gruyeresuisse

19/09/2020

Reto Duriet et l'approche du vivant

Duriet.jpgReto Duriet, "Genetics", Galerie du Griffon, Neuchatel, du 24 septembre au 16 octobre 2020.

 

Né à Samedan dans les Grisons, Reto Duriet est à l'origine architecte de formation. Il est diplômé de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) avant de  devenir photographe autodidacte. Après des années de pratique comme indépendant, il explore désormais différentes démarches artistiques pour étendre ses champs d'investigation.

 

L'aspect multipartitas se découvre dans son travail. Celui-ci plonge d'abord dans les mathématiques et des sciences dites dures telles que la biologie, la physique, l’astronomie. Reto Duriet y découvre puis isole des éléments qu’il répertorie dans un ensemble de formes, selon ses propres logiques et ce quelles que soient les échelles de telles collections.


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Le plasticien les réorganise, découpe, décortique, assemble pour construire un univers original aussi abstrait et poétique. Le macro et le micro, l'unicellulaire comme les constructions complexes permettent de montrer tout ce que le vivant recèle et colonise. Par ses motifs photographiques Duriet offre des sortes de matrices qui intriguent. Tissu, carrelage ou papier peint lui permettent aussi d'investir l’espace de la galerie en ce qui devient des installations d'un genre particulier et selon d'habiles carapaces. Des effets de trompe l'oeil créent des volume et des profondeurs sur les surfaces planes et tout y devient organique dans une nouvelle géographie et philosophie de "terrains" particuliers.

Jean-Paul Gavard-Perret

08:55 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

18/09/2020

Raphaël Imer : un peu de soleil dans l'eau froide

Imer.pngRaphaël Imer, Musée jurassien des arts, Moutier, du 30 septembre au 8 novembre 2020

S'il n'était pas mort prématurément le Neuvillanois Raphaël Imer aurait pu avoir une trajectoire comparable à celle d'un  Garouste. Comme lui il a conçu sa peinture telle une immense histoire en fragments au sein d'une quête spirituelle. La mort est toujours présente puisque -  comme l'indique le titre d'une de ses plus grandes œuvres : "naître c'est mourir à moitié".

Imer 2.jpgCette exposition est la première à lui être consacrée en Suisse et permet de découvrir son oeuvre intense qui à la fois lutte contre la mort et l'aliénation et leur donne des facettes surprenantes où parfois l'humour pointe au coeur de ses "illusions" dans un monde où le corps et la sexualité tentent de lutter contre la froideur des marbres de cimetières sous la lune d'un monde en déshérence.

 

Imer 3.jpgSe tournant très vite vers la peinture se sentant en fragilité face à l'existence il fait par l'art sa propre expérience du sacré autant dans ses autoportraits fragmentés en des sortes de miroirs éclatés. Elles restent  des métaphores et sont autant d'avatars de sa personnalité tel son "oiseau au moteur cassé" où celui-ci est couché dans une baignoire dont les bulles de savons sont remplacés par des visages de l'artiste en médaillon.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

09:02 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

17/09/2020

Le salace lave plus blanc - Christopher Makos

Makos.pngFasciné par les cultures marginales et les figures qui les animent Makos a fait du "sale" sa marque de fabrique et reste un des photographes majeurs de la punkitude. Influencé par Duchamp et Molinier il a créé un univers de l'altérité sexuelle et plastique. Il ne cherche pas pour autant les figures surjouées. Dans les maquillages et outrances il ne voit que posture et préfère fixer celles ceux qui s'assument  et s'affichent sans besoin de kitsch ostentatoire.

Makos 2.jpgSon travail appartient aux prémices de la photographie « trans ». Aux photos noires et sombres de Man Ray et Duchamp répond la diaphanéité de celles de leur descendant 60 ans plus tard qui laissa des photos célèbres. Entre autre de Warhol ou de Debbie Harris, la chanteuse punk de New-York la plus célèbre des 70'. Et ce au nom de ce que Makos souligne « ils étaient les personnes les plus blanche que j’ai jamais rencontrées. Tout est devenu clair d’un coup : les photos seraient aussi blanches que leur peau ! ».

Jean-Paul Gavard-Perret

Christopher Makos, "Dirty", Daniel Cooney Fine Art, New-York, du 17septembre au 17 novembre 2020.