gruyeresuisse

09/11/2019

Yann Gross et Arguiñe Escandón : explorations

Gross.jpgYann Gross et Arguiñe Escandón, "Aya", Galerie Wilde, Genève, du 17 novembre 2019 au 9 janvier 2020.

A la suite de la découverte d’une carte postale de l'Amazonie imprimée en 1900  où figure Charles Kroehle, "mystérieux aventurier et photographe alsacien disparu dans la jungle péruvienne à la fin du XIXéme siècle", Yann Gross et Arguine Escandon ont commencé leur collaboration.

 

Gross 2.jpgDe la Suisse à l’Amazonie (et retour), ils ont procédé à des cérémonies chamaniques, des séances de photographie, des recherches et expérimentations sur les capacités photosensibles des plantes médicinales de l'Amazonie. Les deux artistes proposent une réflexion sur la notion de progrès sans tomber dans la mythologie de l’altérité, la quête de l’exotisme ou la croyance «engagée» qu’il existerait dans cette zone une société primitive à sauver.

Gross 3.pngL'exposition présente des photographies, des œuvres sur papier développées et une installation immersive inspirée par les usages en Amérique du Sud de plantes psychotropes. Ce "jungle show" offre ainsi un voyage très particulier propre à rectifier des idées reçues par  un travail où l'imaginaire est sans faux-fuyants et dénué de tout romantisme factice.

Jean-Paul Gavard-Perret

08/11/2019

Max Aub et les enrhumés

Aub.jpgMax Aub, "Manuscrit corbeau", trad. de l'espagnol par Guillaume Contré, Héros-Limite, Genève, 2019, 128 p., CHF 22,40 E..

 

Max Aub a su ce qu'il en fut de l'exil. "Propriétaire" de quatre nationalités (française, allemande, espagnole, mexicaine) il fut l'ami de Dali, Lorca, Bunuel et Picasso. Il aura été à l'origine de son "Guernica" et co-scénarite de "Sierra de Teruel" de Malraux. L'auteur dut fuir l'Espagne suite à la défaite des Républicains.

 

Aub 2.pngIl se retrouva interné en France au camp du Vernet puis, en tant que juif, dans celui de Djefla - ce qui le sauvera de Dachau et d'une mort problable qu'un tel livre anticipe. Les éditions Héros-Limite publie la seconde version de ce "Manuscit",  témoignage absolu et qui scénarise un Corbeau biblique et prophète.

 

Aub 3.pngLe volatile - le plus intelligent des animaux - met en évidence les aspects les plus terribles des "animaux qui s'enrhument". A savoir les renards et les loups qui limitent les autres aux rangs de poux parmi les millions de ceux qui grouillent dans leur couche ou ce qui en tient lieu au milieu de la merde. Chacun fait ce qu'il peut - jusqu'à enfiler les pieds nus dans des charognes - afin de "tenir". Le langage est d'une puissance rare. L'humour lorsqu'il est là glace le lecteur. Tout le destin des hommes est présent. Dire que c'est terrible serait un euphémisme.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

07/11/2019

Marion Baruch l'attentive

Baruch.jpgMarion Baruch, "Résonances", Galerie Laurence Bernard, Genève, du 16 novembre 2019 au 11 janvier 2020.

Pour sa seconde exposition personnelle à la galerie Laurence Bernard, Marion Baruch ouvre toujours son travail de poésie et d'interrogation dans une forme d'appréhension du vide par effets de subtils rehauts.

Baruch 2.png

C'est une manière d'aborder l'inconnu de l'ici même et de l'ici bas et leurs rivages que l'artiste aborde comme une exploratrice qui aperçoit une terra incognita. Elle cerne des horizons mystérieux, des "côtes" farouches mais parfois avenantes et hospitalières.

 

 

Baruch 3.pngL'artiste les atteint par penchant et par inspiration en une forme de sympathie avec tout ce qui reste. La découverte est au rendez-vous. Preuve que Marion Baruch reste une curieuse qui attend quelque chose sans raison raisonnable voire qui se jette dans le vide vers des ondes profondes et leurs échos accueillants.

Jean-Paul Gavard-Perret