gruyeresuisse

06/09/2020

Brought to Light : La Bâloise

La Baloise.jpg"Into the Spotlight, Art at Baloise", Ed. Martin Schwander, HatjeCantze, Berlin, 2020, 244 p., 38 E.

La compagnie d'assurance suisse"La Bâloise" a fait sa réputation bien sûr dans son champ d'expertise mais aussi dans l'art dont elle a contribué à étendre le patrimoine et l'essor. Elle a aidé bien des musées et a créé le ""Baloise Art Prize" à l'Art Basel qu'elle a contribué à développer.

Si bien qu'elle est presque autant connue pour son coeur de métier que dans ses activités envers l'art. Elle a créé depuis le milieu du siècle dernier une collection remarquable des artistes célèbres avec un gôut de plus en plus marqué pour les photographies et les oeuvres sur papier où se retrouvent Miriam Cahn, Simon Denny, Katharina Fritsch, Bruce Nauman, and Jeff Wall entre autres.

Ce livre est le premier ouvrage d'importance sur La Bâloise en son travail artistique et sa collection. Tout est mis en évidence à travers des écrivains d'art de renom dont Kathleen Bühler, Andreas Burckhardt, Roberto Gargiani, Isabelle Guggenheim, Dora Imhof, Brigitte Kölle, Ulrich Loock, Letizia Ragaglia, Dieter Schwarz.

Jean-Paul Gavard-Perret

05/09/2020

Alessandro Mercuri et sa bande

Mercuri 3.png"Holyhood Exposition", Locus Solus, Prilly - Lausanne, à partir du 12 septembre 2020.

Catherine Monney organise unr exposition qui réunit les 17 artistes de La Galerie Locus Solus autour du dernier livre d'Alessandro Mercuri : Holyhood, (art&fiction, 2019). Caroline Bachmann, Josse Bailly, Alexandre Bianchini, Grégoire Bolay, Jean Crotti, Noémie Doge, Agnès Ferla, Élise Gagnebin-de Bons, Aloïs Godinat, Fabrice Gygi, Jérôme Hentsch, Alain Huck, Robert Ireland, Jean-Luc Manz, David Monnet, Virginie Otth, Stéphane Zaech ont lu le livre de leur paire pour ensuite évoquer en autant d’arrêts sur images tirés de la mémoire ou de l’inconscient de chacun - ce que leur inspire la cité californienne revue et corrigée par le créateur iconoclaste.

Mercury 2.pngTous les artistes sont absolument aptes à un tel travail car leur imaginaire est en rapport autant avec la Cité des Anges qu'avec les propositions de Mercury. Comme lui ils sont spécialiste des détournements en tout genre, manipulateur d’archives ou d’images. Dès lors quand la colline du Bois du houx, Hollywood, devient Holyhood, la Cité du sacré tout reste possible. Après Mercuri les artistes traduisent à leur manière les souffles de fantômes et de leurres au moment où surgissent les ruines d’une antique cité égyptienne - vérité, mirage ou simple décor de film...

Mercury.pngA partir de la superproduction post-warburgienne que développe Mercuri, s'incarnent de nouvelles projections, suicides et renaissances. Preuve que l'art dans une telle galerie est mis en de bonnes mains au milieux de mictions, de plis, de violations des images officielles. Le tout pour entrer au besoin dans une romance apocalyptique hors des chemins battus.

Jean-Paul Gavard-Perret

04/09/2020

Fabienne Radi : brossages et frictions

Radi.pngAdepte des rapprochements, raccourcis, couronnes et chirugies intempestives, Fabienne Radi - même si elle ne ne sait pas ce qu’est devenue Hayley Newman (qu'elle évoque dans son livre) après les années 1990 et "si elle a disparu de la circulation ou si elle continue dans la même veine artistique" pense néanmoins à elle chaque année en se rendant chez son dentiste. Preuve qu'elle prend soin de ses détartrages afin que les capitons d'émail ne lâchent pas. Existe toujours chez la sémiologue avide des circulations ferroviaires de l'entrain dans ses digressions. Cultivant le sampling littéraire et artistique elle crée des nouages du désir, du féminin. Il s'agit d'entamer, de creuser, et de pénétrer ce que les autres savants des signes laissent à l'abandon.

Radi 4.pngElle offre un collier de lettres en lieu  et place du varech et des vagues du Léman. Saigne en continu, ou plutôt suinte des perles de la culture dans la mâchoire avide de paroles intempestives. Comme Hayley elle prend des chemins de traverse. Elle aussi a "potassé "How to Make a Happening" de Allan Kaprow. Elle en connaît un rayon et n’a pas peur d’aller au charbon. Elle s'interroge sur le sourire à la fois de la Joconde "sans que l’on sache comment étaient ses dents, ni même si elle en avait vraiment" comme sur les canines de l’actrice Julia Roberts qui en montre "tellement qu’on a l’impression qu’elle en possède deux fois plus que les autres gens." Radi 3.pngDe telles égéries sont-elles fragiles ou Dames de légende ? Là est une partie de ses questions. S'émettent des trouées, des caries où les phrases sinuent et glissent. C’est une construction ludique où le Rien - qui est tout - prend toute sa place. Comme si les dents étaient partie prenante de baisers fougueux afin de savoir si qui trop embrasse mal éteint les haleines - fraîches ou non.

ARadi 2.png l'inverse de chez Virginia Woolf, l'écriture de Fabienne Radi n'est jamais frigide et va au plaisir et à la jouissance du texte ( en ses montages de signes et signalétiques) jusqu’à l’extase… Ce serait quoi le contraire ? La stase, le trop-plein, le poids non de la petite mort, mais de la veillée funèbre. Fabienne Radi refuse la langue morte et ne se sépare jamais des images. Elle traverse les apparences. Un flux ininterrompu de pensées les parcourt pour faire renaître ce qui se cache derrière par un enlacement et cueillette. L’horizon s’élargit : nous y plongeons depuis les bords de Léman.

 

Jeran-Paul Gavard-Perret

Fabienne Radi, "Émail diamant", Coll. SushLarry, Art&fiction, Lausanne, 156 p., 2020.