gruyeresuisse

06/10/2019

Jeux de voiles : Marja-leena Sillanpää

Silanpaa.jpgMarja-leena Sillanpää, "From air to flames, Librairie Humus, Lausanne,17, 18, 19 octobre 2019.

 

L'artiste et écrivaine finnoise Marja-leena vit et travaille à Stockholm. Son exposition à Lausanne est un jeu d'ombres et de lumières à travers le drapé. Un passé est remonté avec des fragments incomplets, des éléments trouvés et repris. Le tout sous des parties musicales qui répondent à la même esthétique du fragment. Existent divers effets de rideaux dont l'artiste tire les ficelles. La vie apparaît abstraite (par la musique) et fantomatique (par les images).

silanpaa 2.pngL’œuvre n’a en aucun cas pour but de faire lever du fantasme. Ce dernier au mieux doit s'envisager et se «dévisager» (si l’on peut dire…) en un processus de réflexion et non de pulsion. L’œuvre porte la lumière et l'ombre, l'intelligence et l'instinct, l'image et le son. Surgit paradoxalement ce qui dépasse le pur corporel, qui dépasse aussi les langages en tant qu'outil de communication. Les agrégats et la stratégie esthétiques renvoient à la métaphore agissante et obsédante de l'existence là où tout échappe au réel pour un autre inachèvement. Mais pas forcément transcendental.

Jean-Paul Gavard-Perret

Geishas en galère : Formento & Formento

Formento 2.jpgPassionnés par le Japon Formento et Formento se sont focalisés 2018 sur la "canalisation" des artistes Hokusai et Hiroshige afin de chercher ce que - entre autres - le mont Fuji signifie pour eux dans la sacralisation jusqu'au mont de Vénus. "Nous considérons le Japon comme notre lieu spirituel et nous aspirons toujours à revenir et à approfondir notre exploration de la culture et du paysage" écrivent les créateurs. De Tokyo aux campagnes ils ont montés des narrations visuelles à l'aide de jeunes femmes japonaises déguisées en geishas.

Formento 3.jpgElles interprètent des vies imaginaires sous la force du volcan là où tout est fait pour que le voyeur s'intéresse autant à ce qui est montré qu'au hors-cadre. Si bien que ces photos japonisantes offrent sous couvert de cérémonies (du thé mais pas seulement) des tableaux captivants et décalés par rapports aux "japoniaiseries".

Formento.jpgPeut exister un possible « in the mood for love » mais de manière décalée et qui n’exige pas de mettre les points sur les i dans le bain des narrations. Chaque prise en ses tensions et sa violence plus ou moins sadique ou masochiste crée un malaise et une tension. Les geishas sont presque toujours solitaires car leurs éventuels "clients" restent hors champ. Les motivations des premières demeurent mystérieuses dans leurs préparatifs comme dans leurs aboutissements.

Jean-Paul Gavard-Perret

Formento & Formento, "Japan Diaries"

05/10/2019

Patrick Rohner : surfaces non apaisantes

Rohner.pngPatrick Rohner, "La luce Alpina", Kunstaus, Saint Gall, septembre - décembre 2019. Voir aussi : Galerie Mark Müller.

 

Franchir la frontière du réel, modifier les manifestations visibles, transformer leur perception voici ce que propose Patrick Rohner. Et à travers lui une picturalité impressionniste riche d’implications terrestres et  de phosphorescences et imbrications mystérieuses où sur les ruines du réel redessinent une architecture admirable nourrie de la clarté et d'ombres.

 

Rohner 2.pngExiste tout un art de construction et de placages dans le jeu des couleurs qui permettent d'offrir  des météorologies et des lumières étranges. Se crée un jeu de proximité et de distance des plus complexe. Le travail est méticuleux. Il modèle et module joue des épaisseurs de matière afin de créer des  présences irisations entre effet de surface "à la tyrolienne", en vagues tandis que des inserts transforment dans les photographies et "installations" le paysage.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

09:13 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)