gruyeresuisse

28/02/2021

D'ombres et de lumières : Blanca Blarer

Blarer.pngBlanca Blarer, "Quiet Noise",  Galerie Mark Muller, Zurich, Février-mars 2021.
 
Blanca Blarer est née en 1963 à Glarus et vit et travaille à Zurich. Formée à la Hochschule für Angewandte Kunst de Vienna elle a suivi une  master class en théorie du design et design expérimental auprès deMaria Lessing.
 
Blarer 2.jpgLa Suissesse poursuit une recherche plastique sur le rapport entre l'art et l'architecture à travers ses acrylic sur MDF et aluminium. Les oeuvres se rapprochent de l'abstraction, de l'art conceptuel en des innovations  là où la peinture, le dessin et la sculpture sont transformés par diverses techniques. L’art et l’architecture trouvent un hymen particulier complété ici par des textes, esquisses, photographies, projets, et publications où sont présentées ses innovations
 
Blarer3.jpgPour elles, Blanca Blarer utilise une variété d'instruments et matériaux comme ses installations de mur de grande dimension sur lesquels "travaille" un astre d'aluminium et d'autres métaux comme des couleurs acryliques. L'exposition présente une série de ces oeuvres dont les "Ammonite", ses compositions les plus complexes de panneaux d'aluminium. Ils créent des jeux de lumière et d'ombre qui accompagnent le regardeur pendant sa visite.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

07:37 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

26/02/2021

Emma Kunz pionnière du géométrisme abstrait

Kunz.jpgEmma Kunz, "Cosmos", Aargauer Kunsthaus, du 2 mars au 24 mai 2021.
 
Emma Kunz (1892, Brittnau - 1963, Waldstatt) fut une guérisseuse, radiesthésiste et artiste peintre suisse dont la première exposition ("The Case of Emma Kunz")  sera posthume. N'ayant reçu aucune formation artistique, elle est considérée comme une artiste atypique.  Comme d'autres artistes femmes (Hilma af Klint et Agnès Martin) elle proposa une approche de l'abstraction géométrique non comme formalisme, mais comme moyen de structurer des idées philosophiques, scientifiques et spirituelles.
 
Kunz 2.jpgA ce titre elle reste pionnière de l'art abstrait géométrique propre à la Suisse. La plasticienne invente moins un masque sur le réel qu’une fécondation particulière. où ne subsistent que quelques lignes de sédimentation. Pour Emma Kunz ces dernières, la géométrie, et le quadrillage créent des dessins sous forme de diagrammes d'explorations de systèmes de croyances complexes et de pratiques de réparation corporelle propre à son talent de guérisseuse. Dégagées des obligations de représentation mais sans se laisser aller à un imaginaire totalement débridé l'artiste a approfondi couleurs, formes et techniques au service non seulement de thématiques mais d'exploration de l'art lui-même, de ses potentialités et pouvoirs.
 
Kunz 3.jpgLa matière et le processus de création sont capitaux dans une avancée de l'art qui peu à peu fut reconnue de manière internationale. De la dépouille du réel ce n’est pas l’artefact de la mort qui jaillit mais une renaissance à travers une spectralité et une spiritualité inhérentes à une telle approche. Elle trouble l’idée même d’image et de son ensoleillement. Demeurent une étrangeté, un étrangement qui ouvre les oeuvres à une autre présence. Elle évoque un survisible en proposant  des horizons singuliers.
 

Jean-Paul Gavard-Perret

19/02/2021

Silvana Reggiardo : rien - pas plus

Reggiardo 2.jpgAprès s'être intéressée à l’apparente banalité de l’intimité d'appartements vides où ne restaient que des traces de coercition et de solitude, Silvana Reggiardo sort de tels lieux  clos et se dirige vers l’espace urbain. Elle s’attarde sur les empreintes fugitives de la lumière sur les surfaces brillantes. La photographe n’est  plus une chasseuse d’icônes, une chercheuse de trophées imaginaires mais une "dépeupleuse".
 
Reggiardo 3.jpgElle trame d’autres voies. A notre propre chaos livré à l’énigme d’images célibataires elle propose une redistribution de leurs « cartes » et de leur « peau ». S'inscrit le presque rien qui suggère sans doute  un hors-champ mais il  reste énigmatique. Demeurent des espaces donnés non comme volume mais surface plate. Dans des constellations structurelles les lignes droites ne  la font plus bouger.
 
Reggiardo.jpgCette démarche novatrice est animée par l’idée que les formulations visuelles de jeux logiques du langage plastique ouvrent les questions fondamentales de l’écart entre savoir et voir.  Silvana Reggiardo pose un regard doux sur de tels espaces en observatrice minutieuse par des prises dont les lignes hypnotiques  à la clarté du jour  créent l’amour des béances par effet de variations de divers types  de fermetures ou d'interstices. Rien n'a lieu que le lieu. Et son vide.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
 

Mélissa Boucher, Silvana Reggiardo, Laure Vasconi : "Sortie d’Atelier", Regard Sud Galerie, 1/3 rue des Pierres Plantées, Lyon, du 20 février au 27 mars 2021