gruyeresuisse

20/04/2019

François Fiedler le pariétal

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Proche d'une observation moléculaire du monde François Fiedler est à la recherche d'images primitives et sourdes proches d'un art pariétal d'un nouveau genre là où un brutalisme et un minimalisme jouent de concert. Soumises aux intempéries ses oeuvres sont confrontées à la violence de la nature avec laquelle elles vivent un temps plus ou moins long pour en subir les affres.

 

 

 

 

Fiedler 2.jpgExiste l'apothéose (discrète) de lignes, de courbes, de fuites. Ce qui prouve que la nature n'a pas plus horreur de l'art que du vide. Le premier se débat dans son propre jus. Si bien que de cosa mentale il s'échappe en prenant une autre route où se suspend en partie sa matérialité et se réalité. Toute une vision se reconstruit et se réfléchit là où volumes et couleurs se calculent et se vivent.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

François Fiedler, "Matières", Galerie Maeght, Paris jusqu'au 17 mai 2019.

Doris Pache : effacements et apparitions

Pache.jpgDoris Pache, "Silence de couleurs", Galerie Anton Meier, Genève, du 2 mai au 29 juin 2019.

 

Les oeuvres récentes de Doris Pache poussent plus loin son besoin d'espace et de lumière. Hors contextualisation le "paysage" s'étend dans l'infini des éthers. Demeure l'énigme de lieux où le silence parle par le jeu des couleurs subtiles.Rien n'existe que ce mystère. L'espace pictural est rendu à une grammaire indicible.

 

Pache 2.pngEchappant à toute conceptualisation, allégorie, symbole mais tout autant au scepticisme distingué et marmoréen, la couleur vibre dans un courant continu au sein d’un processus d’effacement dont l’artiste préserve des points d’échappement. Sortant des gamineries où l’égo de certains artistes se complaît, Doris Pache ne sollicite aucun fait, évite le récit et ne cherche pas à ciseler de l'ornemental. Existent une méditation affective (mais sans épanchement lyrique) et une médiation sur le sens à donner à ce qui est ou reste. La créatrice oppose au "concept" un élément mystérieux. N'est-ce pas là l’essence d’une expérience picturale aussi élémentaire que capitale ?

Jean-Paul Gavard-Perret

 

19/04/2019

Les brouillages subtils de Guillaume Dernervaud

Denervaud.pngGuillaume Denervaud, "Zones furtives", Collectifs Rat, Tsar, 76 p., 2019, CHF 26, Vevey. L'artiste présentera son livre à la galerie Balice Hertling, Paris.

Dans "Zones furtives" , les dessins de Guillaume Dénervaud dialoguent avec deux textes de fiction : "Coming of Age: Robotique" de Mark von Schlegell et "Callum Hills" de Barbara Sirieix. A sa façon l'oeuvre transforme le fétichisme de l'image et la loi des textes comme si l'artiste en montrait d'invisibles composants ou anfractuosités.

Denervaud 2.pngIl poursuit ses différentes expériences et tentatives afin de casser une forme de conscience perceptive par le renouvellement de dispositifs stratégiques de la structure de ses images "végétales" reprises dans un travail graphique aussi impeccable que perturbant dans ses débordements.

L'ensemble reste néanmoins parfaitement maîtrisé dans la fragilité de ses formes et de ses couleurs. Les découpes foisonnent en un dynamisme grouillant.

 

Dernervaud 3.png Sous le mouvement des formes se cache une vision plus âpre suggérée par les deux textes. Ce travail joue du rassemblement comme de la déliaison. Contre la rigidité du monde, la souplesse des formes propose un système de féerie originale et dérangeante.

Jean-Paul Gavard-Perret