gruyeresuisse

26/08/2019

Morgane Tschiember : du jeu dans le jeu

Tschiember.jpgGalerie Laurence Bernard, Genève.

 

Morgane Tschiember interroge la pratique artistique à travers de multiples médiums. Peintre, céramiste, vidéaste, photographe, sculptrice elle utilise les matériaux en divers formats : de petits objets en céramique, verre, métal, bois ou de synthèse à l’installation monumentale selon des bifurcations simultanées ou des aller-retour successifs.

 

 

Teschiember 2.jpgAu coeur des matières s'immiscent parfois des leurres du leurre. C'est une manière moins de les "farcir" que de les doubler et quel qu'en soit le genre ou la nature afin de "légender" la réalité. Celle-ci devient "confondante". L'espace de la représentation par les mixions crée des chassés-croisés en un mimétisme particulier aux effets remarquables.

 

 

 

Tschiember 3.jpgCelle qui a travaillé avec Olivier Mosset et Gordon Douglas ne cesse de jouer avec diverses feintes pour s'approcher du coeur palpitant des choses et leur image. Ces multiples entrées rapprochent et éloignent par des hybridations qui "appuient" subtilement sur bien des niveaux de perception. Et ce dans un "luxe" fléché vers un "in tenebris lucet".

Jean-Paul Gavard-Perret

21/08/2019

Lucie Stahl : partir

Stahl.jpgLucie Stahl, Fri Art Kunsthalle, Fribourg.

 


Lucie Stahl travaille souvent à partir d’objets anodins  qu’elle numérise, imprime au jet d’encre puis recouvre de polyuréthane en une sorte de mise à distance picturale. Le scanner est ici un outil qui encode tout. Parfois aussi bien les doigts de l’artiste au travail que le volume.

 

 

stahl 2.jpgLa plasticienne révèle l’impact d’un monde en crise et encombré de productions manufacturées. Mais parfois elle ne se  contente pas d'un simple constat. Jouant d'une sorte de romantisme elle se permet - par exemple avec son "sailor" - de quitter le temps et ses processus d'asservissements pour un autre univers et ce, de manière allusive. Elle suggère, sans jamais refermer le sens, car le priver de son ombre serait le mutiler. En conséquence son marin n’est d’aucun lieu, il part.

Stahl 3.jpgL'artiste, comme lui, refuse de camper dans un seul "sac". Elle réanime l’envers de l'image - ce qui paraît être le travail fondateur de l'art d'aujourd’hui: nous aider à être au monde autrement. L’actuel, le nôtre, qui tel Kronos, n’hésite pas à manger ses propres enfants… Si bien que son marin cherche l’oubli dont il émerge et qu’il voudrait ramener comme un nageur ramènerait la mer.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

19/08/2019

La vie en rose selon Nici Jost

Jost.jpg"Nici Jost | To be continued….", Balzer Projects, Bâle, du 18 juillet au 24 août 2019. et "Instinctive Desire", Volume 8 de la serie Primeur, Editions Fink.

Jost 2.pngInstallée à Zurich et Bâle, la canadienne Nici Jost est une praticienne de la photographie conceptuelle. "To be continued..."  présente ses photos et le livre "Instinctive Desire" qui fait le point sur son parcours et  dont un essai analyse le rôle du rose dans son oeuvre.  Par cette couleur la plasticienne explore les tensions entre la technologie et la nature, l'espace et la perception et ce non sans humour dans ses transfiguration. Ce travail multimédia est induit par les construction sociales dans lesquelles chaque individu est imbriqué.

 

Jost 4.jpgQuand le "rose est mis " il devient le référent de son travail. Nici Jost en explore la puissance psychologique, sociale au sein de l'art, de la poésie et de la littérature. Pour elle cette couleur polarise beaucoup plus que toutes les autres du spectre optique par les imbrications sociopolitiques, genrées et symboliques qu'elle suggère.

 

 

Jost 3.pngLes photos conceptuelles de la créatrice superposent différents éléments pour attirer l’attention sur le processus même de création photographique et offrir un «commentaire optique» ludique sur la vérité et l’illusion. Les expérimentations interrogent le médium et rejettent l’illusion de réalisme au moyen des parodies critiques que le rose produit et qu'il entretient dans son rapport au monde en tant que chambre dans l'énigme de l'obsession comme de l'écart.

 

 

Jean-Paul Gavard-Perret