gruyeresuisse

03/05/2019

Je ne vois que toit (VII)

carlson 3.pngKit Carlson

Danse? Disons plutot mouvements de jambes. Faibles quoique insistants. Sur terre ferme. Enfin presque. Ferme n'est pas le mot puisque d'argile mou. Tout semble suivre une composition de rythmes. Cela sollicite des muscles et du nerf et une faculté d'improvisation dans l’obscurité cryptique.

Rien n'est clairement distinct mais sollicite tous les sens. Une métaphysique gestuelle investit l’inconscient où s'esquissent des mouvements polymorphes. Ils miment par une quantité innombrable de points de suspension. Tout semble troué. Danseurs et danseuses ont jusqu'à soixante ans. Soixante dix peut-être.

Carlson.jpgLe mouvement continuel d’autocorrection perdure car la fatigue est intense et les positions inconvenantes. Tout doit rester sans qualités. C'est l’expression rhétorique de l’écart, d'un rabâchage gestuel apparemment chaotique mais construit sur des effets de reprises et de variations.

Le corps va. Ou ne va pas. Ou mal. Au nom d'un vieil accident qui a laissé des séquelles. Danse ? Disons arrêts, puis reprises. Aller encore aller et ainsi de suite sous un vague rayon de lune. Et un son grave et profond de tristesse invincible. Chacun semble au monde avec ses marmottes. C'est du Ramuz. La fin approche. Mais le corps tient encore, presque désincarné prêt à tomber dans le vide ou à quitter la terre. Glaise au demeurant.

Lhéo Tell (aka Jean-Paul Gavard Perret)

09:17 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

02/05/2019

Je ne vois que toit (VI)

Bilan de compétence.

Nous saurons ainsi ce qui nous sépare et ce qui nous unit. L’obscénité et la pudeur. L’amazone et son huile. Les cris et les murmures, la langue et le clitoris. Flot, écume. Ravin, ravine lorsque deux jambes se décroisenDante 2.jpgt.

Gare aux phobies, haro aux tigres et aux tigresses. Muesli marin, prismes pagayant sur les crêtes comme un fer sous un cheval, un enfer sous Belacqua Velva. Qui sent la vie veut la prendre. Liquette au clou. Sable aux nœuds. Savates et serviettes. Passage à tabac sous ciel serein. Verge dans le maillot de bain en nylon. Trop mince pour être honnête. Cliquetis des boules. Cabines humides entre les dunes.

Avant que la viande soit cuite nous serons partis en gelée, fesses calées pour l'espérée trempette dans le désordre de nos pièces. Et dire que certains, certaines nommeraient ça loisirs...

Dante 3.pngEt ce, depuis un certain printemps. Il y a belle lurette. Au moment où s'écoutait Jeanne Sourza dans le rôle de la Hurlette dans ce qui ne s'appelait pas encore RTL. Forte en gueule elle dominait son compère comme une mère. Raymond Souplex s'y voulait l'égal de René Payot sur le Suisse Romande. Mais ni l'un ni l'autre avait tout leur bon sens.

Dante.jpgEtions têtards, étions enfants enfin presque. Devenions grenouilles mais sans savoir nager à l’étang du Grand Héron. Ce n’était qu’une mare grande comme une paume de main de nain.

Quand nous la revîmes la honte monta d'un cran. Dire que nous y trempions le cul comme dans une mer morte. Mais soyons fiers de nos bottes. Crampons nous sommes, continuons à nous sonner les cloches.

Ce n’est qu'en notre fange que nous nous envasons jusqu'au râble. Cela sent le bouillon d’algues et de poissons. Voilà pour le maelstrom d'émotions. Sirotons, sirotons comme sur vieux zinc de bar. Allah bordage. Embouche, broche et bave vieux zigomard.

 

Lhéo Tell (aka Jean-Paul Gavard Perret)

 

09:28 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

01/05/2019

Je ne vois que toit (V)

Taylor.jpgJuke-Box et Scopitone

Avec les micro-sillons sur 45 tours la lumière sembla changer le monde, le monde changeait de lumière. Johnny Hallyday et ses "24 milles baisers" d'extraction italienne nous rendit plus légers. Ce n'était pas beaucoup mais pouvait nous suffire. J'oubliais le faubourg. Métamorphose illusoire mais métamorphose tout de même.

A nous le rêve sur les rives du Léman pour un Rock and Rolle grâce à Vince Taylor - c'était pas de Glück ni du glauqe contrairement à l'existence  du Rocker. Il ne dut sa survivance qu'à une vaudoise qu' il avait emmené jusqu'au 20 ème étage dans une reprise incroyable de Chuck Berry.

Il y eut dès lors  les Dolly Prane et Parton pour la fièvre du samedi soir sur la terre tandis qu'Evian au loin brillait de ses feux follets. Et lorsque le riz colla dans les montagnes helvètes une Vénus de mille hauts mettait le feu à nos membres. Les bras m'en tombèrent : je me voulais pianiste à la Jerry Lee Lewis et je devins  instrument triste.

Scopitone.jpgPorc peu épique du lac de Lausanne je me fis bouilleur de cruelles et d'alcool d'amantes amères. Et ce avant que le Scopitone nous achève : il y eut Les Pirates et les Chausettes Noires (sponsorisées par Stemm), Larry Greco de Genève, Danny Boy et ses pénitents. Il y eu aussi sur écran "Zizi la Twisteuse" d'un mystérieux Glenn  Jack. Ce n'était pas du Resnais mais du Lelouche tout de même. Il y faisait ses classes et nous apprîmes ainsi l'histoire des hommes et des femmes que le be bop hulula.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

07:47 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)