gruyeresuisse

11/05/2019

Je ne vois que toi (XIV)

Mennimon.jpgMiélopée

 

Tout voyeur descend du songe : il aime le bon thé négro mais surtout la rose de personne. Elle reste belle comme "la femme d'un autre" (Paul Morand). Celle dont il est question ici n'a pas lésiné pour demeurer telle. Lorsqu'elle danse, son tango sent l'argent teint.

S'offrir de nouveaux seins à la pâte de coing lui a couté la peau des fesses. Mais le flacon demeure idéal pour l'ivresse. En conséquence la tolérance oblige à ne pas nommer les imbéciles qui trouvèrent son projet idiot. Ils ont beau affirmer qu'une telle moutonne court à perdre sa laine, cela ne justifie en rien leurs vaticinations envers la si reine. 

La voir aux bains ou ailleurs est un plaisir. C'est bien moins assommant que de regarder la télévision. Même si l’éteindre souvent n’arrange rien. Sauf bien sûr à qui possède un exemplaire dédicacé de la Bible. A eux la vue des prévisions les plus difficiles : sur le futur.

Pour l'heure l'égerie des mers avance méprisant le voyeur. Il est vrai qu'avec son époux elle forme un couple parfait. Qu'on se méfie néanmoins. Le mari est jaloux : le couple se limite à une communauté réduite aux aguets.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

(Photo : Menimon)

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10/05/2019

Je ne vois que toit (XIII)

Lapin.pngLapin levé n'a pas d'oreilles

 

L'air vain. Vers l'aine. Un masque bergamasque tombe du réel rugueux. Tout ça se m'L et maque d'R. Aucun amour ne vint. Âme-nésie par saccades, fendant la mère gelée et brisant son mystère : au calme clair de lune le coeur n'est que prothèse du corps mal pensé. Dessous il y a la bête. Et le saint dessus qui chante dans le supplice qu'on appelle l'humain. Lapin le peint tel qu'il fut dans le stupre. Lapin y voit son tréfonds, son seuil du seul, son harpon. Il éponge son front mouillé, laissant sur la chaussée une poussière d'avoir été un corps et ses affects.

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret

 

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09/05/2019

Je ne vois que toit (XII)

Courbet.jpgHorizon-t-alité

Haimer, chéraïr, vénéxécrer, abomidolâtrer : du biceps au transept, du concept aux forceps est désormais foutaise. Exception faite du scalpel dans le coeur et de l'harmonium dans la tête. Plus question que je colle aux quintes, aux secondes ou aux tierces. Me voici près du sol majeur, cocu magnifique de l'exister et comme les poètes anciens voués à la forme fixe. Me voici fin prêt pour mes obsèques puisque devenu obsolète en mon destin d'ablette.

Les variations des diapasons fous de Ligetti adaptées pour voix de crécelles donneront des tonalités aciculaires voire acuminées juste avant que je rejoigne la fosse d'aisance qui me donnera, à n'en pas douter, les jouissances de la glaise. Il y aura sans doute des jaloux qui seront ravis de voir leur rival décheoire. Ils seront fiers de leur noeud roucoulant prêt à la petite mort tandis que la mienne sera non seulement grande mais éternelle.

Il aurait fallu pourtant me voir jadis, bon pour la jouissaille, adorateur des plumes et des croupions, y insérant mon goupillon comme ces prêtres qui font un autre calice plus enfantin leur pays des merveilles. Mais puisque la vie part plus besoin de fantasmer sur celles qui furent mes saintes et souvent mal aimées. Vipère au poing je ne fus jamais hyper au point. Qu'elles sachent que mon petit pantin frippé les laisse désormais tranquille. Il me laisse en paix, ver parmis ceux qui finiront bien par le ronger.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

 

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