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15/03/2020

Irène Zurkinden : itinéraires urbains

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Irène Zurkinden souhaitait devenir styliste. Dans ce but elle s'inscrit à l’École des arts et métiers de Bâle où elle s'initie au dessin avec Albrecht Mayer, à la théorie des couleurs avec Arnold Fiechter, aux estampes avec Fritz Baumann. Elle crée d'abord des portraits peints d'après nature dont le regard s'enfuit mais dont les traces persistent.

 

Zurkinden 2.jpgElle entreprend très vite un premier voyage à Paris, vit avec Meret Oppenheim dont elle est devenue amie et passe aux peintures de paysages urbains très impressionnistes. Elle partage sa vie ensuite entre Paris et Bâle. Elle y devient une portraitiste recherchée  liée à de grandes galeries de la ville dont la Beyeler qui lui consacre une exposition.

 

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Elle épouse le musicien de jazz Kurt Fenster avant de retourner en Suisse. Elle participe aux expositions du Groupe 33 et ses oeuvres sont de plus en plus influencées par le surréalisme. Après la Seconde Guerre mondiale, Irène Zurkinden  partage à nouveau sa vie entre Bâle et Paris, conçoit des costumes et des décors pour le théâtre de Bâle et de nombreuses illustrations de livres.

 

 

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L'artiste n'a cessé de travailler dans un processus créatif en constante évolution sur la saisie de corps et des paysages. Elle mériterait une grande rétrospective afin de redécouvrir en particulier ses pièces des années 30 et 40. Et ce afin de réévaluer une créatrice trop méconnue eu égard sans doute au statut de la femme artiste par rapport aux hommes. Et ce autant pour ses compositions que ses figures, ses dessins que ses peintures.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

Joanna Concejo : Loup y es-tu ?

concejo 3.pngPar un mélange de réalité et de sa biffure Joanna Concejo poursuit un travail impertinent de dé-figuation autant de son propre héritage d'images que d'un corpus plus général. Le surréalisme et un art faussement naïf ou enfantin ne sont jamais loin. De la gamme pléthorique du monde l'artiste vide partiellement l’espace. D’où, une vision qui en isolant le fond contextuel prouve que qui que nous soyons, nous sommes autant de partout que de nulle part.

Concejo.pngDes éléments orphiques et divers mixages et biffures se répondent. Des actes demeurent en suspens de l'enfance comme de ses contes et souvenirs. D’où la présence de lieux hybrides et inconnus, entre envolée et précipice. Les inscriptions premières du réel se trouvent décalées : la pérégrination vers le passé peut devenir un retour vers la vie en divers caviardages et montages.

concejo 2.pngC’est pourquoi la matière poétique générée par la créatrice d'origine polonaise n'est pas une simplification de la vie mais son approfondissement. Joanna Concejo par ses images prouve que si les mots ne font pas forcément défaut leur comment dire cache un comment ne pas dire. Et le dessin en un tel envoi peut devenir nouvelle affirmation de la poésie lorsqu'elle accepte le risque de passer de l’endroit où tout se laisse dire jusqu’au lieu où tout se perd en une fin de non recevoir là où s’extrapole, en fantaisie,  le temps et la mémoire. 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Joanna Concejo, "Ne le dis à personne", (texte de Rafael Concejo), Editions Format.

12/03/2020

Femmes entre elles au Musée Jurassien de Moutier

Jura.png"Entre femmes ! Les collections du musée", Musée Jurassien des Arts de Moutier, du 15 mars au 8 novembre 2020.

Dans sa tradition d'expositions thématiques, le Musée Jurassien apporte sa pierre au rééquilibrage de la présence des femmes dans l'histoire de l'art. Et ce, dans le but de contrebalancer des statistiques nettement en leur défaveur et afin de faire évaluer les mentalités et les représentations féminines.

Jura 3.pngBrigitte Jost, Daniela Keiser, Mireille Henry, Jeanne Chevalier et une vingtaine de leurs consoeurs illustrent les visions autant du corps, du paysage que de l'étrange. Toutes ces oeuvres questionnent la représentation et ses techniques à l'image de la vidéo "Kunstpillgerreisse" de Marinka Limat dont la performance est un pèlerinage sur les lieux d'art de Fribourg à Berlin afin de s'y faire bénir. Mais au nom de l'art.

Jura 2.pngSe découvrent aussi des assemblages étranges où les artistes femmes se montrent très sensible à l'autre comme dans les dessins de rite de Romana del Negro. Le corps féminin garde toute sa place au moment où il est "pris" par un regard féminin - celui d'Anouk Richard par exemple qui le désacralise sans le réduire à une simple apparence libidinale. Toutes ces artistes femmes optent pour un «je», détaché de l’égo et en conséquence propre à opérer un tutoiement  conséquent : celui de la vie et de la réalité.

Jean-Paul Gavard-Perret