gruyeresuisse

12/08/2016

Touches de présence - Aaron Mc Elroy


AAron.jpgAaron Mc Elroy sème la lumière dans des corps apparemment éteints afin de saisir le souffle charnel brûlant encore de vie. Les regards - lorsqu’ils sont rarement visibles - suintent du silence comme si le néant touchait des profondeurs cachées dans les méandres des formes. Le photographe reste sur les sentiers de la solitude. Ne demeurent que des lambeaux du corps oublieux d’empreintes de printemps.

AAron 2.jpgPourtant l’hiver des femmes est encore loin. Mais l’atmosphère suggère une sorte d’ennui palpable. Les courbures s’estompent. Reste pourtant des touches de lumière de la jeunesse même si le corps épouse l’obscurité blanche. Il est en attente, en arrêt à la rencontre du rien enseveli : « Neneka prête à tout » comme aurait dit Artaud. La ténèbre coule dans les veines, déborde, ploie sous l’ultime pluie d’éclairs et le miroir des doutes.

Jean-Paul Gavard-Perret

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10/08/2016

Marcel Miracle & Line Marquis : les dynamiteurs



Miracle bon.jpgMarcel Miracle et Line Marquis, « Ars & sens », Espace Culturel Assens, du 22 aout au 2 octobre 2016. De Marcel Miracle "Nuit d'émeute sur la piste" (éditions art&fiction, Lausanne)

Face aux artistes prétentieux et mystificateurs de l'absolu qui prennent les regardeurs dans les filets de leurs fades représentations, Line Marquis et Marcel Miracle proposent des interventions ludiques et iconoclastes. Ils forgent au besoin le faux pour casser artifices et artefact plastiques. Peintures dessins et autre interventions cultivent une liberté afin de garantir au regard des moments de plaisirs que seuls les imbéciles estimeront parfaitement inutiles.

Miracle bon 2.jpgLine Marquis dont les yeux font mourir d’amour et Marcel buveur de thé au Sahara sont des intrépides. Ils transgressent tout édit de nostalgie et pensées crépusculaires. L’ironie et la dérision mettent à mal tout snobisme et l’art sort de ses abris et qu’importe s’il passionne si peu les hommes qu'ils n'en finissent pas de s'inventer d'autres activités.

Les deux artistes indiquent des voies cavalières. Les couleurs crépitent et les formes rejoignent des galaxies galopines. Leur création est un voyage dont le parcours est un accroissement de nulles parts. Le reste - si reste il y a - possède l’épaisseur d’une hallucination. Les œuvres transcendent les évidences et sont des travaux réfractaires à toutes dissimulations. Plus questions de confondre le réel avec ses représentations.

Contre le simple retour massif de l'illusion expressive, contre l'évènement en tant que symptôme, Line Marquis et Marcel Miracle développent un long et raisonné processus d'approfondissement. Le réel se met à suinter à travers leurs machineries infernales. Les deux modeleurs restent des mécaniciens d’un genre particulier : lignes et couleurs leur servent à jouer à la fois dans mais aussi contre l'excès. Pour eux la création est une histoire de formes qu'il faut assumer et faire jouer de manière implosive et jouissive.

Jean-Paul Gavard-Perret.

10:56 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

08/08/2016

Matt Mignanelli : une certaine idée du paysage…


Mignanelli.jpg« Pop up ! », Dubner Project Lugano, du 2 Septembre au 29 Octobre 2016. (Dubner Moderne, Lausanne).

 

 

 

 

 

Mignanelli 2.jpgPar indices géométriques parfois résolument abstraits mais parfois plus « véristes » Matt Mignanelli crée une béance oculaire face au paysage. Le « fictionnant » presque jusqu’à la parodie il traverse des façades pour atteindre des lieux à la fois proches et lointains. L’hyperréalisme se mêle à la fantasmagorie. L’artiste sait que franchir la frontière du réel, modifier les manifestations visibles, transformer leur perception restent un plaisir qui fascine. Les hybridations cassent les frustrations : peuvent surgir des phosphorescences mystérieuses où - sur les ruines du réel - se redessine une architecture admirable nourrie de clarté.

Mignanelli 3.pngLe jeu des lignes crée une distance plus complexe que certaines prophéties le suggèrent. Matt Mignanelli anticipe donc ce qui tend à modifier nos paysages. Il propose aussi la possibilité d’atteindre des environnements sensoriels inédits à travers des mises en scène et en jouant sur les couleurs, les formes, les lumières. Le paysage prend une valeur hypnotique. Il agit sur la perception sans emprunter le détour de la symbolisation. L’artiste préfère jouer d’une « monumentation » particulière entre le flou et le précis. Le réel redevient habitable même si l’individu est absent des images. Il pourra pourtant y trouver une matrice dynamique et « avènementielle » loin de ce que l’architecture classique a monté, tout en s’appuyant sur elle.

Jean-Paul Gavard-Perret

12:09 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)