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07/03/2015

Soyeuses étoffes de l’estampe : « Printmaking by ECAL »

 

 

 

 Jenish 4.jpg« Printmaking by ECAL » Musée Jenisch, Vevey  du 27 mars au 31 mai 2015. Catalogue sous la direction de Laurence Schmidlin, 176 pages, CHF 25.

 

 

 

 

 

Jenish 3.jpgLe Musée Jenisch et son Cabinet cantonal des estampes fêtent le printemps  sous le commissariat de Laurence Schmidlin en présentant les éditions lithographiques et sérigraphiques de l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne.  La création la plus actuelle s’y observe à travers la technique de l’estampe. Créateurs confirmés ou plus jeunes sont accompagnés dans les trois salles d’exposition de grands anciens (John Armleder, Francis Damevin, Dan Walsh, etc.) .

 

L’évolution de l’art de l’estampe comme de l’art en général est donc observable dans les propositions de l’ECAL. L’institution a progressivement affiné sa stratégie par rapport à cette technique.  Un standard commun de création permet de mettre tous les artistes à égalité et d’apprécier les propriétés particulières de leur démarche.  Pierre Charpin, Fabrice Gygi,  Loïv Andrié, Alex Hanniman, Helen Marten, Olivier Saudan (entre autres) se partagent les cimaises d’un projet passionnant tant par leurs œuvres que par l’histoire de l’art qui s’y inscrit. La multiplicité des travaux percent des chemins vers l’avenir selon des  schèmes sub-spatiaux. Ils sous-tendent l’espace de traversées, signes et écritures .  Tous sont impliqués dans la même « éclaircie » : ils passent du tronc à la ramure, de la ramure à l’air, de l’air à la transparence.

 

Jean-Paul Gavard-Perret.

 

 

 

 

 

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04/03/2015

Philippe Deléglise : la matière et l’ineffable

 

deléglise.png

 

Philippe Deléglise, « Figures du son », Musée Jurassien des Arts de Moutier, du 8 mars au 24 mai 2015.

 

Partant des expérimentations des visualisations des ondes sonores du physicien (et un des fondateur de l’acoustique)  Ernst Friedrich Chladni le Genevois Philippe Delégilse a découvert une possibilité de renouveler son approche de l’abstraction. Adepte d’une peinture qui parle par son propre langage (comme la musique le fait) et sans besoin de s’appuyer sur le motif, l’artiste reste à la recherche d’une autonomie de ce qu’il nomme « plan-surface ». Dans un premier cycle « Poussières, tombeau de Chladni », comme le savant, il utilise des plaques d’acier. Les recouvrant de  poussière de colophane il se sert d’un archet pour les faire vibrer. La performance est donc à la base de l’œuvre : le geste permet à la matière de se rassembler en certains lieux de la plaque. L’artiste fixe le résultat (réseaux linéaires, entrelacs) dans une série d’estampes.

 

deléglise 2.pngAvec « Echos » le travail est différent.  Ce que la première expérience a provoqué est repris dans une suite  de lithographies. Elles deviennent une reprise, un approfondissement et un jeu de variations de l’expérience première. La musique est donc présente mais de manière subreptice. Volumes, érosions lui accordent des correspondances baudelairiennes implicites avec les arts plastiques. S’y retrouvent les mêmes tensions et élasticités,  d’effondrements et de surrections, d’oppositions entre  le vide et le plein comme il en existe entre le silence et le son. Dans les œuvres de Deléglise  l'équilibre à tout moment semble pouvoir s'estomper : le créateur donne ainsi de l’éternité à ce qui paraît un simple moment. Le présent devient un présent éternel.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret


De Philippe Deléglise : "Figures de Chladni, Editions Art&fiction, Lausanne.



 

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03/03/2015

Eliane Gervasoni : toute nuit est lumière – Aperti 2015

 

 

Gervasoni 2.jpgEliane Gervasoni,  9e édition d'Aperti, Lausanne samedi 21 et dimanche 22 mars 2015.



 

Gervasoni portrait.pngDifférents changements sont perceptibles dans l’œuvre d’Eliane Gervasoni. « Travaillant avec des objets industriels liés à la construction, pièces métalliques, plaques d’aluminium ou autres objets sortis de leur contexte et fonction, je me suis éloignée progressivement des techniques de gravure traditionnelles à travers un processus expérimental » précise la créatrice. Elle s’inspire plus particulièrement dans ses approches les plus récentes des travaux littéraires de John Cage dans « Silence, lectures and writing ». Ses estampes et impressions sont le résultat d’éléments préalablement encrés composés  directement sur le plateau de sa presse. Ils sont  déclinés en séries qui représentent des sortes de « durations » d’un infini géométrique modulé selon les tensions des couleurs.

 

Gervasoni.jpgEliane Gervasoni  porte la création de l’estampe en des territoires de concentration plastique et de force rarement atteintes. La spatialisation rythmique dégagée de tout aspect superfétatoire et anecdotique crée une magie particulière à l’impeccabilité impressionnante. Deux lunes noires semblent « briller » en sa forme « naïve » prises dans les filets de l’illusion d’optique et les références qui la nourrissent forcément. L’émotion est distanciée des effets les plus grossiers grâce à une technique épurée et plus que parfaite.  Surgit une aube primitive à la racine d’images qui parlent en face à face de toute leur présence silencieuse capable d’agripper l’inconscient. D’où la nature princière de travaux moins austères qu’ils le paraissent. Surgissent la clarté d’un monde tu, la confondante voix des ombres et la transmutation de vie en vie là où toute nuit est lumière.

Jean-Paul Gavard-Perret

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