gruyeresuisse

03/07/2018

Rapprochements et dissociations : Peter Stämpfli

Stampfli.pngDans la lignée des artistes du pop art, de l’art conceptuel et d’un minimalisme particulier, Peter Stämpfli interroge les problèmes de la perception et invite le spectateur à faire par ses propositions des expériences de son « imago » en le confrontant à des dissociations. Elles entraînent à des doubles visions critiques.

 

Stampfli 4.pngL’artiste crée une approche fractale, radicale et systématique des objets. Il développe une approche méthodique du quotidien (l’automobile) en particulier. Néanmoins l’exposition présentée par la galerie GP & N Vallois dévoile un autre pan de l’œuvre : ses peintures de 1963 et 1964 dont certaines n’avaient jamais été montrées et dont certaines - disparues sont présentes sous forme de documents.

Stampfli 3.pngL’artiste à la suite de peintres américains et anglais de l’époque y analyse et propose son approche de l'objet dans la peinture mais écrit-il « d'une façon toute différente de celle qui existait jusqu'alors, en se référant notamment à la photo, à la publicité, aux affiches.» Partant d’une photo ou d’une image Stämpfli peint alors, plus grands que nature,des objets ou des actions : Glacière, Bonjour, Pot-au-feu, Allo Plombier.

Stampfli 2.pngPar une forme de fonction de la réalité de la peinture, l’aristl interroge les concepts de sujet et d’objet, voire de réel et de fantasmagorie. Ces œuvres à la fois transitives et intransitives donnent à l’illusion une autre illusion. Si bien que l’image familière crée une expérience troublante sur le plan perceptif et mental

Jean-Paul Gavard-Perret

Peter Stämpfli ; « Stämpfli Pop (1963-1964) ; Galerie GP et N Vallois, Paris, du 14 septembre au 20 ocrobre 2018.

 

 

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Gilles Berquet : enrichissement sémantique de l’onirisme

Berquet.jpgPour Berquet le fétiche détient un essentiel et spontané pouvoir de retentissement. Sa valeur n’est plus un repli sur le passé. Le photographe le convoque, l'appelle, non pour la faire retentir du passé mais pour l'assourdir, d'où cette absence-présence continuelle et ce depuis l’origine de l’œuvre dont ce livre présente un ensemble exhaustif. Onfray souligne cet épaississement syntaxique et sémantique du fétiche.

 

 

 

 

BERQUET 3.jpgCelui-ci fait taire le silence où il plonge, pour la faire parler autrement. Néanmoins et chez Berquet le fétiche ne possède rien de l'arbitraire d’un signe. Il s’en sert pour se laisser couler sans réserve dans l'épaississement sémantique de l’éros que l’image « réaliste » ne fait qu’effleurer. De la fonction Imaginaire du fétiche l’artiste ne retient pas que le négatif irrécusable. Il devient une, notion ou plutôt un objet majeur dans l'économie de l'Imaginaire de l'artiste.

Berquet 4.pngSi un retour (potentiel ou rêvé) à la caverne initiale perdure, face à elle le fétiche lui octroie sinon un supplément d’âme du moins une valeur particulière. Et Berquet ne craint en rien les "lapins" qu'il pourrait lever à la fois par sa cohérence fonctionnelle, son dynamisme intrinsèque et son épaississement polysémique précisé ici par Onfray. Parmi les privilèges d’un tel objet d’imagerie l’auteur retient sa capacité à pervertir le discours en s'employant, à l'inverse, à réduire – trop peut-être - les autres puissances qu'il recèle. Reste néanmoins que chez Berquet le fétiche demeure la syntaxe parfaite : il donne à rêver une réalité nouvelle.

Jean-Paul Gavard-Perret

Gilles Berquet, Michel Onfray, « Le fétiche est une grammaire », Editions Loco, 2018 ; 240p., 49 E.

Amitiés particulières à la galerie Yossi Milo

Milo .jpgAvec l’exposition « Intimacy », Stephan Tuax offre divers types de présentation de relations intimes sur une période de quarante années en peinture, photographie, sculpture, installation, et travaux sur papier. Se retrouvent là Robert Mapplethorpe, Peter Hujar, Nan Goldin, Katy Grannan, Elle Pérez, Bryson Rand, Richard Renaldi, Kohei Yoshiyuki et David Wojnarowicz.

Milo 2.jpgLes espaces intimes sont très fléchés : il s’agit de rencontres « parallèles » où se brisent les tabous de ce qui est normalement émis par la « normalité ». Des lieux cachés se dévoilent parfois le jour, parfois la nuit. Dans tous les cas les créateurs scrutent des bords qui sortent du passé empiétés dans un maillage. Les rapports sexuels suggérés ouvrent le monde pour le délivrer de bien des ombres. Les dérives s’affirment mais Stephan Tuax choisit des images plus d’attente que de « consommation » en lieux clos ou ouverts de "rendez-vous".

 

Milo 3.jpgElles suggèrent aussi des espaces soufflés par des mouvances contagieuses. Une énergie est toujours prête à céder la place à la précision dont l’objet est la recherche d’un « même ». L’ordonnateur de l’exposition opte en effet pour les relations « contre trajets » afin que l’histoire de l’art parle un intime ferme et fluctuant, furtif et évident.

Jean-Paul Gavard-Perret

“Intimacy”, Yossi Milo Gallery, New-York, du 28 juin au 24 aout 2018

 

 

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