gruyeresuisse

01/05/2021

Les cavités résonnantes de Louisa Clement

Clement.jpgLouisa Clement vit et travaille à Bonn où elle est née. Elle a déjà exposé dans diverses institutions et musées européens et son travail fait partie d’importantes collections à Marseille, Amsterdam, Atlanta, Zurich etc.. Son travail se fonde sur la notion d'identité au moment où notre monde est confronté à de nouvelles formes de communication, de normalisation et de reconnaissance via le numérique.
 
Clement  2.jpgDans sa série "Avatar, Disruptions, Gliedermensch and Heads"  des mannequins élégants deviennent des sujets visuels et conceptuels, symboles de la déshumanisation des corps et des prophètes de l’anonymisation causée par la sérialité et l’aliénation. Ces figures incarnent l’absence de vie mais conservent un physique palpable.  Avec "Transformationsschnitt", des pierres vitrées noires ressemblent à des fragments de météorites pleins de délicatesse et de pureté. Mais ils sont constitués des résidus d’armes chimiques de la guerre civile syrienne.  Pour "Mold", le bronze noir d’une poupée  devient le modèle d'une nouvelle génération de jouets sexuels. Elle mémorise les préférences des utilisateurs pour interagir avec eux. "Resonating Cavity" est une installation vidéo basée sur le concept d’une poussée intérieure entre l’humain et l’humain ainsi que l’homme et l’espace. L’installation comprend des chambres vertes, des salles de pas perdus,  etc. en vidéos. Chacune est une réponse ou une réaction et une action qui relie les différentes œuvres qui sont montrées.
 
Clement 3.jpgA travers la photographie, la vidéo, la sculpture, l’installation Louisa Clement souligne combien le virtuel a depuis longtemps dépassé sa propre sphère. L’individu et la réalité échappent à leurs paradigmes traditionnels. L’objectif essentiel de la créatrice est de dissoudre des structures définies en un balancement constant de son travail entre abstraction et figuration  pour imiter un sujet noyé dans l’état fluctuant et en réseau de notre époque
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
ZAZ Corner’s In Between: 41st Street et 7th Avenue, New York, 1er mars - 30 avril 2021.
 

29/04/2021

Les potentiels narratifs de Lyz Parayzo 

Parayzo.jpgLyz Parayzo, "Porno chic",  galerie Espace_L, Genève, jusqu'au 2021. 

Le titre de l'exposition est issu du nom d'un livre de contes érotiques de l'écrivain brésilienne Hilda Hilst. Dans l’un de ceux-ci ("Le carnet de roses de Lory Lamby") l'artiste a découvert une atmosphère singulière qu’elle recrée au sein de son exposition où elle génère des pulsations de désir et de violence, d’attraction et d’autodéfense mais selon des narrations très particulières.

Parayzo 2.jpgL'exposition rassemble des œuvres de différents moments de sa carrière. Dont deux photographies de sa série censurée lors d'une présentation antérieure "Secagem Rápida", une vidéo ("Papai está descansando) créée à partir de ses lectures  du livre  "Manifeste Contra-sexuel" du philosophe Paul Preciado) et des sculptures en aluminium issues des séries Bixinhas,  Móbiles et PopCretinhos selon des détournements des productions du courant néo-concrétiste brésilien (Lygia Clark). 

Parayzo 3.jpgPar ces différentes approches (installation vidéo, sérigraphie, sculpture, photographie), l'artiste renouvelle sa lecture critique des traditions modernistes et ce, dans une vision plus narrative et biographique, les questions de genre et de politiques identitaires. Une telle aventure visuelle est spectaculaire et détourne de toute modernité de façade.

Jean-Paul Gavard-Perret

Odyssée de l'espace : "Comment quitter la terre?"

Espace.jpgJill Gasparina et Christophe Kihm, "Comment quitter la terre?", Live in Your Head, Genève, du 1er avril au 8 mai 2021
 
 
Sous le commissariat de Jill Gasparina et Christophe Kihm  et à partir d’une LabZone menée au cours de l’année 2019-2020 dans le work.master, l'exposition gravite autour de deux ensembles liés à l’extraterrestre. D'une part  l’habitat spatial, ses formes matérielles et ses formes de vies. De l'autre la circulation des images : celles du spatial dans la culture pop (scientifiques ou non) et celles de la culture pop dans l’espace (images embarquées lors de vols ou de séjours extraterrestres).
 
Espace 2.jpgL’exposition réunit des productions des étudiant(e)s, réalisées à partir de réflexions collectives avec Julie Bellard, Grégory Bourrilly, William Fernandes, Roger Gaillard, Eliott Waldis et ayant émergé avant, pendant et après la période de confinement, ainsi que des œuvres d’artistes.  Celles de Julie Bellard, Grégory Bourrilly, Bertrand Dezoteux, William Fernandes, Roger Gaillard, Charlie Malgat, Eliott Waldis.
 
Espace 3.jpgSe découvrent des analogies entre espaces et habitats terrestres et extraterrestres, des modèles réduits et répliques, ainsi que des parallèles entre la vie confinée sur terre et dans l’espace,  de même que discours scientifique et discours marchand. cette exposition constitue également un espace de jeu avec les méthodes et les objets mobilisés au sein du programme de recherche « Habiter l’espace extraterrestre » (projet FNS), mené à la HEAD-Genève en partenariat avec l’Observatoire de l’Espace (CNES, Paris).
 
Jean-Paul Gavard-Perret