gruyeresuisse

06/07/2019

Les accords déplacés de Jean Tinguely

Tingueli 2.pngJean Tinguely, "Bricolages & Débri(s)collages", Galerie Philippe et Nathalie de Vallois, du 13 septembre au 20 octobre 2019

 

La galerie Philippe et Nathalie de Vallois - après avoir dévoilé en 2012 les "Méta Reliefs" et "Méta Matics" des années 50, puis en 2016 une sélection rare des sculptures dite de « la période des fous » des années 60 -  s’intéresse aux travaux des années 70. S'y conjugue  la fantaisie, la farce bref d'autres projets fous de montages animés et  pleins d'humour là où l'ustensile trouve un usage différent  que le matérialisme pratique auquel il semblait réduit.

 

Tingueli 3.pngSi bien que la pulsation est moins mécanique que vitale là où le ludique sans mesure ni syntaxe charrie des objets disparates afin que bouillonnent les instances classiques de représentation. Preuve que l'artiste suisse par ses récupérations reste irrécupérable. Frappant sur les tripes de fer et d'acier il fait sonner la matière pour interroger et secouer les âmes mortes.

 

Tinguely 4.pngBref il ne cesse de triturer, d'assembler, de surprendre par des accords et raccordements mal placés. Se créent l'étonnement et une forme de protestation face au monde tel qu'il est. La sculpture dans sa nouvelle discipline et ses techniques a soudain autant de cuisse que d'esprit au sein de chocs et discords qui ne cherchent plus la note bleue de l'art mais  garde comme objet à abandonner les visions fanées pour en offrir d'autres là où le dur déformé trouve un mimétisme particulier qui ramène par l'objet inerte ou en mouvements  aux profondeurs cachées.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

27/06/2019

Guy Bourdin : les renversantes

Bourdin.jpgAvec Guy Bourdin la femme est - quoique décadrée - présente dans tous ses détails. Elle devient veilleuse des songes dont la recherche photographique est là pour célébrer la sensualité et la beauté entre ombre et lumière d'où elle émerge en féeries inspirées et ironiques.

Bourdin 2.jpgChaque mise en scène devient une « invitation au voyage » baudelairienne. Le photographe crée des pièges moins pour égarer les modèles que le voyeur. La femme est un diamant serti dans un écrin de paysages ou dans un décor sophistiqué, autel érigé par l’artiste afin de célébrer sa beauté.

Bourdin 3.jpgL’harmonie érotisante est incluse dans le faisceau des forces contraires de montré et du caché. Elles fusent et infusent en une acuité sensorielle accrue, une montée de température, l’assouplissement des articulations et l’apparition des égéries qui s’abandonnent, conquises et délivrées de leur rôle dont elles jouent néanmoins. Et Guy Bourdin idem.

Jean-Paul Gavard-Perret

Guy Bourdin : L’Image dans l’Image, Campreron centre d’art; L’Isle-sur-la-Sorgue – France. Du 6 juillet au 6 octobre 2019

21/06/2019

Je ne vois que toit (LVI) Suite et fin.

Bauthiias.jpg"Tu me laisse finir comme ça ?" (Beckett)

En brave porcelet, il aura écrit pour se soustraire au monde dans une solitude vaste mais seulement après de longues années pour accomplir ses devoirs (plus ou moins mal) car il faut beaucoup de temps pour que le monde intestinal fasse moins de bruit dans sa chute.

Finalement l’absence se conjugue en gazouillis d'oiseau. Chaque ligne (telégraphiée) qu'il a laissé n’est que l'amorce d'une extension. Certes elle ne possède pas la longueur de celles qui traversaient l'océan avant que les satellites servent de sacerdoces aux squelettes des sereins gars que nous sommes.

Bauthies 2.jpgL'espace est en question sous une lune en négatif ou en germination rousse. Quel nom lui donner ? Le nom qui manque et qui remplit tout la boîte cranienne de son vide. L’écriture y disparaît peu à peu en soupirant sans se synthétiser dans une seule phrase. Ses repères grammaticaux ne pourrait espérer fabriquer une perspective linguale au temps qui passe.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Oeuvres de Marie Bauthias : Par(v)oi(e)s de distraction(s), Editions Dumerchez, 2019.

13:12 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)