gruyeresuisse

03/01/2019

Swiss kiss et autres smacks : Joie Panique

Baiser.jpgPrivilégiant dans l'absolu les images, les éditions Joie Panique ne lésinent pas sur la marchandise. Il y a dans leur nouvel opus des baisers de roman, des baisers de ciné, des baisers qui préfèrent l'ombre à la lumière (et vice versa), des baisers orgeat, des baisers orgiaques. Sans oublier les baisers girophares, les baisers décapsuleurs de jarretelles, les baisers à l’huile d’amende si douce, les baisers de quais de gare ou des brunes mais aussi des baisers cloueurs de bec, des baisers tuent lippes et des baisers déboutonneurs de soutifs.

 

Baiser 2.jpgGrâce à Flore Kunst, Nine Antico, Joël Hubaut et quelques autres spécialistes les baisers sont à sourire plus qu'à pleurer - sinon d'émotions. Ils sont aussi d'amour ou à malices dans des scénographies exquises et qui grisent par leur rouge émis (même en noir et blanc). Sont-ils plus fantasmés que vraiment éprouvés ? Pas sûr. Il y a là des corps accords. Nul doute là dessus.

Baiser 3.jpgDe l'air y passe. Et surtout du désir. Ces baisers sans être à mère donc incestueux n'ont rien d'amères. Ils sont toujours amènes avant que la messe soit dite (ou faite) après un dernier Amen. Le tout histoire de pousser le "bouchons" un peu plus loin : entre autre sur l'oreiller des songes télescopiques. Dans tous les cas ils n'ont pas leurs langues dans leurs poches et sont à barbes ou à buisson ardent. Jamais veufs de guère ou de guerres lasses ce sont des revenez-y ou des beaux "venezyvoir" sur des peaux d'ivoire. Mais les plus ambrées peuvent y trouver de quoi grimper aux rideaux tant ils médusent. Et ce jusqu'aux hermaphrodites.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

"Baiser", Collectif, Editions Joie Panique.

 

01/01/2019

Pinocchio n'est pas de bois - Yve Bressande

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Yve Bressande poursuit le recueil(lement) de ses pensées intempestives entre l'aphorisme et l'haiku mais sans jamais se prendre pour un poète voyant. En isolant le fond contextuel de la pensée elle prouve que sa circonférence n'est intéressante que lorsque son cercle est vicieux.

 

 

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Les belles des champs y prennent le rhume des foins face aux Saturne aux taciturnes burnes. Pour chacun les fins du moi semble difficile et sont parfois (surtout lorsqu'ils tombent le dimanche) "un plat de radis sans ciel". Chez Bressande néanmoins l'essentiel est tailleur. L'auteur coupe toutes les mises. Perdants faites vos jeux !

 

 

Bressande 3.jpgCertains d'entre eux croient trouver la martingale en pensant "comme les cons que l'an 2000 est passé". C'est faire beaucoup de cas d'une calendrier qui n'est qu'un cas d'espèce dont l'espace comme l'animal rit. Le poète avance d'un pas plus sûr tout en oubliant le second et c'est ainsi que la pensée trébuche. Le logos admis est réduit à l'état de médicamenteur par notre docteur généraliste. Il se mouche dans son éthernuité.

Jean-Paul Gavard-Perret

Yve Bressande, "Avec un long nez", Gros Texte, Fontfourane, 2018.

30/12/2018

Jan Van Imschoot : c'est là que nous vivons.

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Jan Van Imschoot dans ses fantasmagories picturales fait preuve d'intransigeance et d'autorité. Son geste se veut baroque et anarchiste. Mais l'érudition nourrit un imaginaire encore plus conséquent. Jaillit un monde stupéfiant, bizarre, insolite qui remplace l’occultation par l’occulte.

 

 

Imsshot 2.jpgFace à la médiocrité de notre monde l'artiste offre une forme de surréalisme (belge donc le seul) fait d’une liberté de circulation dans les cultures oubliées ou reconnaissables ((Tintoret, Goya, Tuymans par exemple). L’artiste reste un insurgé. Il ne brûle pas de faire carrière dans la peinture mais dynamite tout ce qui existe autour de lui, autour de nous.

 

 

Imsshot.jpgDivers types de fièvre ou d'attententes animent sa peinture violente par ses couleurs et les mouvements de personnages. Rien de ce qu’on voit habituellement n'est sous les yeux. Pourtant dans ce monde le regardeur mord en de telles images qui lui font face et le toisent. S’y développent des dérives qui ne se peignent nulle part ailleurs. L’inconnu laisse sa trace sur la banquise brûlante d’une utopie que l’œil n’arrête pas et que le geste crée.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jan Van Imschoot, "Amore Dormiente", Templon, Nruxelles; du 10 janvier au 23 février 2018