gruyeresuisse

15/06/2019

Je ne vois que toit (XLVIII)

Divoy bonbon,bon.jpgGambergerie

 

Toute réflexion faite je m’étiole. Quand je le dis à Pépette elle feint la surprise. Mais depuis qu'elle m'a retrouvé elle soigne ma décrépitude et ma fin. Comment lui en vouloir ? C'est sa matière de se venger de tout le mal que je lui ai fait. "Allons, allons un peu de nerf" dit-elle en sortant de son sac viennoiseries ou gâteaux secs. Et d'ajouter : "C'est moi qui les ai faits". Elle croit sans doute me rassurer. Mais un goût acide laisse préjuger des substances mortelles qu'elle ajoute en secret.

Divo suite.jpg"Mange, mange" répète-elle-elle. Je m'exécute sans me faire prier tandis que in petto elle récite la sienne en espérant que le glyphosate fasse son effet. L’estomac plein j'ai la bouche pâteuse. Lorsqu'elle reste nous nous enfermons jusqu’au lendemain chacun avec ses rêves. Dehors des chiens crèvent et à l'étage du dessus un jeune couple s'envoie en l'air, tandis que du dedans ses gâteaux me désherbe. En bonne âme et infirmière elle patiente, attendant la trépas de celui qui fut son assassin en herbe.

Divoy suite 2.jpgNous adorions les champs où nous gardions les vaches en réfléchissant à tout et rien et rêvant de l'amour. Par inadvertance nous y avons succombé comme deux enfants ivres. Mon état d’innocence fut donc entravé par une autre nécessité d'autant qu'à ma demande elle me montra si souvent ses affaires que les miennes finirent en feu. Enfin vous voyez ce que je veux dire. Mais sitôt fait elle a pleuré de rage et de dépit. Mon halètement lui fut insupportable. Ce n'était pour moi que le premier chapitre d'un roman sans importance. Je faisais mes gammes mais à l'époque bien chanter m'importait peu. Je souffrais de bronchite avec plein de petits sifflets.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Photos de Michèle Divoy.

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14/06/2019

Je ne vois que toit (XLVII)

Cauda 3.jpgHarpe au max

Affreux, vieux et lacânier, trou duc sans bord, clos sur ce qui n'a pas de fin, pensé pendant la Seconde Guerre Mondiale et né sur un strapontin de cinéma au moment de la guerre froide. Décolonisé dans les années 60 au décorum unidimensionnel, ses géniteurs, vue l'époque, n'eurent nul besoin de financer ses fiançailles. Quand au baptême de sa marmaille elle fut un bas thème avant que de péchés empêtré il aille à confesse vu le retour en masse des aubes spirituelles. Le voici des plus des Sisyphe obscènes roulant des hosties comme des pierres en se tirant au bal comme un pied. A l'indécis nul n'est Delon, ni lui. Qu'importe les ruptures de ligaments du talent. Il soulève à bout de bras des chais de faux rhums des halles et s'habille en soutane puisque depuis quelques décennies le tout aryen est noir.

Lhéo Telle (aka Jean-Paul Gavard-Perret).

Peinture de Jacques Cauda

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13/06/2019

Je ne vois que toit (XLVI)

Cauda bon.jpgLes amoureux des havres

Je n’ai pas de secret, je sors, je m’intéresse. C’est un état d’exigence, une quête de l’absolu qui traverse mon regard même lorsque je suis saoul comme un âne. Car si j'aime les poils l'eau ne me sied pas. Quand je sors de ma douche ça fait un entonnoir noir sous les bras. Les femmes préfèrent d'ailleurs les torses haves et brillants où elles peuvent se voir tant c'est lisse et glissant. Qu'importe si de tels bustes sentent le déodorisant de chiotte enfin jusque ce que les bombes à l'ozone soient interdites. Désormais il n'y a plus que de l'air qui en souffle et chatouille les est-ce elles ?

Cauda bon 2.jpgOn rigole un peu mais plus question de sentir les sous bois dans les hâvres où les marins chantent les femmes adultères, leurs peurs, leurs blessures et leur port de reine. Avec ces super chéries nul ne craint la panne passagère. A moins de crever la durite tout va jusqu'à plus soif. Si bien qu'en rentrant chez soi il faut une bonne nuit de sommeil sans nécessaire impasse devant "The Voice" ou Michel Drucker.

Lheo Tell, (aka Jean-Paul Gavard-Perret)

Peintures de Jacques Cauda.

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