gruyeresuisse

10/09/2020

Le désordre iconique de Youssef Nabil

Nabil.jpgLe photographe égyptien Youssef Nabil transforme bien des idées reçues et métamophosant ses prises selon une ancienne technique largement employée pour les portraits de famille ou pour les affiches de films qui peuplaient les rues du Caire.

Les photographies argentiques sont peintes par le créateur. Elles ravivent une Égypte légendaire, entre symbolisme et abstraction. Mais s'y découvrent aussi des repères identitaires déplacés où se mêlent les préoccupations idéologiques, sociales et politiques de l'époque et la mélancolie du passé.

Nabil 3.jpgL'exposition est un hommage unique à une icône de l'art photographique. Elle devient une invitation à une dérive à travers des sections thématiques qui vont des premiers travaux de Youssef Nabil à ses oeuvres les plus récentes. Elle est complétée par trois vidéos de l'artiste : Arabian Happy Ending, I Saved My Belly Dancer et You Never Left.

Youssef Nabil « Once Upon a Dream», Palazzo Grassi, Venise, du 11 juillet 2020 au 20 mars2021

Jean-Paul Gavard-Perret

09/09/2020

Adel Abdessemed : ce que résister implique

Adel 2.pngAdel Abdessemed,  "Description d'un combat, Wilde, Genève, du 3 septembre au 23 octoble 2020.

Adel Abdessemed est un artiste de combat d'où son admiration (tardive et réflexive) pour Picasso qui pour lui "peignait comme un guerrier". Existe dans ses oeuvres les souvenirs d'une jeunesse rebelle en Algérie au moment des années de sang de la période 90.

Adel.pngPar son talent et sa sensibilité et le renouvellement de ses travaux via divers médiums l'artiste illustre la violence de l'époque. Mais il casse et fragmente le bombardement images des médias et d'internet.

L'artiste affronte le monde car selon lui "il y a peut-être des portes de sortie : celles de la création et de l’art. Il faut créer des œuvres de résistance : pour moi l’artiste est comme un combattant." Il prouve que seule la culture peut répondre à la bêtise ambiante que charrient les idéologies et les maîtres.

Adel 3.pngLa culture est pour lui un moyen de créer "des émotions significatives, lumineuses comme le soleil, et aussi des émotions obscures mais qui s’imposent.". Et dans ce but les images et leurs montages d'Adel Abdessemed disent ce que les mots ne peuvent énoncer et ce que les images officielles cachent.

Jean-Paul Gavard-Perret

08/09/2020

Roberto Donetta : marchand de graines et photographe

Doneta.jpg« La complicité : Roberto Donetta (1865-1932) », Fondation Van Gogh, jusqu'au 13 septembre 2020. Exposition en partenariat avec La Fondazione Achivio Donetta et la MASI musée d’art de la Suisse italienne. Une monographie est éditée par Limmat Verlag, Zurich.

La Fondation Vincent van Gogh présente « La complicité », en 120 photos, une exposition de l’artiste suisse Roberto Donetta (1865-1932) présenté pour la première fois en France sous l'aspect d’une présentation de ses œuvres avec celles de Natsuko Uchino, Rose Lowder et Cyprien Gaillard ainsi que des ex-voto provençaux, ponctuée par des interventions florales de Marie Varenne et la présence du tableau Square Saint-Pierre au coucher du soleil de Vincent van Gogh.

Donetta 2.jpgLe Tessinois Roberto Donetta (1865-1932) fait partie des grands marginaux de la photographie suisse. Il a laissé près 5000 plaques photographiques en verre découvertes par hasard bien après sa mort. Ses prisess illustrent la vie archaïque des habitants du Val Blenio, région à l'époque encore coupée du monde.

Doneta 3.pngRoberto Donetta s’est fait le chroniqueur d’une époque marquée par de profonds changements. L'autodidacte est un véritable artiste. Virtuose, il crée des photos pleines d’humour. S'y découvrent enfants, familles, couples, artisans, bref tout un microcosme. Surgit la réalité d’une page de l’humanité d'un lieu et d'une époque. La toile de Vincent Van Gogh installée au milieu des œuvres de Roberto Donetta crée un lien et un transfert de la peinture représentative vers la création impressionniste portée en puissance de la représentation photographique de Roberto Donetta.

Jean-Paul Gavard-Perret