gruyeresuisse

16/09/2019

Emma Summerton contre toute attente

Summerton.pngEmma Summerton, "Landed", Christophe Guye Gallery, Zurich, jusqu'en fin septembre 2019.

La galerie Guye présente la première exposition solo des clichés d'art de la jeune photographe de mode australienne Emma Summerton. Laissant pour l'occasion le léché et l'impeccabilité froide, elle s'ouvre ici à la fantaisie et au décalage pour donner à ses femmes étendues un aspect hors-champ aussi ludique qu'astucieux et moins léger qu'il n'y paraît.

 

Simmerton 2.pngLes codes inclusifs d'une photographie programmée qui réduit la femme à un fétiche ou une usine à fantasmes sont remplacés par ceux que l'artiste crée à la recherche moins de belles images frelatées qu'à celles qui conviennent à un tel propos sans enfumage mais ironique.

 

Simmerton 3.pngChaque prise démystifie certains ajustements au profit de ceux qui ne sont pas attendus. Ils sont là pour introduire du leurre dans le leurre, les assises sont débôitées là où le corps féminin rentre dans l'image et en sort de manière intempestive. Il devient un indice créateur d’ouverture par l’audace et le résistance de l'écriture photographique. Elle ne fait plus de la femme un simple support mais un manifeste de l’anticonformisme.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

13/09/2019

Jan Hofer et Severin Zaugg ; mises en scène de certaines volontés de puissance

Hofer 2.jpgJan Hofer et Severin Zaugg, "STUDY  - Livre Photo Suisse", et exposition A.B.C.D., Collectif RATS, Vevey, du 15 au 29 septembre 2019.

Jan Hofer et Severin Zaugg présentent trois projets récents. Chaque projet est un dérivé de processus pragmatiques mis en place par différentes institutions: une série de photo de référence de la Police de Zurich, un manuel de sondage alimentaire publié par le gouvernement Suisse, un slogan instructif d’une compagnie de construction.

Hofer.jpgLes artistes utilisent ces éléments, ils en retournent d'une certaine manière les "figures" à la fois pour leur valeur intrinsèque mais aussi pour ce qu'ils "disent" ou dénoncent sur le désir des hommes et sur la volonté de la société à  mesurer et ordonner le monde.

Hofer 3.jpgJan Hofer et Severin Zaugg dépassent les logiques visant à instaurer des ordres. Ils questionnent ces éléments, leurs origines, buts et finalités plus ou moins sinon tortueuses du moins ambiguës dans leur intentions. Il s'agit de discerner le vrai dans les vouloir vivre balisés qui restent autant une manière de dominer les existences.

Jean-Paul Gavard-Perret

12/09/2019

A sa botte - Sylvie Fleury

chanel-yeti-boots-pink-edition-sylvie-fleury-lithograph-jean-jrp-editions-600x600.jpgSylvie Fleury, "Chanel Yeti Boots", JRP Editions, Zurich, 13 septembre 2019.

 

Joignant l'utile à l'agréable, c'est sur toile Denim que Sylvie Fleury lithographie et décline ses "Chanel Yeti Boots", manière de glisser doucement vers la mode d'hiver même si le temps ne semble pas encore propice aux flocons.

 

SYeti 2.jpgylvie Feury prouve que la plus belle fille du monde peut donner ce qu’elle a simplement à travers de telles bottes. Quant à celui qui lui fait face (qu’il soit spectateur ou voyeur) il y mêle ses fantasmes, ses grilles de lecture, ses attentes. L'objet peut remplacer la chose. Et ce non sans ironie.

 

Yeti.gifCette interaction à la fois nie et renforce la force de l’imaginaire en prouvant qu’il ne possède pas une simple fonction d’irréel. L’image affirme sa présence mais comme «n’étant pas toute» dans ses déclinaisons de couleurs et jeux d'angles là où une certaine épiphanie reste neutralisée. Tout reste «en l’état», un état absurde dans l’interminable attente d'une femme possible mais non de sa certitude là où Sylvie Fleury ouvre de la beauté une version particulière.

Jean-Paul Gavard-Perret