gruyeresuisse

17/09/2020

Alexandra Maurer : paysages en "repons"

Hauf.pngAlexandra Maurer , "Aufgespaltet", Saint Gall, du 26. Septembre au 20 Décembre 2020

 

Alexandra Maurer n'est pas une rêveuse standard. Tout bascule dans ses peintures. Du réel il ne reste même pas des endroits de mémoire. L'artiste construit un autre monde. Dans ses compositions l'imaginaire fait loi pour que jaillissent des images mentales et leur traduction.

Hauf 2.pngElle crée des machines à produire des histoires et des images qui nous échappent. Le processus psychique de l'artiste recouvre le réel ou plutôt le reconstruit dans ses opérations picturales. L'inconscient y possède une grande part. Il n'est pas réprimé - au contraire. C'est sans doute lui qui structure de telles oeuvres où leur subjectivité ouvre une expansion du monde par des moyens plastiques qui échappent à tout conditionnement.

Hauf 3.pngUn continent étrange se déploie nourri bien sûr de tout le background de la créatrice. Car sans savoirs et techniques les images de la vie mentale n'auraient pas de sens. Leur fracas du dedans s'implante ou font écho à celui des regardeurs.euses. Leur émotion trouve là des paysages "en repons" de même qu'une affirmation  à ce que fait la peinture par les braquages de l'inconscient et ses imbrications.

Jean-Paul Gavard-Perret

16/09/2020

Charlotte Herzig : atmosphères

Herzig.pngCharlotte Herzig, "It has no name, so I style it "The Way", Wilde, Bâle, du 10 septembre au 14 novembre 2020.

"It doesn't have a name, so I style it "The Way"" est la première exposition solo de Charlotte Herzig  à Bâle. Elle y explore diverses techniques pour créer des oeuvres de plusieurs dimensions. Pour une telle artiste  le monde ne cesse de bouger en divers rythme et c'est pourquoi tout son "geste" de peintre contribue à transformer cette intuition en formes, lignes et espaces au sein de compositions lumineuses. Elles sont là pour explorer de tels mouvements.

Comme toujours l'artiste n'hésite pas à créer des effets d'immersions afin que le regardeur soit enveloppé et saisi dans un tel environnement où se retrouve des jeux de subtiles répétitions. Existent autant de séquences ou modules qui donnent à l'oeuvre un rythme voire une mélodie particulière et atmopsphérique. Un tel  "spectacle" permet au visiteur de regarder le monde dans un miroir en complétude si ce n'est en gloire. Si bien que la peinture devient le meilleur carburant qui soit.

Jean-Paul Gavard-Perret

15/09/2020

Alberto Vieceli : synthèse de l'acte photographique

AViecelli 2.jpglberto Vieceli, "Holding the Camera", Musée suisse de l’appareil photographique, Place, du 5 septembre 2020 au 24 janvier 2021 en collaboration avec le Festival Images Vevey (5-27 septembre 2020)

Alberto Vieceli tient à Zurich un studio de graphisme avec Sebastian Cremers. Ils proposent livres, marqueurs graphiques, vidéos, expositions et installations. De 2015 à 2019, le graphiste a collecté plus de 700 images dans des manuels, prospectus, brochures, magazines photographiques des années50 et 60. Elles sont faites pour illuster la manière idéale de tenir un appareil photographique quel qu'en soit le format.

DViecelli 3.pngans l'exposition et son montage, le didactisme initial se double d'un aspect plus ludique. D'où cet inventaire d’archives qui illustre - comme l'écrit Luc Debraine - "le conservatoire des bons gestes à l’époque de la photo argentique". Le tout dans une variation sur le même geste là les photographes eux-mêmes sont saisis parfois dans des visions innocemment saugrenues ou pertinentes.

 

viecelli.pngLe spectateur est mis au centre de l’acte photographique. Alberto Vieceli condense cet effet visuel comme le firent auparavant mais selon d'autres axes et propos Hans Peter Feldmann, Erik Kessels ou Peter Piller. Le thème du livre d'origine et désormais de l'exposition demeure donc inédit : regrouper ces images en 26 groupes (qui correspondent aux 26 lettres de l’alphabet) permet de les cataloguer et d'en constituer les chapitres harmonieux d'une déclinaison astucieuse.

Jean-Paul Gavard-Perret