gruyeresuisse

22/09/2018

Jane Ward du chromo au féerique

Ward.jpgJane Ward, « In These Solitudes -Travaux récents », Galerie le Salon Vert, Genève.

A la croisée de la photographie, de la peinture et des techniques numériques, l’artiste anglaise Jane Ward après sa résidence à Trélex (Vaud) au mois de septembre présente à Genève ses nouvelles œuvres paysagères.

Ward 2.jpgAu départ il y a le chromo dans tout ce qu’il peut sembler surfait et kitsch. Mais l’artiste ne s’arrête pas en si mauvais chemin. Elle transforme les histoires de goût douteux en féeries fabuleuses et glacées où le regard se perd.

 

Ward 3.jpgL’image se métamorphose. Ses turbulences nous guettent. Si bien que les paysages basiques sont repensés là où la feinte de réalité ne se pose pas sur le regard comme la vermine sur notre dos. Jane Ward la réveille par les « termes » d’un espace dont l’instrumentalisation primaire est renvoyée aux calendes grecques. A nous d’en faire bon usage et de nous laisser emporter.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

18/09/2018

Yannick Bonvin-Rey : une histoire de soupirs

Yannick Bonvin-Rey, "Peinture et encre", Galerie Marianne Brand, Carouge, du 20 septembre au 18 octobre 2018.

Bonvin.pngYannick Bonvin-Rey, à travers ses différentes techniques, crée des images qui ne sont pas que surfaces ou peaux. L’artiste entame une desquamation et un tatouage loin de toute posture psychologisante. L’abstraction tend moins vers le ciel que la terre.

Bonvin 2.pngLa créatrice y souffle le froid et le chaud. Le souffre n’y est plus mortel. Et si les images et les techniques sont choisies par souci d'économie sémantique, elles le sont aussi pour la rythmique qu’elles génèrent et les opérations qu’elles permettent.

 

 

Bonvin 3.pngSe méfiant des effets de décor dans lesquels ceux qui se prétendent des envoûteurs croupissent, Yannick Bonvin-Rey est à la fois plus humble et plus profonde. Elle tire des sépulcres  des formes en résurrection. Par souffles obscurs elles reviennent à la lumière en sortant des bouches d’ombres.


Jean-Paul Gavard-Perret

16/09/2018

Delphine Renault : montagne et abribus

Renault.jpg

 

Delphine Renault, « Le phare du Delta », Galerie Zabriskie, Genève, du 21 septembre au 6 octobre 2018.

Dans la plus originale des galeries de Genève, Delphine Renault continue d’interroger la manière dont le paysage se construit en ses représentations. Et le choix d’un tel lieu est significatif. L’artiste est comme impliquée dans la ville qu’elle transforme à son échelle physiquement et symboliquement.

Renault 2.jpg

 

La plasticienne crée toujours un rapport entre ses images et le lieu de leur exposition en introduisant une transposition de signes et de métaphores pour construire des émergences paradoxales sous l’apparente simplicité minimaliste impertinente, drôle et énigmatique. S’y instruit un système de combinaisons formelles et conceptuelles propres à de solliciter l’imaginaire et la réflexion des passants.

 

Renault 3.jpgUne sorte d’apparent degré zéro de l’image – dont l’humour discret n’est pas absent - devient l’interface où un système de coordonnées abstraites du plan ou de la carte prend pied dans le concret. Il représente le point de capiton où une image mentale se compose afin de dresser une matérialité décalée du paysage.

Jean-Paul Gavard-Perret