gruyeresuisse

20/06/2019

Je ne vois que toit (LV)

Divoy.jpgL'"a" quand ? là où ?

 

Il faut chercher le petit "a" de l'amour dans le corps de la femme. Il cause le désir. Néanmoins sa propriétaire attend de l'homme des mots pour le dire.  De l'aleph jusqu'à z. Mais depuis que le malaise dans la civilisation (le père n'existant plus et la castration s'évanouissant) a changé d'objet, bricoler l'âme-son ne suffit plus à faire discourir le pécheur en eau trouble ou limpide. L'objet prend le pas sur l'essentiel. Ce n'est plus le symbolique qui est important, mais le bijou, la perle du culte. Ravie sans appâts rances elle captive. Captive d'histoires d'O elle ravit. Poisson (rose) s'envole. Puis s'endort dans le lit de la rivière ou dans le bocal sur le buffet. Qu'importe s'il pleure, nul ne voit pas ses larmes.

Lhéo Tell ( aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Collage Michèle Divoy.

 

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Je ne vois que toit (LIV)

Bloy 2.jpgDurassique parque

 

Selon une tradition, aimer donne la vocation à jouir dans le pas tout pateux. Et nous voici renvoyé au ravage durassien : être ravi(e), capturé(e). Pour la femme amoureuse il s'agit d'"amer" (selon le néologisme lacanien) l'âme en attendant que l'absent attendu lui donne rien. C'est d'ailleurs ce qu'il lui accorde. Elle en est comblée. La voici rendue vivante loin de l'adhésif qui la collait au corps de l'autre.

Bloy.jpgElle fait donc quelque chose du rien et transforme la solitude en une manière de se "mêmer" dans l'autre. Phallus vs solitude si l'on peut dire. Et la voici devenue (dixit toujours Lacan) "hommo-sexuelle". Elle n'attend plus d'être aimée ou ratrappée de désir par la queue. Preuve que le rien ne se pratique que pour lui-même dans sa traversée. Il s'agit d'attiendre à l'inconsistante comète de l'ex-stase. Bref d'exister et ne plus se faire le mauvais sang. Soyons toutes et tous la "femme pauvre" de Léon Bloy qui donnant tout, orchestre sa condition littérale et tue la culpabilité passé, présente et à venir. 

Lhéo Tell ( aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Photo de Sylvie Harberberg-Aflalo

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19/06/2019

Je ne vois que toit (LIII)

Prouvost.jpgLe rouge émis

 

Du feu ----------- le trait Il rapporte encore la brûlure. L'incendie se voudrait maîtrisé, mais la combustion suit son cours. La poussière de couleur, comme la bonne suie de Mary Poppins, fait trace. Quel est ce corps si ce n'est la ronce qui ne voit plus le jour sur la tombe de la mémoire ? On n'est rien, à personne, personne n'est rien ni au jour ni à la nuit. Si ce n’est de celle d’où on vient et vers laquelle on retourne au sein de galeries qui sont autant de labyrinthes. Aucune sentinelle ne peut y respirer. Restent les plis du coeur, les déchirures de l’âme. Tout tient en un paquet de nerfs. Un ange est passé dans la forêt des songes où nous nous égarons. Lieu seulement lieu. La chute fait son chemin dans le jeu des miroirs. Oui nous brûlons encore mais de quel feu et de quel bois ?

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Photo d'Elizabeth Prouvost

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