct, « simple » est le plus compliqué et il le prouve dans ses oeuvres récentes intitulées "Blind Test" où se mélangent références historiques et rêves futuristes.
 
Perrin.pngSon combat se place entre l'incandescence des images et l'abandon de la photographie. L'artiste ne cesse d'inventer au gré des folies du monde, il crée puis passe à autre chose. Son premier livre (sur Guy Debord)  va sortir en 2022.  Et il est certain que c'est là une Inspiration maximale de ce créateur dont les prochains films, sur Arte (la série Klash! L’art en acte), dès le 10 octobre 2022), feront vibrer  les souvenirs de lendemains perdus.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

12/07/2022

Ulrike Ottinger artiste d'avant-garde 

Ottinger 3.jpgLa cinéaste Ulrike Ottinger, arrivée à Berlin en 1973, est devenue une pionnière de la cinématographie d’avant-garde. Les œuvres photographiques, les longs métrages et les documentaires d’Ottinger ont été présentés dans de grands festivals internationaux et rétrospectives, dont le MoMa à New York, la Berlinale, le documentaire et la Biennale de Venise.  Quant à Tabea Blumenschein (1952-2020), elle était une figure culte de la sous-culture féministe queer de Berlin-Ouest dans les années 1970 et 1980. Elle a joué un rôle clé dans les films d’Ottinger et a fait partie du légendaire collectif punk d’avant-garde "Die tödliche Doris". Dans les années 1990, elle se retire du public, mais resta active comme artiste jusqu’à sa mort.
 
Ottinger.jpgDans la scène d’ouverture du très important film "Ticket of No Return" (1979) d’Ulrike Ottinger, celle-ci la définit comme  "une femme de grande beauté, créée comme aucune autre pour être Médée, Madonna, Iphigénie, Aspasia, a décidé un jour d’hiver ensoleillé pour échapper à sa solitude et de quitter La Rotonda. Elle a acheté un billet « Aller jamais retour. Berlin Tegel »". Blumenschein et Ottinger, indifférentes à toutes les conventions,  adoraient la transformation. Dans une esthétique avant-gardiste et distinctive, elles ont embrassé différentes identités, ont défié des normes, révélant ainsi la performativité du genre. Amorçant un dialogue entre les perspectives des deux artistes, ce livre rassemble  pour la première fois les dessins de Blumenschein avec les photographies d’Ottinger issues de leurs séances de performances conjointes.
 
Ottinger 2.jpgUlrike Ottinger a créé tout un univers artistique, un Cosmos Ottinger. Son approche transdisciplinaire est révolutionnaire aujourd’hui. Elle demeure une pionnière de l’art queer, de la critique post-coloniale et de la confrontation avec le fascisme et la persécution.  Comment situer historiquement les débats féministes, queers et esthétiques contemporains ? Et comment situer ces débats dans un cadre muséal ? Toutes ces questions l'artiste les aborde.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Ultike Ottinger, "Zusammenspiel - Tabea Blumenschein - Ulrike Ottinger", Hatje Cantz, Berlin, 576 p., 68 E..

18/06/2022

Vincen Beeckman et les teenagers

Vincen 3.jpgVincen Beeckman, "Teen Spirit", Espace Jörg Brockmann, Genève.
 
Dans la série "Teen Spirit" prochainement exposée à l'Espace Jörg Brockmann à Carouge avec l'aide des étudiants de la filière artistique du Centre de formation professionnelle Genève, Vincen Beckman  présente un corpus passionnant.
 
 
 
Vincen 2.jpegBeeckman travaille avec des adolescents qu'il essaie de comprendre et de retranscrire le quotidien. Ce projet est autant documentaire que collaboratif puisqu'il intègre les jeunes dans ce travail et leur donne "voix". Et cette collaboration des plus participatives avec des populations souvent inaudibles et invisibles constitue une composante centrale du travail de Beeckman.
 
 
De tels échanges entrainent une relation de proximité qui souvent se construit à travers des institutions de formation ou de soins. L'artiste devient ainsi autant photographe que  médiateur et éducateur émancipateur des voix multiples loin des clichés communs.
 
 
Jean-Paul Gavard-Perret