gruyeresuisse

03/06/2019

La folie Keiichi Tanaami

Tana 3.jpg

Keiichi Tanaami – Tears of Dreams, Nieves, Zurich 2019.

L’animation, la sérigraphie, les illustrations de bande dessinée, les collages, les films expérimentaux, les peintures ou encore les sculptures, tout est bon à Keiichi Tanaami. Il  œuvre depuis plus de 50 ans dans le Pop Art pour créer une oeuvre polymorphe afin de faire comprendre la chaos du monde dans une puissance visuelle jubilatoire.

 

Tana 2.jpgCes dernières années, l’artiste de 82 ans s’est attelé à retranscrire des passages de sa vie, créant uniquement à partir de ses propres souvenirs, mais le propos est toujours le même : une critique jouissive du monde à travers ses décors que l'artiste déconstruit avec une intelligence rare.

 

 

Tana.pngOn y apprend à faire la soupe de  Blanches-neiges avec des restes de nains entre humour et diversité noire là où le Pop-Art est mâtiné de surréalisme. Il y a là du Wager et du cabaret des félicités. Cela fuse de tous les côtés et par tous les trous. La vie se concentre en face sociale et politique où l'imaginaire est à son zénith.

Jean-Paul Gavard-Perret

Je ne vois que toit (XXXVII)

pent.pngPentathomme

L'homme est opaque et obscur. C'est une fois vidé qu'il devient blanc et translucide. En cela il n'est pas sans rappeler le pentatome des baies avec ses fossettes et ses barillets ovés. Bref il est du genre punaise sinon des quartiers du moins des fossés. Je peux l'assurer faisant partie de l'espèce. Au commencement nous nous éloignons rarement de nos mères mais dès que l'on commence à marcher tout pousse à nous en éloigner.Pent 2.jpg Toutefois ne nous y trompons pas chacun s'arrête là où sa mère veut qu'il fasse halte. Elle fait bonne garde surtout lorsqu'il s'agit d'un de ses mâles. Et lorsqu'il est unique sa tendresse doit moins rassurer qu'inquiéter. Même s'il s'agit a priori de le protéger des orages. Cela mériterait un examen sévère. Mais l'insensé ne se croit pas capable de la prouesse clairvoyante de s'en séparer. Une telle singularité ne peut inspirer que de la méfiance envers le pentatome qui se nomme homme mais n'est que punaise. A force d'enculer des mouches on se contente de peu.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Dessin de Pierre Zabzucchi pour "Nouveaux portraits d'insectes" de Jean-Henri Fabre, Le Castor Astral, 2019.

10:47 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

02/06/2019

Je ne vois que toit (XXXVI)

Lalique.jpgZone subversive

Poux devenu sans abri sur la tête d'un chauve. Tout ça pour prendre l'air à perte de murailles, branchages, gel. Et bronzer au grand jour dans sa petite culotte à dentelles mentales afin d"éviter les casses burneries qui rongent sous la chenue calotte une masse grise et blanche de matière cervicale.

chauve.jpgTête devenue pouls pour le poux sans besoin de notaire afin de s'annexer une terre désolée. Ne craignant ni le soleil, ni l' immense tempête sous le crâne, son dernier éclair silencieux et la parole qui ne se brise osant encore un hugolâtre "donne lui à boire dit mon père".

Reste sur la surface polie une petite goutte de brillantine cristalline en guise d'écho Lalique au triangle absolu de celle dont le poux fut l'époux. Son noeud gordien lui caressa jadis le ventre, les seins et le pubis.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Image 1 : verrerie Lalique.

13:55 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)