gruyeresuisse

13/04/2020

Alec Soth et la complainte humaine

Soth.jpgAlec Soth est un des plus important photographe de l'époque. Sa première publication "Sleeping By the Mississippi" reste un des livres majeurs de l'histoire de l'édition de telles publications. Il créa son livre le long du fleuve mythique entre 1999 et 2002 du Nord au Sud à partir du Minnesota où il vit juqu'au Delta.

Le créateur montre le monde tel qu'il est. Il y a là la religion, le sexe, la mort. Ses portraits traduisent souvent les espoirs et les peurs, l'amour et la solitude d'êtres perdus dans leurs rêves ou leurs illusions en une sélection de paysages et de scènes d'intérieur.

Soth 3.pngSe dégage une vérité de l'Amérique profonde loin des conventions. Il ne s'agit jamais de flatter celles et ceux qu'il saisit. Mais la tendresse est là pour montrer des perdants magnifiques ou non. Ce travail reste fascinant par l'ambiguité que chaque portrait suggère là où se sent la sincérité d'un artiste pris par la vérité de ses "modèles" dans des sentiers de feuilles, les bars de village, les rangs d'église dans les décombres des dimanches près de bayous coassants.

Jean-Paul Gavard-Perret

 
Alec Soth, Huxley-Parlour, Londres, 2020

09:50 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

12/04/2020

Manon Wertenbroek : miroir vous avez-dit miroir ?

Marion.pngManon Wertenbroek née en Hollande est devenue Vaudoise. Elle travaille à la limite de divers médiums : photographie, sculpture, vidéo et peinture. Sa forte identité visuelle révèle la fragilité de ses créations sculpturales. Ses photographies  jouent de la proximité et de la distance, de l’éphémère et de ce qui pourrait durer. Adepte des couleurs fortes dont le bleu qu'elle définit "comme une couleur mystérieuse dans laquelle on pourrait presque se perdre" elle exploite et explore la question de l'identité et comment celle-ci varie en fonction du contexte social.

Marion 2.jpgLe thème du reflet est souvent exploité par la créatrice. Elle le figure en différentes étapes d'élaboration pour créer de grands formats, parfois imprimés sur du papier métallisé, sur lesquels elle réfléchit des couleurs au moyen de son ordinateur, avant d’immortaliser le tout au moyen de la photographie. Elle crée ainsi du portrait dans le portrait là où le miroir prend le rôle de symbole. La photographie devient un murmure flottant, un chemin d’air. Il permet de prendre le reflet de la lune pour traverser le Léman . Avec le risque de s’y noyer ou pas. Le tout est de savoir bâtir une respiration. L'artiste le permet.

Jean-Paul Gavard-Perret

11/04/2020

Zoé Menthonnex et la matière des songes

Ment.pngLa Vaudoise Zoé Menthonnex affectionne les images éthérées. Sa terre vaudoise lui permet néanmoins de ne pas perdre pieds. Toutefois Léman et forêts, vignobles et montagnes ont fait germé en elle une sorte de sensualité de la nature. L'artiste capte aussi celle des corps.Mais tout chez elle prend une dimension onirique.

 

 

Ment 2.jpgSi bien que l'ailleurs est dans l'ici-même comme l'absence dans la présence. La photo dérive, glisse vers une sorte d'abstraction en esquisse mystique. La nudité vaporeuse se fait chant imprégné de douceur en diverses dérives.

Ment 3.jpgLe geste de lumière efface l’obscur. Paysages et corps subissent ou plutôt jouissent d'une métamorphose en un envol multiple des sens. Entre le monde et elle-même Zoé Menthonnex crée un miroir qui ne reflète aucun des deux côtés mais devient chemin pour se couvrir d'images poétiques et pour lesquels le mot plaisir serait trop réducteur. Car il s’agit de chercher le flot de la vie et en découvrir de nouvelles courbures  et plasticité. Sans débordement mais pour la magie même si l'ensorcellement des corps reste toujours provisoire.

Jean-Paul Gavard-Perret