gruyeresuisse

25/12/2021

Ulrich Vogl et les catalyseurs cognitifs

Vogt.jpgUlrich Vogl est un artiste contemporain berlinois, traitant des objets trouvés et de leurs histoires derrière eux, de la lumière et du mouvement. L'artiste apprécie le caractère expérimental et ouvert du dessin. Mais il expérimente aussi différents concepts du temps, la nature changeante des objets, l’utilisation des matériaux quotidiens et l’interaction physique avec les gens et avec l’espace.
 
Vogt 2.jpgCette publication donne un aperçu complet de la pratique artistique actuelle d’Ulrich Vogl. Le point de départ de son travail est sa fascination pour les objets et les lieux du quotidien, leurs histoires et leurs tonalités.  Vogl les intègre inchangées, les remodèle ou ne les laisse que comme références. Depuis trois ans, il travaille avec des miroirs, leurs reflets et des dessins sur verre. À d’autres occasions, il dessine directement sur un mur, un escalator, des boîtes trouvées, etc. Certains sont dramatiques et bruyants, intentionnellement parce que c’est ce que les gens attendent le moins du dessin. D’autres sont très simples et calmes et peuvent avoir une nuance solennelle.
 
Vogt 3.jpgBeaucoup sont joueurs afin, d'attirer les regardeurs et  leur donner la possibilité d’interagir avec l’œuvre et, par conséquent, de créer un niveau de plaisir . Certaines pièces sont mobiles, d’autres fonctionnent avec des ombres, du son et des projections, souvent cinématographiques ou temporelles, low-tech, révélant leur mode de production. Ils s’inscrivent toujours dans un processus ludique, expérimental et conceptuel, au terme duquel se trouve une œuvre réduite à l’essentiel à travers une grande quantité de ce que Vogl appelle des "catalyseurs cognitifs".
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Ulrich Vogl,  "Cutting the Sky with Scissors",  Hatje Cantz, 2021 | 224 p.,  38,00 €..

24/12/2021

Les exercices de vulnérabilité de Sarah Walzer

Walser.jpgSarah Walzer, "Junge Siegerin", Jork Brogmann, Genève, du 6 novembre au 22 décembre 2021
 
Pour la série Junge Siegerin, Sarah Walzer a rencontré à Berlin, des jeunes filles âgées de six à dix-neuf ans. Pour réaliser leur portrait, elle leur a demandé de se rendre dans un parc ou un espace vert proche. Les arrière-plans naturels tels que des buissons, un arbre ou une prairie étaient importants pour elle. "Je cherchais des personnes qui se montrent et expriment leur vulnérabilité et leur ambivalence" écrit celle qui ne cherche pas comme valeurs la perfection ou la performance qui font des jeunes filles des gagnantes.
 
Walzer 2.jpgC’est donc cette énergie que l'artiste porte et transmet dans ses photos en noir et blanc. "Être vulnérable pour moi signifie être en contact avec mes sentiments. C’est ce qui nous rend vraiment visibles et nous connecte au monde qui nous entoure" " écrit-elle encore.
 
Les éléments sociologiques n’ont joué aucun rôle crucial dans le choix des modèles. La série est activée uniquement par des aspects émotionnels. Dès lors l'authenticité nomme une condition dans laquelle l’expérience intérieure et l’apparence extérieure correspondent. Chaque photo est habitée. C’est pourquoi elle propose un partage. L’art devient donc non un simple médium mais une méditation.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

La révolution Renoma

Renoma 2.jpgRenversant le principe de fonctionnement d’une chambre noire, Maurice Renoma utilise les éléments naturels comme des instruments optiques afin de déconstruire la photographie. C'est à sa matière un alchimiste qui au sein de l'art, la photographie garde une place originale. Dans une période de gaspillage et de surconsommation délirante il enregistre des images et quelque temps plus tard, les retravaille sur un écran, les remonte, les recycle en un traitement qui en change la nature et la forme en des  modes originaux de figuration.
 
Renoma.jpgReprenant ses séries  et étant donné que les objets réfléchissent la lumière dans toutes les directions, Maurice Renoma  conçoit une projection recevant les influences issues des espaces alentour et s’appropriant leur atmosphère. La vue qui en dérive est  créée pour devenir une sorte de métaphore de notre décadence.
 
Renoma 3.jpgDans des images flottantes vaquent les songes et les pulsions et les fantômes que l'artiste a toujours exploré. Dans  ce "montrage" le format choisi pour la vidéo est celui des débuts du cinéma. Il s’impose ici comme un véritable choix esthétique, porteur de figures rhétoriques dont la répétition pour représenter l’obsession et l’intime en un enjeu majeur pour nous sortir de nos zones absurdes et prétendue confiance.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
Maurice Renoma, "Anti Camera Oscura", pour exposition  "Mue", Morpho Saint-Ouen, du 8 janvier au 12 février 2022.