gruyeresuisse

02/06/2019

Je ne vois que toit (XXXV)

Cauda.jpgLe bûcher des vanités

Chérir l'inconscient ne suffit pas à renoncer à la conscience. L'obsession de sa borne empêche la révolte et dissout ce qui reste dans ce qui fut. En conséquence, le couvercle cher à Baudelaire ne cesse de peser sur la tête en un dispositif qui actionne sa fermeture.

Dès lors, perché à l'envers sur notre cheval boiteux nous ressassons les effluves d'un futur "hantérieur". Il sent le crottin aux fil de nos foirades. Nous nous croyons redevenir juvéniles bien que ne l'ayant jamais été. Ne fûmes tout compte fait que simples potes au feu trébuchant dans nos abîmes pour prouver la loi des crépuscules ou renouveler les longitudes qui prouvent l'existence de l'Obscur.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Œuvre de Jacques Cauda

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01/06/2019

Je ne vois que toit (XXXIV)

Noam.jpgApparat chic

J'écoute Jésus avec obstination. "Dieu t'en préserve" disait le Père - j'entends le mien qui du reste me gavait autant que l'autre, l'obstiné, le venimeux, celui que Nietszche donna pour copain d'avant, genre ramollo ou gobelet au dé passé. Sa couenne pourtant jouit à nouveau d'un regain notable. Il redevient un compagnon de classe laborieuse des plus fréquentables. On lui greffe des ailes et il fait lever des pierres comme jadis celles de Carnac ou de l'île de Pâques. Qu'importe si des toutous viennent pisser à leur pied. "Que puis je pour vous ? " dit-il à ceux qui passent. Ce à quoi répondent-ils "Nous sommes vêtus de nos actions pour penser". Affirmer pour autant qu'il n'est d’aucune lumière serait exagérer un peu. Car c'est bien ceux qui l'ont inventé qui portent la nuit de tout. Ils poussent ce qu'ils ont créé dans le vide. Rien de ce qui mange l'espace ne leur est étranger.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Photo de Noam Chojnowski

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31/05/2019

Je ne vois que toit (XXXIII)

Cauda 3.jpgDies irae

Flatuler en classe me rendit populaire auprès des écoliers. Côté instituteurs ce fut une autre affaire même si rentrés chez eux ils devaient bien rigoler en racontant aux leurs ce qui faisaient moins rire les miens. Ils se firent pour moi du mauvais sang. Mais à l'époque le chômage n'était pas une plaie si bien que pour couler dans le fleuve de la vie il y avait ses ruisselets.

Avant d'être KO et pour rester OK je me retenais aux cordes. Deux secondes plus tard je fuyais par la fenêtre sans demander du secours. Jusqu'au jour où ce ne fut pas la bonne. Pas question de se faire mener à l'hôtel-dieu : à l'époque il n'était pas fait pour les morts. "Patient me disais-je pendant la chute, la guérison sera pour demain". Et c'est ainsi que par inadvertance j'ai quitté la terre. Je n'ai même pas eu le temps de la regarder dans le rétroviseur. Pas plus que de connaître l'éveil par le sexe sinon en onagre. Il y avait personne sous la fenêtre juste l'asphalte. Il m'accueillit sans que je comprenne ce qui c'était passé. Mon regard fixe et fou ne chercha rien de personne finissant matière  ou foirade en forme de noyau.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

Œuvre de Jacques Cauda.

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