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18/09/2020

Raphaël Imer : un peu de soleil dans l'eau froide

Imer.pngRaphaël Imer, Musée jurassien des arts, Moutier, du 30 septembre au 8 novembre 2020

S'il n'était pas mort prématurément le Neuvillanois Raphaël Imer aurait pu avoir une trajectoire comparable à celle d'un  Garouste. Comme lui il a conçu sa peinture telle une immense histoire en fragments au sein d'une quête spirituelle. La mort est toujours présente puisque -  comme l'indique le titre d'une de ses plus grandes œuvres : "naître c'est mourir à moitié".

Imer 2.jpgCette exposition est la première à lui être consacrée en Suisse et permet de découvrir son oeuvre intense qui à la fois lutte contre la mort et l'aliénation et leur donne des facettes surprenantes où parfois l'humour pointe au coeur de ses "illusions" dans un monde où le corps et la sexualité tentent de lutter contre la froideur des marbres de cimetières sous la lune d'un monde en déshérence.

 

Imer 3.jpgSe tournant très vite vers la peinture se sentant en fragilité face à l'existence il fait par l'art sa propre expérience du sacré autant dans ses autoportraits fragmentés en des sortes de miroirs éclatés. Elles restent  des métaphores et sont autant d'avatars de sa personnalité tel son "oiseau au moteur cassé" où celui-ci est couché dans une baignoire dont les bulles de savons sont remplacés par des visages de l'artiste en médaillon.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:02 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

17/09/2020

Le salace lave plus blanc - Christopher Makos

Makos.pngFasciné par les cultures marginales et les figures qui les animent Makos a fait du "sale" sa marque de fabrique et reste un des photographes majeurs de la punkitude. Influencé par Duchamp et Molinier il a créé un univers de l'altérité sexuelle et plastique. Il ne cherche pas pour autant les figures surjouées. Dans les maquillages et outrances il ne voit que posture et préfère fixer celles ceux qui s'assument  et s'affichent sans besoin de kitsch ostentatoire.

Makos 2.jpgSon travail appartient aux prémices de la photographie « trans ». Aux photos noires et sombres de Man Ray et Duchamp répond la diaphanéité de celles de leur descendant 60 ans plus tard qui laissa des photos célèbres. Entre autre de Warhol ou de Debbie Harris, la chanteuse punk de New-York la plus célèbre des 70'. Et ce au nom de ce que Makos souligne « ils étaient les personnes les plus blanche que j’ai jamais rencontrées. Tout est devenu clair d’un coup : les photos seraient aussi blanches que leur peau ! ».

Jean-Paul Gavard-Perret

Christopher Makos, "Dirty", Daniel Cooney Fine Art, New-York, du 17septembre au 17 novembre 2020.

Alexandra Maurer : paysages en "repons"

Hauf.pngAlexandra Maurer , "Aufgespaltet", Saint Gall, du 26. Septembre au 20 Décembre 2020

 

Alexandra Maurer n'est pas une rêveuse standard. Tout bascule dans ses peintures. Du réel il ne reste même pas des endroits de mémoire. L'artiste construit un autre monde. Dans ses compositions l'imaginaire fait loi pour que jaillissent des images mentales et leur traduction.

Hauf 2.pngElle crée des machines à produire des histoires et des images qui nous échappent. Le processus psychique de l'artiste recouvre le réel ou plutôt le reconstruit dans ses opérations picturales. L'inconscient y possède une grande part. Il n'est pas réprimé - au contraire. C'est sans doute lui qui structure de telles oeuvres où leur subjectivité ouvre une expansion du monde par des moyens plastiques qui échappent à tout conditionnement.

Hauf 3.pngUn continent étrange se déploie nourri bien sûr de tout le background de la créatrice. Car sans savoirs et techniques les images de la vie mentale n'auraient pas de sens. Leur fracas du dedans s'implante ou font écho à celui des regardeurs.euses. Leur émotion trouve là des paysages "en repons" de même qu'une affirmation  à ce que fait la peinture par les braquages de l'inconscient et ses imbrications.

Jean-Paul Gavard-Perret