gruyeresuisse

12/05/2019

Je ne vois que toit (XV)

Satie bon.jpgSatiesfaction

 

Lui : je suis venu pour écouter Satie.

Elle : Quand vous voudrez

Un temps. Elle choisi un C.D. . La musique demarre.

Lui : C’est vrai que vous écoutez Satie souvent ?

Elle : Tout le temps.

Lui : Sans arrêt ?

Elle : Oui.

Un temps

Elle : Sans arrêt.

Un temps

Elle : vous avez l’air inquiet ?

Lui : non pas inquiet : gêné.  Je n’ai pas l’habitude.

Un temps. Ils écoutent, de plus en plus attentif.

Elle : On dit que Satie était seul.

Lui : Oui tout seul.

Un temps

Lui : Quand on est seul on est seul.

Elle : Qu’est-ce que ça donne quand on est ensemble ?

Un temps

Lui : Il faut être sur la même longueur d’onde pour écouter

Elle : Et pour pouvoir s’entendre.

Un temps

Elle : vous voulez que j’arrête le C.D. ?

Lui : non, au contraire : vous pouvez même le mettre plus fort.

Un temps

Elle : Nous sommes dans la même situation ?

Lui : Oui, je crois que nous sommes soumis aux mêmes… conditions.

Elle : Quoi par exemple ?

Lui : On ne peut pas les décrire.

Un temps.

Elle : On les vit

Un long temps ;

Elle : tout le monde nous quitte, vous le savez ?

Lui : Oui, tout le monde.

Long temps de musique, puis silence.

Lui : Au revoir. A demain midi.

Elle : Au revoir, à demain.

(Bruit off : glissement d’une rivière qui coule non loin).

 

 

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

09:25 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

11/05/2019

Les mystères presque immobiles de Serge Hasenbölher

SHasenbohler.pngerge Hasenböhler, "One and One", Galerie Gisèle Linder, Bâle, du 25 mai au 13 juillet 2019.

Entravant ses natures mortes de présences intempestives, Serge Hasenbölher poursuit sa quête initiatique là où le sans grâce et le sans intérêt particulier prend un sens neuf et devient le culte d'une initiation ironique mais profonde dans l'arrangement des kits numériques que le plasticien propose.

Hasenbohler 3.jpgDes objets inanimés surgissent une fascinante étrangeté et une forme de vie paradoxale. Le moindre reste l'objet d'un culte afin que lui soit accordé une présence mystérieuse par le jeu des formes et des couleurs entre ordre et empilements.

Hasenbohler 2.jpgIl y a le sans prise face à ce qui est le plus proche et une sorte de hantise des objets. Dans leur indifférence ils gardent néanmoins une âme. Tout est insidieux et poétique en des reconstructions ou montages. Ils ouvrent  les hantises de situations, objets et lieux. Tout ce qui est donné est repris, reconstruit dans un jeu "étrange et pénétrant" (Baudelaire) entre rêve et réalité.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Je ne vois que toi (XIV)

Mennimon.jpgMiélopée

 

Tout voyeur descend du songe : il aime le bon thé négro mais surtout la rose de personne. Elle reste belle comme "la femme d'un autre" (Paul Morand). Celle dont il est question ici n'a pas lésiné pour demeurer telle. Lorsqu'elle danse, son tango sent l'argent teint.

S'offrir de nouveaux seins à la pâte de coing lui a couté la peau des fesses. Mais le flacon demeure idéal pour l'ivresse. En conséquence la tolérance oblige à ne pas nommer les imbéciles qui trouvèrent son projet idiot. Ils ont beau affirmer qu'une telle moutonne court à perdre sa laine, cela ne justifie en rien leurs vaticinations envers la si reine. 

La voir aux bains ou ailleurs est un plaisir. C'est bien moins assommant que de regarder la télévision. Même si l’éteindre souvent n’arrange rien. Sauf bien sûr à qui possède un exemplaire dédicacé de la Bible. A eux la vue des prévisions les plus difficiles : sur le futur.

Pour l'heure l'égerie des mers avance méprisant le voyeur. Il est vrai qu'avec son époux elle forme un couple parfait. Qu'on se méfie néanmoins. Le mari est jaloux : le couple se limite à une communauté réduite aux aguets.

Lheo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

(Photo : Menimon)

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