gruyeresuisse

09/12/2021

Jill Moser la gestuelle

Moser 2.jpgDepuis les années 1980, Moser a élargi et réécrit l’héritage de l’abstraction gestuelle. Engagée dans le travail de chorégraphes et de cinéastes tels que Maya Deren, Stan Brakhage et Teresa De Keersmaeker ainsi que de femmes artistes telles que Lynda Benglis et Joan Mitchell, ses peintures, dessins et collages ont abordé la relation entre les pratiques de création de marques, les gestes performatifs, les passages du temps et le corps en mouvement.
 
Moser 3.jpgDans son travail approfondi avec les graveurs, Moser étudie les indices gestuels et les couleurs et corrige le lien entre le fait main et le mécanique. Elle a créé de nombreuses éditions avec Jungle Press, Manneken Press, Brand X, Burnet Editions, etc.. Plus récemment, le répertoire gestuel de Moser a trouvé de nouvelles formes et de nouveaux médias dans des projets collaboratifs avec des poètes, artistes, designers et architectes.
 
Moser.jpgDans des oeuvres présentées par Dubner Moderne telle que "Eclat", émerge des coups de pinceau exprimant un langage gestuel et abstrait que Moser a exploré tout au long de sa carrière. Par son énergie démonstrative, l'aquatinte capture les éléments d'improvisation, de spontanéité et d'esthétique qui définissent son travail.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Jill Moser, Dubner Moderne, Lausanne.

08/12/2021

Thomas Hirschhorn : se diriger dans la forêt des images

Hirsch.jpegThomas Hirschhorn, "The Purple Line -  Pixel-Collage, Museo nazionale delle arti del XXI secolo MAXXI à Rome jusqu'en 6 mars 2022.
 
Hirsch 2.jpgSous le titre "Pixel-Collage", l'artiste Thomas Hirschhorn a réuni une série impressionnante d’œuvres créées entre 2015 et 2017. L'objectif est de rendre visible des parties de la réalité ou au contraire les soustraire au regard par le biais du phénomène de la pixellisation.
 
Thomas Hischhorn qui utilise le concept de l’exposition pour interroger le spectateur. C'est surtout l’invitation à rester vigilant et à réfléchir sur le contrôle des images. C'est d'ailleurs le point d'achoppement de tout le travail de l'artiste suisse.
 
Hirsch 3.jpgC'est une manière d'apprendre à trouver dans les images leur or ou leur poussière. Puisque désormais devant elles il n'existe point de fuite, les regarder en face revient à ne pas s'enterrer dedans. L'artiste apprend à comprendre que leur entremets est parfois puant sous couvert de beauté fine. Elles restent souvent chétive et lasse devant l’étendue que le plus souvent elles cachent.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 

07/12/2021

Till Rabus et nos doubles imparfaits

Rabus 3.jpgTill Rabus, - "Monographie", texte de Numa Hambursin et de Lucie Rico, Editions du Griffon, Neuchâtel, Décembre 2021, 184 p., 60 CHF
 
Till  Rabus reste l'espiègle fournisseur du merveilleux.  Demeurent dans ses oeuvres sans aucune formalité mais selon un formalisme surréaliste des histoires troubles où la forme est déjà dans le fond et le fond dans la forme. L'artiste poursuit un travail de fond de l'imaginaire. Tout fragment permet de recommencer ce qui vient de finir. Le corps éclaté fait la belle à la peur, et de la belle une peur.  De ses "morceaux" se créent des démesures d'énigmes.
 
Rabus.pngLa femme elle-même semble rétive aux serments menteurs et aux promesses jamais tenues. Elle est prête à tout. Till Rabus idem. Mâtinées d'absurde et de malice, ses oeuvres sont hyper-référencées voire savantes. Se mélangent aux saluts envers les maîtres anciens et modernes des toiles  labyrinthiques en des jeux de miroir inversés avec  des coups d'oeil sur les intersections de  l'art contemporain par diverses manipulations.
 
Rabus 4.jpgExistent une mélancolie mais aussi un humour exacerbé qui imprègnent les scènes les plus anecdotiques et les éléments du réel. Un insecte se pose sur un bouquet en plastique, les raviolis s'étalent sur le sol dans une lumière caravagesque, des êtres improbables s'avachissent ou se dressent et marchent sur des oeufs pour casser les évidences et lever bien des hypothèses sur nos croyances. Demeure toujours le point de démarcation entre espace vision et de réalité mais aussi de renaissance, entre un état de vie et un état forcément fantomatique dans ce que les corps (ou ce qui les remplace) portent de mystère.
 

Jean-Paul Gavard-Perret