gruyeresuisse

11/02/2020

Bruce Gilden : New York Délire

Gilden 3.jpg"Lost and Found" permet de revisiter les premières photographies de rue de Bruce Gilden entre  les années 70 à 80 ainsi que ses images de mode les plus récentes. Les premières grâce à un incident :  la redécouverte de quelque 2000 rouleaux de film 35 mm datant des premiers travaux du photographe à New York, de 1978 à 1984. Gilden les a retrouvés. A l'inverse de ce qui est sa marque de fabrique ces photos sont réalisées sans flash. Et comme il l'écrit : "C’est Bruce Gilden avant qu’il ne devienne vraiment le Bruce Gilden connu."

Gilden 2.jpgCes images paraissent presque brutes de décoffrage et souvent et en gros plan - mais pas forcément des visages...  D'autant que fils d'un père de type gangster, Gilden en retient l'esprit "hors cadre". Il se retrouve dans ses photos de mode réalisés à partir de 2000 pour Vogue, Wallpaper et The New York Times. S'y retrouvent le gout d'un certain trash et une indentité toujours aussi drôle que surprenante.

Gilden.jpgCes photos créent un déséquilibre dans toutes les situations saisies selon des narrations personnelles mais à valeur générale. Elles attirent l’attention sur les problématiques urbaines où l’autocensure n'affecte en rien la liberté de création. Rien n'est caché. Au contraire : tout en mis en exergue.

Jean-Paul Gavard-Perret

Bruce Gilden, "Lots and Found", 10 Corso Como, New York. Un livre au même titre est publié aux éditions Xavier Barral, Paris et par Thames & Hudson, New York.

10/02/2020

Guillaume Perret et les portraits des impromptus de l'amour

Perret.pngGuillaume Perret, "Amour", L'Espace Nicolas Schilling et Galerie Neuchâtel, du 14 au 22 février 2020, Livre "Amour", Editions ACT, 136 pages.

 

Perret 2.jpgLa recherche plastique de Guillaume Perret devient le moyen de découvrir l’amour à travers celles et ceux que le regard de la société condamne implicitement. Le photographe montre que ce sentiment ne possède pas d’âge, de genre, de codes. C'est une question intime à la fois commune mais toujours particulière et qui souvent dérange l'ordre tel qu'il est admis.

Perret 3.jpgLe photographe place son objectif en face  ou derrière de couples atypiques en mettant en lumière ce qui représente une série de libres choix et selon une approche poétique empreinte de respect et de vérité. George Kouvas précise dans la préface du livre : « Nous vivons dans une civilisation qui a donné la priorité absolue à l’intellect (...). Or à notre époque, il reste encore des choses qui ne peuvent être appréhendées par ce biais. Et c’est alors que nous avons recours à l’art, et à l’amour. »

Perret 4.jpgL'exposition et le livre réunissent les trois éléments qui sortent de la priorité du rationalisme : l’art, l’amour et le fonctionnement du cerveau dans le tréfonds de son "inconscient". Et ce dans le but d'exprimer l’indicible. Après avoir exercé les métiers de maçon et d’enseignant, Perret se consacre entièrement à la photographie. Il cherche à saisir la beauté fragile de l’existence humaine et montre une forme d’intimité souvent révélatrice des enjeux de notre société peu encline à la clémence face à ce qui la dérange là où chaque image vaut bien plus que mille mots.

Jean-Paul Gavard-Perret

07/02/2020

Gérard Musy : high energy

Musy 2.jpgEn 1986, le photographe lémanique Gérard Musy, pour son mémoire en Histoire de l’Art sur Robert Frank à l’Université de Genève, se rend souvent à Paris pour découvrir les défilés de mode et passer de nombreuses soirées au "Palace" lieu emblématique de la ville à l'époque. L'exposition permet de revisiter cette période charnière de la photographie et de la mode.

 

 

 

 

Musy.jpgMusy comprend combien le monde de la nuit et de la mode sont liés. Les tops mannequins sortent en discothèque avec les tenues des stylistes branchés qui expérimentent  différentes matières fétichistes : le vinyle pour Mugler, le latex pour J-P Gaultier mais aussi le cuir de Montana  et la maille galbante d’A. Alaia.

 

 

 

 

Musy 3.jpgLe photographe saisit un monde pétillant en noir et blanc ou en couleurs dans un art parfait de la composition serrée. Existent aussi des photos de backstage aux couleurs riches et profondes réalisées entre autres pour le compte des magazines Jardin des Modes et Harper’s Bazaar. Elles renouvellent la photographie de mode de la fin des années 80 dans une force de vie et d'énergie juste avant que le Sida viennent briser l'insouciance.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Gérard Musy, "Eclats, Late’80s Fashion", Espace Photographique du Leica Store, Paris VIIIème., du 6 février au 4 avril 2020