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12/03/2020

Isabelle Pilloud : Femmes en lutte et "je" anatomique

Pilloud.pngIsabelle Pilloud, "HEROÏNES", du 23 décembre 2019 au 16 aout 2020. Espace Jean Tinguely-Niki de Saint-Phalle. Fribourg et livre "HEROÏNES", coll. Artt, éditions Faim de Siècle, 112 p, 30 CHF, 2020.

 

Pilloud 2.pngL’exposition « HEROÏNES » d'Isabelle Pilloud présente des peintures, oeuvres graphiques et installations dont la démarche artistique est liée à la condition féminine : "qui sont les femmes ? que font-elles ? sont-elles heureuses ? où vont-elles ?" écrit l'artiste qui souligne :« C’est un work in progress et une oeuvre participative pour le public ». Elle a brodé avec sa mère et sa tante les cinq continents sur une toile à peindre brute qui accueille les visiteurs. Eux-mêmes sont invités à coudre une perle à l’endroit où trouver «leur» propre héroïne.

Pilloud 4.pngIls (elles) peuvent aussi déposer un témoignage en racontant leur histoire. "Le but est que la carte du monde s’illumine grâce à des centaines de perles !" écrit l'artiste. Les oeuvres et leurs genres dépendent des témoignages récoltés. « La technique m’est dictée par le sujet, c’est  un moyen, pas le but » précise-t-elle. L’exposition se décline en six séries : les héroïnes nationales, les visites du chantier, Pussyhat, collages, portraits-souliers et « Elles ont pris les armes ».

Pilloud 3.jpgCertaines rencontres ou témoignages traversent plusieurs séries. Des leitmotivs aussi  et ils  figurent également sur une longue tapisserie accrochée entre les deux étages de l’Espace. L'artiste y évoque des corps atomisés, emplis parfois d'une puissance qu'on a voulu foudroyer. D'autres déversent la souffrance d'organes, concassés, éreintés que la colonne des images relève. Un "je" anatomique féminin s'ose et s'assume. Le corps jusque là gisant s'éloigne des isolements et humiliations et ne se réduit pas à une bouche muette.

Jean-Paul Gavard-Perret

11/03/2020

Sissi Farassat et Erwin Polanc : contours de la présence

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Les deux photographes se répondent là où au silence de l’effusion enfouie dans langage de muets désirs surgissent des équilibres fragiles. Transparaissent (ironiquement chez Farassat et plus gravement chez Polanc) la crainte, la blessure d'être mais aussi un espoir.

 

 

Farassat.jpgS’éveille aussi le choc de ruptures. Il s'agit d'arracher ou de retirer l’écharde du réel là où suinte le cri du creux de la chair et où s’étiole l’esquisse d’un impossible phrasé où la parole s’épuisait. Les images froissent certaines failles afin que, à la poussière des chutes, fasse place un chant encore entravé.

Polanc 2.jpgExistent des tournoiements, des retournements contre ce qui broie les femmes et plus généralement le monde. D’impudiques ripailles semblent soudain des possibilités. Si bien que les deux photographes cicatrisent des failles et créent d'infimes effractions afin que se scellent des chimères. Et ce, par ricochet contre des amputations et les turbulences morcellées d'anatomies en instance d’être. Elles pourraient ne plus s'égarer dans leurs écartèlements

Jean-Paul Gavard-Perret

Sissi Farassat / Erwin Polanc, Fotohof, Salzburg, du 10 avril au 6 Juin 2020. (Photos 1 et 3 Polanc, Photo 2 Farassat)

10/03/2020

John Beech : formes et empreintes

Beech.jpgJohn Beech, "Beech", Galerie Gisèle Linder, Bâle,du 25 mars au 16 mai 2020.

Depuis 30 ans John Beech crée un travail dont l'objectif est de cerner l'espace au moyen de peintures et de sculptures en divers types de tensions. L'oeuvre découle directement du minimalisme par l'entremise et entre autres du design utilitaire de l'environnement comme par exemple les containers à ordures.

Beech 3.pngL'exposition "Ever" à la Galereie Gisèle Linder est centrée sur un nouvel ensemble de petits murs intitulé "Slents".  Des structures peintes en forme de boîte possèdent des côtés en angle ou en coin  qui sortent du mur sous le niveau des yeux du spectateur. L’exposition comprend également plusieurs peintures récentes. Elles intègrent des pièces de bois directement dans la peinture qui permettent à la peinture d’agir comme un adhésif. Toutes ces oeuvres en dépit de leurs tailles modestes et leur apparence abstraite créent une présence physique des plus fascinantes.

Beech 2.pngLa poésie prend l'aspect de la splendeur du fugace afin de continuer l'aventure de l'art et pour saisir les reflets dérobés au fond de la caverne platonicienne en divers types des masses capables paradoxalement de rapatrier vers un Eden artistique qui affronte l'invisible.

Jean-Paul Gavard-Perret

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