gruyeresuisse

09/05/2019

Stéphanie Serra l'indépendante

Serra bon 2.jpgStéphanie Serra, "Through the Words of Others", Finck Editions, CHF 15, 2019.

Publié avec le soutien de la Ville de Lausanne, le Canton de Vaud et de la Fondation Jan Michalski, ce livre est celui d'une femme libre. Ses choix et de son parcours original le prouvent. Stephanie Serra plus que de se mettre en avant-scène dans une propension  de l'égo cherche à travers les mots des autres et leurs oeuvres comment l'art dialogue avec le présent. Existe donc "une méthodologie de l'agencement" dans un "entretien" avec les créateurs comme les lecteurs.

Serra bon.jpgL'entreprise est originale, non sans grâce et impertinence et sans les moindres "chichis". La réflexion est profonde et astucieuse. Elle crée un double mouvement entre l'auteure et les arts, entre elle et le lecteur. Elle montre la lumière perceptible dans l'obscurité mais tout autant l'obscurité qui apparaît dans la lumière et comment cela se crée. Pour le comprendre, le saisir il faut s'arrêter devant un tel livre épouser ses puzzles et mouvements ou plutôt s'y laisser prendre.

Jean-Paul Gavard-Perret

Lancement du livre : Circuit, centre d’art contemporain, Lausanne, le 10 mai 2019

08/05/2019

Anaïs Wenger : tout feu, tout glace

Wenger bon.jpgAnaïs Wenger, "Etoile", Centre d'Art Contemporain, Genève, du 16 au 22 mai 2019.

"De même que la romancière Zelda Fitzgerald se lançait à corps perdu dans la pratique intensive du ballet pour devenir danseuse étoile, Anaïs Wenger a décidé de changer de mode de vie le temps de sa résidence au Centre d’Art Contemporain Genève." Sur la patinoire des Vernets à Genève elle a créé un film très particulier entre documentaire à la fiction.

Wenger bon 2.pngL'artiste s'est associée à Sayaka Mizuno, cinéaste et ancienne championne Suisse da patinage pour réaliser le "Etoile", sa première expérience cinématographique où des sportives explorent non sans risques des figures inédites.

Wenger Bon 3.pngPour Anaïs Wenger la patinoire incarne le lieu fabriqué afin de reproduire les possibilités d'espaces ailleurs libres et naturels. Il s'agit à la fois de glisser sur la glace comme de la briser. S'instaure le rêve de qui cherche à devenir "ailé" dans la quête de la performance et de la perfection.

Wenger 4.jpgAnaïs Wenger ouvre ce "miroir" où l'être doit offrir un spectacle aussi attendu que mystérieux à la recherche de l'exploit en des entrelacs presque dénoués, des vagues qui s’étendent même quand le présent se fend là où toute effraction laisse une trace, une errance programmée. Existe là une quête de la représentation de la femme en une perfection imposée. Le corps féminin n’est plus un objet : il devient une étoile aussi filée que filante en ses défilés, sa présence.

Jean-Paul Gavard-Perret

05/05/2019

Anja Niemi : résistance aux normes

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Anja Niemi joue avec les codes inclusifs d'une photographie programmée qui réduit la femme à un fétiche ou un usine à fantasmes. Plus que de beaux discours de belles images conviennent. Il suffit que leur monstration biaise les attentes.

 

 

 

 

 

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Les égéries deviennent les sujets propres à démystifier certains ajustements. Elles sont là pour introduire du leurre dans le leurre, de la fumée dans l'enfumage. Sans assises sinon débôitées, le corps à la fois rentre en lui et en sort de manière intempestive. Il devient un indice créateur d’ouverture par l’audace et la résistance d’une écriture photographique qui ne fait plus de la femme un simple support mais un manifeste de l’anticonformisme dans la vision de la femme et de ses attraits.

 

 

Niemi 2.jpgL'accroche esthétique passe par un glamour particulier et corrosif. Sa norme classique passe à la trappe sans pour autant que négligée la beauté. Mais elle est là pour parasiter des standards par effet de créativité.

 

Jean-Paul Gavard-Perret