gruyeresuisse

02/05/2022

Le vandalisme de Pierre Alechinsky

Alechi.jpgPierre Alechinsky, "Blanc sur noir et autres couleurs", Galerie Sonia Zannettacci,  du 5 mai au 9 juillet 2022.
 
Vingt-six monotypes (avec remarques marginales soulignant l’image centrale) composent l'alphabet alechinskien qui compose  le cœur de l’exposition. Elle se complètent de peintures et estampes "à marginalia".
 
Pierre Alechinsky est devenu un des rares peintres dont se reconnait la "marque" hors des cercles artistiques.  Sur le papier pelure posé à terre les couleurs et les formes emplissent le support sous forme de répétitions ou plutôt de variations. Il s’agit pour le créateur de tracer, tracer encore en induction à la qualité (bonne ou mauvaise) du support en disposant du temps (court ou long) dans le silence ou la musique afin d’accueillir l’image sans l’appeler, sans d’idées préconçues.
 
Alecchi.jpgPour lui et comme il le dit, il s'agit de « laisser venir, connecter ». Voilà donc la seule certitude du peintre bruxellois : ne pas refuser le geste, ne pas faire preuve d’une prudence trop grande tout en contrôlant ce "vandalisme" issu de l’intérieur mais afin que chaque travail soit une fête.
 
Jean-Pau Gavard-Perret

01/05/2022

Les présences de Fabien Marti

Wilde.jpgFabian Marti, "Vide tentaculaire", Wilde, Genève, du 12 Mai au 1er juillet 2022.
 
Fabian Marty présente la nouvelle série de sculptures en argile ainsi que des œuvres époxy et jet d’encre montées sur l’aluminium. Il poursuit une exploration continue de l’archéologie contemporaine et personnelle à partir de divers procédés en se préoccupant comme créateur ou curateur du design de chaque exposition.
 
Wilde 2.jpgSujets ou motifs viennent de l’histoire de l’art officiel, des civilisations, de l’art populaire. Mais Marti va chercher tout autant les "états" capables d'explorer sciences, littérature, psychologie, perception des phénomènes mentaux et subconscients.
 
L’artiste joue de l'ordre et du désordre. Il crée des déploiements où l’espace semble  indépendant des "objets" qui s'y trouvent. Ne restent que contours, volumes, formes à la tactilité feinte. Il s'agit toujours de combattre le vide sans pour autant que puisse se distinguer de véritables objets mais juste quelques indices plus ou moins évidents de divers types de "présences".
 
Jean-Paul Gavard-Perret

26/04/2022

Eva von Rohr chercheuse d'infini

brand 2.jpgEva von Rohr, "Sculpture - Mouvance infinie", Galerie Marianne Brand, Carouge Genève, du 30 avril au 22 mai.
 
Eva von Rohr accorde à la sculpture toute sa légèreté. La fixité se déplace vers d'autres possibilités. L’image en 3 D gagne de nouvelles dimensions. Elle échafaude une esthétique et une dynamique nouvelle tant la créatrice déborde d’invention et d’énergie même si son approche reste souvent minimaliste.
 
Brand.jpgLes formes se font plus graves et hantées par les dilemmes de leurs propres possibilités. Toutes sont animées d’un profond mouvement intérieur. S’y mêlent librement les signes d'une mémoire imaginaire et poétique. L'art quoique austère reste chaleureux, fertile et cherche à toucher  des éléments fondamentaux que l’on peut partager afin d’entrer en contact avec ce que nous avons tous en commun. Entre autres l'aspiration à ce qui nous dépasse.
 
Brand 3.jpgL'albâtre dans des anneaux de Moebius permet de toucher à l'infini et à l'ineffable par le travail de la matière. Se voulant simples et épurées de telles oeuvres questionnent l'évidence de notre perception. Le tout dans des jeux d'ombres et de lumière. Ils donnent une vision rêvée de l'âme et de ce qu'elle espère.
 
Jean-Paul Gavard-Perret