gruyeresuisse

17/08/2020

Casey Affleck : père voici ta fille

Afflecj 3.pngDans un monde post-apocalyptique les femmes ont toutes disparu. Sauf une. Son père va tente de  la sauver. Mais il ne s'agit pas d'un film sur une épidémie. La dystopie invite à accompagner les fuyards  et faire partager la peur d'un père caché dans une forêt.

Affleck 2.pngLe réalisateur se concentre en effet sur la relation des deux protagonistes en un film à la fois anxiogène mais ouvert dans l'effort pour maintenir une innocence face au chaos. Cette fable manque un peu d'ampleur et de suspense. Tout reste néanmoins sensible mais un peu long. L'ensemble reste mystérieux mais non sans âme et intérêt. Quelques détails référentiels sont astucieux (avec le personnage de la mère en flash-back).

Afleck.jpgCasey Affleck fait de son film une réponse aux attaques qui lui furent portées à Los Angeles. La fiction parle de l'égalité des genres et s'élève contre la violence des prédateurs. Rien que pour cela le film est convainquant même s'il n'est pas du niveau de ceux de Gus Van Sant, modèle du créateur.

Jean-Paul Gavard-Perret

"Light Of My Life" de Casey Affleck.

14/08/2020

Guido Guidi : bordures

Guidoi 3.pngGrand maître de la photographie italienne Guido Guidi échappe à la règle commune en se promenant sur de grands chemins de nulle part afin de crée run film muet où le temps semble arrêté et où les ombres jouent avec le réel et la lumière.

Marcello Galvani a tiré des archives du photographe italien 94 clichés petits formats en couleurs, la plupart inédit. C'est le moment où il quitte la photo noir et blanc irrévérencieuse pour explorer la couleur et le réel qu'il traitera ensuite en grands formats.

Sguido.png'intéressant à ce que les autres photographes laissent sur le bord des routes, Guidi en retire une magie aussi néo-réaliste que poétique et souvent ironique. Tout dans ce travail est subtil et prouve l'importance d'un tel créateur dans la photographie mondiale.

  • Guido 2.jpgLes murs écaillés font la nique aux ongles du vide, des arbres froissés semblent ébaucher un signe de la main. A peine effleuré l'espace défie l’éphémère près de la courbure du corps ou d'une ombre portée afin que s’épanchent des possibles là où l’illimité vertige de la provocation prend chez l'Italien un nouveau sens.

Jean-Paul Gavard-Perret

Guido Guidi, "Tra l'altro, 1976-81", Mack Editions, Londres, 2020.

13/08/2020

L'immobilité qui déplace les lignes : Lea Avital

Avital.pngLea Avital est une des grandes artistes de la scène israélienne. Elle crée à travers ses sculptures aussi minimalistes que baroques - ce qui paraît un paradoxe - des présences qui intriguent. Entre torsions, plis comme à travers des ready made le monde est inquiétant là où jouent le mouvement et l'immobilité.

 

Avital 2.pngRiche de tout un background culturel, l'artiste crée des pièces qui génèrent de nouvelles connexions avec la réalité. Le travail et sa structure sont parfois mis en évidence mais parfois les oeuvres parlent par elles-mêmes pour distiller des sensations mystérieuses d'un fort potentiel que l'artiste active.

 

Avital 3.pngChaque pièce dans sa torsion, son élasticité et des mouvement épouse l'espace sans s'y enchainer. Tout reste léger là où la plasticienne crée un monde dont la "tonalité" ne cesse de surprendre par une telle poésie de l'espace.

Jean-Paul Gavard-Perret