gruyeresuisse

17/09/2020

Le salace lave plus blanc - Christopher Makos

Makos.pngFasciné par les cultures marginales et les figures qui les animent Makos a fait du "sale" sa marque de fabrique et reste un des photographes majeurs de la punkitude. Influencé par Duchamp et Molinier il a créé un univers de l'altérité sexuelle et plastique. Il ne cherche pas pour autant les figures surjouées. Dans les maquillages et outrances il ne voit que posture et préfère fixer celles ceux qui s'assument  et s'affichent sans besoin de kitsch ostentatoire.

Makos 2.jpgSon travail appartient aux prémices de la photographie « trans ». Aux photos noires et sombres de Man Ray et Duchamp répond la diaphanéité de celles de leur descendant 60 ans plus tard qui laissa des photos célèbres. Entre autre de Warhol ou de Debbie Harris, la chanteuse punk de New-York la plus célèbre des 70'. Et ce au nom de ce que Makos souligne « ils étaient les personnes les plus blanche que j’ai jamais rencontrées. Tout est devenu clair d’un coup : les photos seraient aussi blanches que leur peau ! ».

Jean-Paul Gavard-Perret

Christopher Makos, "Dirty", Daniel Cooney Fine Art, New-York, du 17septembre au 17 novembre 2020.

Alexandra Maurer : paysages en "repons"

Hauf.pngAlexandra Maurer , "Aufgespaltet", Saint Gall, du 26. Septembre au 20 Décembre 2020

 

Alexandra Maurer n'est pas une rêveuse standard. Tout bascule dans ses peintures. Du réel il ne reste même pas des endroits de mémoire. L'artiste construit un autre monde. Dans ses compositions l'imaginaire fait loi pour que jaillissent des images mentales et leur traduction.

Hauf 2.pngElle crée des machines à produire des histoires et des images qui nous échappent. Le processus psychique de l'artiste recouvre le réel ou plutôt le reconstruit dans ses opérations picturales. L'inconscient y possède une grande part. Il n'est pas réprimé - au contraire. C'est sans doute lui qui structure de telles oeuvres où leur subjectivité ouvre une expansion du monde par des moyens plastiques qui échappent à tout conditionnement.

Hauf 3.pngUn continent étrange se déploie nourri bien sûr de tout le background de la créatrice. Car sans savoirs et techniques les images de la vie mentale n'auraient pas de sens. Leur fracas du dedans s'implante ou font écho à celui des regardeurs.euses. Leur émotion trouve là des paysages "en repons" de même qu'une affirmation  à ce que fait la peinture par les braquages de l'inconscient et ses imbrications.

Jean-Paul Gavard-Perret

16/09/2020

Charlotte Herzig : atmosphères

Herzig.pngCharlotte Herzig, "It has no name, so I style it "The Way", Wilde, Bâle, du 10 septembre au 14 novembre 2020.

"It doesn't have a name, so I style it "The Way"" est la première exposition solo de Charlotte Herzig  à Bâle. Elle y explore diverses techniques pour créer des oeuvres de plusieurs dimensions. Pour une telle artiste  le monde ne cesse de bouger en divers rythme et c'est pourquoi tout son "geste" de peintre contribue à transformer cette intuition en formes, lignes et espaces au sein de compositions lumineuses. Elles sont là pour explorer de tels mouvements.

Comme toujours l'artiste n'hésite pas à créer des effets d'immersions afin que le regardeur soit enveloppé et saisi dans un tel environnement où se retrouve des jeux de subtiles répétitions. Existent autant de séquences ou modules qui donnent à l'oeuvre un rythme voire une mélodie particulière et atmopsphérique. Un tel  "spectacle" permet au visiteur de regarder le monde dans un miroir en complétude si ce n'est en gloire. Si bien que la peinture devient le meilleur carburant qui soit.

Jean-Paul Gavard-Perret