gruyeresuisse

17/08/2020

Casey Affleck : père voici ta fille

Afflecj 3.pngDans un monde post-apocalyptique les femmes ont toutes disparu. Sauf une. Son père va tente de  la sauver. Mais il ne s'agit pas d'un film sur une épidémie. La dystopie invite à accompagner les fuyards  et faire partager la peur d'un père caché dans une forêt.

Affleck 2.pngLe réalisateur se concentre en effet sur la relation des deux protagonistes en un film à la fois anxiogène mais ouvert dans l'effort pour maintenir une innocence face au chaos. Cette fable manque un peu d'ampleur et de suspense. Tout reste néanmoins sensible mais un peu long. L'ensemble reste mystérieux mais non sans âme et intérêt. Quelques détails référentiels sont astucieux (avec le personnage de la mère en flash-back).

Afleck.jpgCasey Affleck fait de son film une réponse aux attaques qui lui furent portées à Los Angeles. La fiction parle de l'égalité des genres et s'élève contre la violence des prédateurs. Rien que pour cela le film est convainquant même s'il n'est pas du niveau de ceux de Gus Van Sant, modèle du créateur.

Jean-Paul Gavard-Perret

"Light Of My Life" de Casey Affleck.

15/08/2020

Erika Zolli la Janus

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Dans ce projet, l'artiste italienne Erika Janus a créé treize représentations d'elle-même. "Chaque image exprime un concept qui m’est fondamental: des forces et des faiblesses qui, à travers l’art photographique, sont mises à nu pour être observées par un œil qui se rétracte" écrit-elle.

 

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Pour elle, l’autoportrait -  pardoxalement - invite à sortir de soi. Celle qui s'y oblige devient étrangère à elle-même. C'est une manière de s'identifier à une zone d'ombre là où le sensible et l'intellect se mêlent afin de  créer une sorte de point de chute pour baigner dans l'inconscient.

 

 

 

Zolli 3.jpgDans ce but l'artiste Janus a choisi des mises en scènes aux couleurs vives un rien surréalistes. Le géométrisme est de rigueur dans tout un jeu d'oppositions pour souligner ce qu'il en est de l'être et de son double. Au voyeur d'en discerner l'énigme au sein de divers éléments. Origamis, engrenages, verres en cristal, têtes de paon, chacun à leur manière, animent les métamorphoses.

Jean-Paul Gavard-Perret

Erika Zolli, "Metamorphosis of Self"

14/08/2020

Guido Guidi : bordures

Guidoi 3.pngGrand maître de la photographie italienne Guido Guidi échappe à la règle commune en se promenant sur de grands chemins de nulle part afin de crée run film muet où le temps semble arrêté et où les ombres jouent avec le réel et la lumière.

Marcello Galvani a tiré des archives du photographe italien 94 clichés petits formats en couleurs, la plupart inédit. C'est le moment où il quitte la photo noir et blanc irrévérencieuse pour explorer la couleur et le réel qu'il traitera ensuite en grands formats.

Sguido.png'intéressant à ce que les autres photographes laissent sur le bord des routes, Guidi en retire une magie aussi néo-réaliste que poétique et souvent ironique. Tout dans ce travail est subtil et prouve l'importance d'un tel créateur dans la photographie mondiale.

  • Guido 2.jpgLes murs écaillés font la nique aux ongles du vide, des arbres froissés semblent ébaucher un signe de la main. A peine effleuré l'espace défie l’éphémère près de la courbure du corps ou d'une ombre portée afin que s’épanchent des possibles là où l’illimité vertige de la provocation prend chez l'Italien un nouveau sens.

Jean-Paul Gavard-Perret

Guido Guidi, "Tra l'altro, 1976-81", Mack Editions, Londres, 2020.