gruyeresuisse

26/08/2019

Nathalie Wetzel : reprises

Wetzel.jpgNathalie Wetzel, "Mises à jour", Galerie LIGNE treize,  Genève Carouge, du 29 août au 21 septembre 2019.

Wetzel 3.jpgNathalie Wetzel présente à la galerie LIGNE treize une sélection de ses monotypes récents sur papier. Ils ont pour origine une photographie prise par l’artiste même. A une époque où la photo est devenue - entre autre via le selfie- une monnaie d'échange dévalorisée et perd son sens, le monotype par son effet de reprise retarde cette disparition programmée non pour créer l'illusion de l'illusion mais une "mise à jour" - d’où le titre de l’exposition.

Wetzel 2.pngL’artiste construit chaque monotype comme un tableau à la manière des maîtres anciens. L’important n’est pas d’où viennent les motifs, mais plutôt ce qu’ils deviennent. Nathalie Wetzel cultive le sens du détail précis afin  d’ouvrir à de multiples combinaisons d’interprétations possibles. Ravie d’inventer des histoires elle reconstruit un renouveau du désir d'image. Il projette dans un univers des limites sans que nous sachions si nous restons en dedans ou si nous sommes déjà au dehors. L’univers est donc perversement polymorphe à plus d'un titre.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Morgane Tschiember : du jeu dans le jeu

Tschiember.jpgGalerie Laurence Bernard, Genève.

 

Morgane Tschiember interroge la pratique artistique à travers de multiples médiums. Peintre, céramiste, vidéaste, photographe, sculptrice elle utilise les matériaux en divers formats : de petits objets en céramique, verre, métal, bois ou de synthèse à l’installation monumentale selon des bifurcations simultanées ou des aller-retour successifs.

 

 

Teschiember 2.jpgAu coeur des matières s'immiscent parfois des leurres du leurre. C'est une manière moins de les "farcir" que de les doubler et quel qu'en soit le genre ou la nature afin de "légender" la réalité. Celle-ci devient "confondante". L'espace de la représentation par les mixions crée des chassés-croisés en un mimétisme particulier aux effets remarquables.

 

 

 

Tschiember 3.jpgCelle qui a travaillé avec Olivier Mosset et Gordon Douglas ne cesse de jouer avec diverses feintes pour s'approcher du coeur palpitant des choses et leur image. Ces multiples entrées rapprochent et éloignent par des hybridations qui "appuient" subtilement sur bien des niveaux de perception. Et ce dans un "luxe" fléché vers un "in tenebris lucet".

Jean-Paul Gavard-Perret

23/08/2019

Meng Yan à Lugano : traversée des portraits

Meng Yang.jpgMeng Yan, "Ritratti", Museo Casa Rusca, Lugano, du 4 aout au 15 septembre 2019.

Le Museo Casa Rusca de Lugano permet de découvrir le travail de l'artiste de Shangai Meng Yan. Est présentée une sélection des portraits de personnages célèbres - surtout du monde de l'art du vingtième siècle - créés ces dix dernières années/L'artiste revisite les idées sur de telles icones loin de toute caricature - bien au contraire.

Meng Yan 2.pngSont présents des portraits de Vincent van Gogh, Salvador Dalì, Andy Warhol, Marlene Dumas, Alberto Giacometti. Ils révèlent la vision d'une forme de réalité et de son ombre afin d'approfondir la jouissance esthétique loin de la simple légèreté ou "grâce". Il ne s'agit pas de se retrouver face à un "beau" que de telles idoles pourraient rameuter. Bref, Meng Yan rompt avec les visions traditionnelles.

Meng Yan 3.jpgIl propose dans un face à face avec des "monstres sacrés" de l'art un jeu de couleurs lié à toute une échelle des gris. Ceux-ci deviennent la marque de fabrique des portraits à l'aspect intense, surprenant et envoutant qui permet de réfléchir sur un en-deçà artistique et de suggérer ce que de tels artistes ont laissé pour nos sociétés mondialisées d'aujourd'hui. Ces "prises de vue" donnent à voir moins des héros de l'art que des êtres encore vivants et fragiles.

Jean-Paul Gavard-Perret