gruyeresuisse

06/09/2020

Olivier Mosset : les diamants éternels ne sont pas ceux qu'on croit

Mosset.jpgOlivier Mosset, "Diamonds", JRP editions en coll. avec le Mamco, à partir du 10 septembre 2020.

Et si les diamants sur lithographies à répétitions de Mosset mettaient la honte à ceux que l'on retrouve chez les joailliers ou les coffres des banques de Genève et parfois sur des canapés pour accessoiriser certaines égéries ou certaines beautés qui ont besoin d'être rehaussées de mille feux ?

Mosset 2.jpgComme au sein des pierres précieuses et purs joyaux, dans les pièces spécieuses de l'héritier de Fluxus tout est réduit à une sorte d'essence sans que l'on puisse parler de minimalisme tardif où l'artiste continuerait à baigner. Le jeu est toujours ironique, actif dans ces pièces apparemment identiques où surgissent quatre diamants noir peints sur des toiles blanches.Existent là des losanges qui brillent par leur noirceur et ce que celle-ci contient de vert, de jaune ou encore de bleu.

Surgit une effigie sacrée de la solitude où le masque du désir se fend d'une longue amende. Il n’y a là pas plus de soleil que d’innocence.Les tableaux nus tels qu'ils s'affichent restent néanmoins comme de parfaits diamants bruts d'un genre particulier.Aucun aspect décoratif : l'objectif plus ambitieux : exprimer le silence et dire ce qu'est l'art provoque. Mosset réaffirme son credo : il n’y a manifestation que dans l’ouvert. Il le pratique depuis toujours dans un langage premier sans besoin de paillettes.

Jean-Paul Gavard-Perret

Brought to Light : La Bâloise

La Baloise.jpg"Into the Spotlight, Art at Baloise", Ed. Martin Schwander, HatjeCantze, Berlin, 2020, 244 p., 38 E.

La compagnie d'assurance suisse"La Bâloise" a fait sa réputation bien sûr dans son champ d'expertise mais aussi dans l'art dont elle a contribué à étendre le patrimoine et l'essor. Elle a aidé bien des musées et a créé le ""Baloise Art Prize" à l'Art Basel qu'elle a contribué à développer.

Si bien qu'elle est presque autant connue pour son coeur de métier que dans ses activités envers l'art. Elle a créé depuis le milieu du siècle dernier une collection remarquable des artistes célèbres avec un gôut de plus en plus marqué pour les photographies et les oeuvres sur papier où se retrouvent Miriam Cahn, Simon Denny, Katharina Fritsch, Bruce Nauman, and Jeff Wall entre autres.

Ce livre est le premier ouvrage d'importance sur La Bâloise en son travail artistique et sa collection. Tout est mis en évidence à travers des écrivains d'art de renom dont Kathleen Bühler, Andreas Burckhardt, Roberto Gargiani, Isabelle Guggenheim, Dora Imhof, Brigitte Kölle, Ulrich Loock, Letizia Ragaglia, Dieter Schwarz.

Jean-Paul Gavard-Perret

05/09/2020

Alessandro Mercuri et sa bande

Mercuri 3.png"Holyhood Exposition", Locus Solus, Prilly - Lausanne, à partir du 12 septembre 2020.

Catherine Monney organise unr exposition qui réunit les 17 artistes de La Galerie Locus Solus autour du dernier livre d'Alessandro Mercuri : Holyhood, (art&fiction, 2019). Caroline Bachmann, Josse Bailly, Alexandre Bianchini, Grégoire Bolay, Jean Crotti, Noémie Doge, Agnès Ferla, Élise Gagnebin-de Bons, Aloïs Godinat, Fabrice Gygi, Jérôme Hentsch, Alain Huck, Robert Ireland, Jean-Luc Manz, David Monnet, Virginie Otth, Stéphane Zaech ont lu le livre de leur paire pour ensuite évoquer en autant d’arrêts sur images tirés de la mémoire ou de l’inconscient de chacun - ce que leur inspire la cité californienne revue et corrigée par le créateur iconoclaste.

Mercury 2.pngTous les artistes sont absolument aptes à un tel travail car leur imaginaire est en rapport autant avec la Cité des Anges qu'avec les propositions de Mercury. Comme lui ils sont spécialiste des détournements en tout genre, manipulateur d’archives ou d’images. Dès lors quand la colline du Bois du houx, Hollywood, devient Holyhood, la Cité du sacré tout reste possible. Après Mercuri les artistes traduisent à leur manière les souffles de fantômes et de leurres au moment où surgissent les ruines d’une antique cité égyptienne - vérité, mirage ou simple décor de film...

Mercury.pngA partir de la superproduction post-warburgienne que développe Mercuri, s'incarnent de nouvelles projections, suicides et renaissances. Preuve que l'art dans une telle galerie est mis en de bonnes mains au milieux de mictions, de plis, de violations des images officielles. Le tout pour entrer au besoin dans une romance apocalyptique hors des chemins battus.

Jean-Paul Gavard-Perret