gruyeresuisse

25/02/2020

Gabriela Löffel : renversements

Loffel.jpg«Inside – Gabriela Löffel», CACY, Yverdon, du à partir du 29 février au 23 mars 2020.

Dans son travail, Gabriela Löffel s’intéresse tout particulièrement à des zones liminales où s’opèrent des glissements de sens. Elle questionne les structures qui régissent la représentation ou l’interprétation de la réalité. En conséquence elle propose des espace de médiation et surtout d’interprétation.

Loffel 2.jpgL'exposition « Inside » est constituée d’installations vidéo et de séries de photographies. C'est une forme d'entrée paradoxales dans le monde de la rhétorique des espaces politiques et économiques. L'artiste, une nouvelle fois, fait glisser ses sujets d'enquêtes dans de nouvelles zones astucieusement rejouées, renversées par ses mises en scène.

Loffel 3.pngLe décalage qui s’instaure dès lors avec la réalité, de fait la révèle. La qualité des images participent à la dimension réflexive de la démarche artistique et sa méthodologie de la représentation. La vision du monde se trouve regénérée par de telles reprises et réécritures plastiques.

Jean-Paul Gavard-Perret

"Amuse-Bouche" : le goût de l'art

Tingguely 2.jpg"Amuse-bouche,The Taste of Art", Hatje Cantz, Berlin, Edtions Musée Tinguely, 2020, Bâle; 144 p.;€ 28.00. Musée Tinguely, Bâle, du 19 février au 17 mai 2020

Réunissant des textes de Antje Baecker, Ralf Beil, Marisa Benjamim, Felix Bröcker, Elisabeth Bronfen, Karin Leonhard, Thomas Macho,Wolfgang Meyerhof, Annja Müller-Alsbach, Jeannette Nuessli Guth, Maren Runte, Charles Spence, Daniel Spoerri, Paul Stoller, Roland Wetzel, Stefan Wiesner, ce livre prouve que si nul ne peut littéralement discuter du goût il est possible de beaucoup en dire à son sujet.

Tinge 3.jpgSurtout - mais pas seulement tant s'en faut - lorsqu'il s'agit de partir de Jean Tinguely et la manière qu'il eut de manipuler nos perceptions de diverses "saveurs". Ce livre nous rapproche de celles qui demeurent anciennes comme les inédites dans les interactions que l'art en donne. Ce livre est superbe car il offre une analyse de ce qui touche à l'histoire générale de goût, une histoire aussi culturelle, psychologique, linguistique et même biochimique.

Jean-Paul Gavard-Perret

24/02/2020

Dorothy Iannone et le corps féminin extatique

Iannone.jpgDorothy Iannone, "Eros Paintings", Centre d'Edition Contemporaine Genève et Innen, Zurich, 2020, 16 p., 15 E..

Depuis le début des années 1960, l'artiste Dorothy Iannone vit et travaille à Berlin où elle se consacre de diverses manières (peintures, dessins, collages, vidéo, dispositifs sonores, objets et livres d'artistes) à la représentation d'expériences amoureuses extatiques et l'idée d'un amour fou car absolu.

Iannone 3.jpgIannone se soustrait à toutes frontières sociales, normatives ou artistiques, ainsi qu'à toute tentative de classification. Son langage pictural, mixe pop art et art brut dans une poésie très particulière et totalement orginale. Le corps est schématisé et stylisé mais sans la moindre equivoque sur ce qu'il "fait". Ce qui frôlera (voire plus) pour certains l’obscénité est mis en exergue dans un corpus qui lutte contre la censure mais a été longtemps interdit par elle.

Iannone 2.jpgCe travail permet de voir jusqu’où une incarnation intempestive peut conduire. Au sein de la notion philosophique de l'Éros, l'oeuvre est celle du désir envisagé comme une force naturelle animée par l'Amour, l'extase et la déliquescence du Moi en union du physique et du psychique. S'inscrivent la libéralisation de la sexualité et à l'affirmation de l'autonomie féminine.

Jean-Paul Gavard-Perret