gruyeresuisse

22/07/2019

Monstre va : Buff Monster à Zurich

Buff Monster.jpgBuff Monster, "Composure", Kolly Gallery, du 15 juillet au 20 juillet 2019.

Buff Monster vit et travaile à New York City. Amateur de Metal, de crême glacée, de pop-Art, de culture japonaise il en tire ses principales influences. Sous l'aspect débridé de ses œuvres se cache une technique méticuleuse. Le plasticien est reconnu dans le monde entier entre autres par sa série de dessins et d'objets collector intitulée "The Melty Misfits". Il a travaillé aussi pour des marques telles que Disney, Converse, Hello Kitty, Samsung, Nike, Coca-Cola et bien d'autres. Il a pratiqué le street-art pendant 15 ans.

Buff Monster 3.jpgSon travail est facilement identifiable par ses formes et couleurs (celles de l'arc en ciel). Toutefois il sait expérimenter divers styles qui rappellent presque toujours la tradition du dessin animé et des "Comics". "Composure" donne un bel aspect de la production de l'artiste. Elle permet de voir aussi l'artiste entrain de créer des figures typiques et qu'il veut positives.

Toutefois le créateur ne cherche pas à ignorer le monde tel qu'il est. Il en fait parfois sa source d'inspiration mais avec une certaine distance face à ce que les graffiteurs et artistes en proposent. Et il revendique la "vieille" peinture face aux techniques numériques. Il s'en sert au besoin mais selon une approche analogique.

Jean-Paul Gavard-Perret

21/07/2019

Les mixes de Jeff Whetstone

Whetstone.jpgJeff Whetstone s'intéresse dans "Rituel de Batture", aux filtres et grilles qui près de La Nouvelle Orleans sur les bords du Mississipi retiennent tant que faire se peut "du" sol. Le photographe et vidéaste saisit ce monde éphémère de manière étrange et parfois quasiment comique. Il sollicite non seulement l’attention mais l’imagination du regardeur.

Whetstone 2.jpgLe photographe fige le passager, l'aléatoire. Tout se succède en une suite de «tableaux» sauvés des eaux et d'où surgissent parfois quelques figures du zoo humain. Une succession de figures polymorphes et hybrides ne résolvent en rien la question du motif. La "Batture" souvent balayée et transformée devient une terre cyclique, toujours provisoire, sauvage et alluviale. A côté, des famille pêchent pour se nourrir là où passent d'énormes porte-conteneurs.

Whetstone 3.jpgCe lieu est donc moins une ligne de démarcation qu'une bordure interlope où s'agglutinent toutes sortes d'existences et de présences. L'artiste explore cette zone interstitielle de manière nocturne pour ajouter un mystère au mystère par des lumières obliques où se distinguent au loin des navires et en gros plans un poisson-chat émietté couvert de mouches dont elles deviennent la parure. Au centre de cette série se trouve une vidéo de 24 minutes. Elle évoque la vie au bord du fleuve pendant une journée de manière attentive et là encore imprévue.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

17/07/2019

Claudine Loquen : princesses en cavalcades

Loquen.jpgEntre sculptures et peintures Claudine Loquen ne cesse de nous porter vers un monde des songes. Le rêve est fait pour dénouer les cauchemars du réel par un vigoureux instinct vital et via le stupre inconscient des préludes aux amours enfantines. 

 

Loquen 2.jpgIl suffit d’accepter de suivre les princesses de l'artiste car (à l'inverse de celles des gogol gothas des cours d'Angleterre ou d'ailleurs) elles mènent bien plus loin et dans des lieux qu'ignorent l'art du temps. La plasticienne poursuit ses vagabondages hors des bourrasques mais en fidélité notoire avec une douceur et une alacrité. Elles emportent afin que le charme et la joie de vivre s'infuse.

Loquen 3.jpgLe désir, la peinture devient une même force qui va. Pour autant Claudine Loquen ne réduit pas le regardeur à l'état de voyeur en jouant sur l'ambiguité des impubères et les fantasmes douteux. « Le ça voir » est tout autre : les Princesses viennent rappeler que l’être a tord de souffrir et que la terre est bien plate loin des replis du songe. Ici - les princes charmants remisés - les fausses dormantes suffisent à réanimer les contes parcheminés : ils remontent, ils respirent. Qu'importent si les loups noirs rêvent de les croquer : leur carotène les rend bêtas. Ils ne peuvent rien face à des féminités plus (im)pertinentes qu'eux.

Jean-Paul Gavard-Perret

Claudine Loquen, "Peintures et Sculptures", Espace Culturel Franklin Roosevelt, Agon Coutainville, du 13 au 24 juillet 2019.