gruyeresuisse

24/10/2019

Jan Hofer : le monde tel qu'il est

JHofer.jpgan Hofer, «Auswahl 19», Aargauer Kunsthaus, Aarau, du 16 novembre 20119 au 5 janvier 2019.

Jan Hofer est à Aarau en solo. Il ne cesse d'interroger les "ordres" ou désordres du monde à travers divers éléments, leurs buts et leurs finalités. Tous ont comme dénominateur commun ce qui est fait pour dominer les existences.

Les processus pragmatiques mis en place par différentes institutions jouent toujours le même role de construction absurdes mais efficaces. Jan Hofer  les met à jour dans ses "figurations" intempestives et fractales. L’intérieur est à l’extérieur, au bout, en bout, au bout du bout et permet de se demander qui est qui, qui est quoi.

Jean-Paul Gavard-Perret

23/10/2019

Les lieux de stockage de Ralph Bürgin

Burgin 2.pngLe peintre de Bâle Ralph Bürgin laisse émerger des visages comme écrasés et des silhouettes sans profondeur. Que leur surface soit grande ou petite, chaque fois les toiles semblent trop restreintes pour contenir ce qu'elles montrent comme si la figuration y était enchâssée à l'étroit.

 

 

Burgin 3.pngL'effet d'étouffement est néanmoins rendu respirable par l'allègement des dessins et des couleurs en ce que l'artiste nomme des "endroits de stockage". La suppression de matière trop épaisse rend les portaits comme transparents.

Burgin.pngDans un certain déséquilibre inhérent aux emboîtements dans l'espace de la toile, jaillissent des nus qui restent indifférents au regard, et les regards des portraits restent eux aussi impassibles.

Tout joue de différents types d'écarts en un travail de reprise et d'interrogation sur des thèmes les plus classiques revisités. Le nu, si souvent féminin, est remplacé ici par le masculin. Il existe là autant d'humour que d'angoisse. Sans que l'artiste n'ait à déplier les raisons de ce déplacement du corps et de la peinture.

Jean-Paul Gavard-Perret

Ralph Bürgin, "La place", du 28 octobre au 8 décembre 2019, C.C.S., Paris.

Ici, là-bas et nulle part : Sébastien Bridot

Sebastien.jpgSébastien Bridot, "Newhereland", www.spectrals.ch

Créer est pour Sébastien Bridot, et dans ses oeuvres les plus personnelles, une méthode critique qui à l’inverse de celle de Dali n’a rien de paranoïaque. Il fait le vide en lui pour se laisser prendre par le paysage mais armé d'un regard et d'un savoir. Dès lors "Nowhereland" avec son jeu (de mots anglais) entre l'ici et le maintenant mais aussi le nulle part oblige à repenser le réel.

sebastien 2.jpgCes séries donnent forme au fond le plus profond du sans fond. L'artiste crée donc un royaume des constructions en ruines ou fermées. Il n'existe dans les lieux qu'il retient nulle place pour les amants d’un jour ou de toujours. Mais ils se peut que face à de tels lieux ils se mettent à rêver.

sebastien bridot.jpgSi bien que pour ce projet qui, écrit Sebastien Bridot, "a vu le jour un peu par accident, en effectuant une sélection d'images sur l'ensemble de mon travail" les localisations géographiques sont volontairement biffées. Ce qui compte restent les sentiments que les prises génèrent par un regard des plus inattendus, étranges, inquiétants parfois mais surtout au charme puissant.

Jean-Paul Gavard-Perret

11:35 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)