gruyeresuisse

22/06/2016

Les Insolents Plonk et Replonk


Plonk 3.jpg« Plonk & Replonk + Andrea Barciela » Au LAC de Vevey jusqu'au 31 juillet 2016, en collaboration avec Swissachtung.ch.


Les éditeurs de la Chaux de Fonds Plonk & Replonk, sont déclarés d’ « inutilité publique » depuis 1997. Ils se posent provisoirement au LAC avec leur nouveau Bestiaire non surveillé. Décalés et impertinents, ils viennent néanmoins déclarer allégeance aux neuf muses monumentales du jeune artiste Andrea Barciela. L’humour particulier et absurde de leurs fameux photomontages d’inspiration rétro, leurs anciens livres, leurs cartes postales ou encore leurs Nains Bétonnés fait merveille.


Plonk.jpgLes deux compères proposent des visions qui échappent à toute logique. De fait l’imaginaire repose ici sur le réel par modification de point de vue et de prise. Spécialiste des détournements et autres vacations a priori farcesque leur travail ne peut que réjouir. L'impossible devient possible. Les « niches » des iconoclastes ne manquent jamais de chiens. Ils jouent les artilleurs afin de suggérer combien les bienfaits tournent à la férocité. Des raies alitées produisent des crimes et pas seulement pour ceux qui en des alcôves suaves savourent leur Darjeeling dans des tasses athées.


Jean-Paul Gavard-Perret

05/05/2016

Mises en boîtes et autres plis : Polly Penrose

 

Penrose.jpgPolly Penrose plie le corps pour les emboîter dans divers lieux en ce qui tient – pour ses modèles - de la performance. Partant de la formule de Beuys "nous sommes des œuvres inachevées » l’artiste aménage les corps nus pour habiller l’espace. Il devient poétique selon des poses incongrues qui le structurent de « surface de réparation ». Polly Penrose exclut néanmoins la manipulation, la séduction et la provocation, bref de tout ce qui engendre du factice, du factuel, de l'évènementiel sous lesquels l’art croule dans bons nombres d’aventures qui ne sont que du tourisme.


Penrose 2.jpgSes décalages et surprises emportent loin du conformisme par un "contingencement" (Didi-Huberman). Il éloigne du pragmatisme comme d'un pur état d'âme au profit d’un parfais expressionnisme drôle et paradoxalement quasi abstrait. Sortant le corps de sa clôture et de ses rôles l’art fait lever un monde dans la grotte mentale par l’émotion travaillée, sertie, développée. Celle-ci possède la puissance de recourber le néant en créant des seuils franchissables vers ce que l’on peut appeler une forme d’espoir en des abîmes farcesques creusés au fil du quotidien.


Jean-Paul Gavard-Perret

28/02/2016

Flamme brûlante au milieu d’un triangle de glace : Paul-Armand Gette

 

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Paul-Armand Gette reste un bouilleur de cru et un brouilleur de cartes. Il prépare de manière la plus soigneuse ses photographies aux fruits inattendus et qui n’ont rien de pétrifiés quel que soit leur âge. L’artiste cultive l’audace et reste à la recherche des sensations primitives. Le tout dans une sorte d’humour qui n’exclut pas au contraire une forme de cérémonial transgressif. Dans la précision formelle et à chaque époque de son œuvre Gette demeure un géomètre et un cavalier. Elle crée un obstacle au pur jaillissement, à la jubilation prématurée auxquels Gette inclinerait par sa sensibilité romantique. Il l’atténue d'un l’humour intempestif.

 

gette 3.jpgSon « toucher » qu’il soit du modèle ou de tout autre sujet le prouve. Sa main glisse sous l’élastique d’un slip féminin et laisse apparaître le foisonnement d’une toison. Mais parfois ce n’est pas la fréquentation des nymphes qui suscite un plaisir affriolant. Néanmoins Gette met toujours la main à la pâte… pour dit-il  « apporter sa petite contribution à la mythologie et à l’art ». Il s’extrait des histoires de famille des dieux antiques et préfère dériver sur les déesses et sur la virginité de Diane. Mais chez lui la mythologie n’a rien de marmoréenne : elle est incarnée. Ce qui l’intéresse restent les chairs roses d’une fraise écrasée sur une peau très blanche à proximité de la toison plus avenante que celle qui, jadis, fut d’or.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Paul-Armand Gette, « Le Toucher », Portfolio édité par URDLA, Villeurbanne.