gruyeresuisse

21/06/2019

Je ne vois que toit (LVI) Suite et fin.

Bauthiias.jpg"Tu me laisse finir comme ça ?" (Beckett)

En brave porcelet, il aura écrit pour se soustraire au monde dans une solitude vaste mais seulement après de longues années pour accomplir ses devoirs (plus ou moins mal) car il faut beaucoup de temps pour que le monde intestinal fasse moins de bruit dans sa chute.

Finalement l’absence se conjugue en gazouillis d'oiseau. Chaque ligne (telégraphiée) qu'il a laissé n’est que l'amorce d'une extension. Certes elle ne possède pas la longueur de celles qui traversaient l'océan avant que les satellites servent de sacerdoces aux squelettes des sereins gars que nous sommes.

Bauthies 2.jpgL'espace est en question sous une lune en négatif ou en germination rousse. Quel nom lui donner ? Le nom qui manque et qui remplit tout la boîte cranienne de son vide. L’écriture y disparaît peu à peu en soupirant sans se synthétiser dans une seule phrase. Ses repères grammaticaux ne pourrait espérer fabriquer une perspective linguale au temps qui passe.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Oeuvres de Marie Bauthias : Par(v)oi(e)s de distraction(s), Editions Dumerchez, 2019.

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20/06/2019

Je ne vois que toit (LV)

Divoy.jpgL'"a" quand ? là où ?

 

Il faut chercher le petit "a" de l'amour dans le corps de la femme. Il cause le désir. Néanmoins sa propriétaire attend de l'homme des mots pour le dire.  De l'aleph jusqu'à z. Mais depuis que le malaise dans la civilisation (le père n'existant plus et la castration s'évanouissant) a changé d'objet, bricoler l'âme-son ne suffit plus à faire discourir le pécheur en eau trouble ou limpide. L'objet prend le pas sur l'essentiel. Ce n'est plus le symbolique qui est important, mais le bijou, la perle du culte. Ravie sans appâts rances elle captive. Captive d'histoires d'O elle ravit. Poisson (rose) s'envole. Puis s'endort dans le lit de la rivière ou dans le bocal sur le buffet. Qu'importe s'il pleure, nul ne voit pas ses larmes.

Lhéo Tell ( aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Collage Michèle Divoy.

 

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Je ne vois que toit (LIV)

Bloy 2.jpgDurassique parque

 

Selon une tradition, aimer donne la vocation à jouir dans le pas tout pateux. Et nous voici renvoyé au ravage durassien : être ravi(e), capturé(e). Pour la femme amoureuse il s'agit d'"amer" (selon le néologisme lacanien) l'âme en attendant que l'absent attendu lui donne rien. C'est d'ailleurs ce qu'il lui accorde. Elle en est comblée. La voici rendue vivante loin de l'adhésif qui la collait au corps de l'autre.

Bloy.jpgElle fait donc quelque chose du rien et transforme la solitude en une manière de se "mêmer" dans l'autre. Phallus vs solitude si l'on peut dire. Et la voici devenue (dixit toujours Lacan) "hommo-sexuelle". Elle n'attend plus d'être aimée ou ratrappée de désir par la queue. Preuve que le rien ne se pratique que pour lui-même dans sa traversée. Il s'agit d'attiendre à l'inconsistante comète de l'ex-stase. Bref d'exister et ne plus se faire le mauvais sang. Soyons toutes et tous la "femme pauvre" de Léon Bloy qui donnant tout, orchestre sa condition littérale et tue la culpabilité passé, présente et à venir. 

Lhéo Tell ( aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Photo de Sylvie Harberberg-Aflalo

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