gruyeresuisse

29/10/2017

Marcel Miracle : éclats et pépites du pays natal

Miracle.jpgMarcel Miracle, « Cinéma Ritz Tamatave », Galerie Ligne Treize, Carouge, du 4 novembre au 2 décembre 2017.

Marcel Miracle fait retour ici à son passé, à sa jeunesse. Pas question pour autant de caresser la nostalgie. L’artiste lorgne sur l’hier pour repartir de plus belle vers demain. De notules cinématographiques du pays natal (Madagascar), de son "Cinema Paradiso" personnel,  il tire une sève. Elle innerve ses dessins. En son âge, le voici, sinon apaisé (il ne le sera jamais), mais fomenteur d’un oui à la vie et aux images en (parfois) des seins animés.

Du passé - qui forcément s’assombrit et s’assèche - l’artiste et écrivain en transforme, polit les épluchures. L’enfant vit encore en lui avec ses émerveillements premiers. L’énergie iconoclaste suit son cours. Ce qui fut gravé dans la mémoire est tiré de la tombe pour jaillir sur l’écran de la conscience et du support papier. Tout se prolonge selon une vision extatique et tendrement drôle. A travers ses « vieilles » images en métamorphoses Miracle fait briller nos yeux.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jean Fontaine : « seintaxes » visuelles

Fontaine.jpgJean Fontaine, « Des Humano Folie » Galerie- Espace Schilling, Neuchâtel, 4 novembre – 24 décembre 2017

Avec Jean Fontaine l’humain devient un drôle d’oiseau. Sa coquille est de fer et de chair. Preuve que qui veut faire l’ange ou la bête devient robot. Néanmoins de telles licences visuelles, et rhétoriques mettent à mal les images étouffantes par placages et soudures pour l’avènement d’anatomies intempestives.

Tout tient de l’embrasement et de la rixe baroque. Attachant la rouille aux moisissures de feuilles-peaux, Fontaine infiltre un chuchotement visuel dans le sommeil du monde. Des morceaux de corps se rassemblent par déplacements : l’âme se transforme en casque à pointe et l’érotisme fourbit ses armes. Que le corps féminin soit mal engagé dans la fosse commune du monde par effet de violence  nécessite des protections. Cela n’empêche en rien que tout dans l'oeuvre soit parfaitement embouti.

Le vieux désir des hommes-voyeurs se trouve imagé, repris, métaphorisé en soutifs tabernacles, en culottes d’acier (trempé) mais où certaines fissures peuvent permettre des halètements de diverses variétés. Des appoggiatures refont surface par éclaboussements dans la végétation de la ferraille. Il suffit de frapper dessus pour qu’elle devienne « sein-bale ».

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

28/10/2017

La révolte des clones : Pol Kurucz

Kurucz.jpg« Uncovers » de Pol Kurucz est un détournement enjoué des couvertures de magazines féminins. Les modèles semblent s’affranchir de ce qui est attendu d’elles. Les lectrices - fashionnista ou simples victimes des publications sur papier glacé- y trouveront - pour peu qu’elles fassent preuve d’humour - un antipoison.

 

 

 

 

Kururcz 3.jpgExiste une farce et un suaire afin de renverser les mythes poussifs qui fouettent le regard afin de faire germer les fièvres acheteuses. Paul Kurucz met les corps en déséquilibre sous feinte de romantisme déliquescent mais néanmoins délicieux (la chair demeure insolente). Les modèles montent sur le pont d’un bateau ivre ou invitent à descendre vers l’Enfer dans l’ascenseur dont elles deviennent liftières. Elles sont fières des tours qu’elles jouent car si elles ne donnent rien elles promettent tout avec un air mutin.

Kurucz 2.jpgA travers leurs vêtements ou dans leur nudité se créent des chorégraphies dégingandées. Un univers de délices est là. Mais décalé Les seins semblent faits pour la bouche comme deux glaces aux framboises, une jupe laisse voir entre ses laps certaines intimités. Néanmoins l’image est parodique. Le photographe lui donne une interprétation faussement anecdotique et passablement primesautière. Preuve - peut-être - que l’avidité peut être absolue mais jamais idéale.

Jean-Paul Gavard-Perret
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