gruyeresuisse

02/10/2020

Von Matt-thématiques : révisions

Von Matt.pngAnnemarie von Matt, "Je ne m'ennuie jamais, on m'ennuie", avec des oeuvres de Mathis Altmann, Sophie Jung, Judith Keller, Simone Lappert, Quinn Latimer, Céline Manz, Sam Porritt, Davide-Christelle Sanvee, Manon Wertenbroek, Centre Culturel Suisse de Paris, du 11 octobre au 10 novembre 2020.

 

Von Matt 2.pngAnnemarie von Matt (1905-1967) reste une artiste méconnue, atypique et prolifique. Elle est présentée pour la première fois hors de Suisse sous la curation de Claire Hoffmann (CCS) et Patrizia Keller (Nidwlader Museum). L'artiste est accompagnée dans cette exposition de neuf artistes et autrices contemporaines qui découvrent sa personne et son œuvre. Elles et ils sont là pour les questionner et en donner leur "version". 

Von Matt 3.jpgL'artiste travailla d’abord comme aide ménagère en Suisse alémanique et romande. À Lucerne, elle rencontre l’orfèvre Martha Flüeler-Haefeli et se met à créer à ses côté et appartient très vite au cercle des artistes lucernois des années 1920. Membre du Werkbund SWB et de la Société suisse des femmes artistes  elle participe à partir des années 30 à de nombreuses expositions, reçoit des commandes. En 1935, elle épouse le peintre et sculpteur Hans von Matt mais rencontre également le prêtre et écrivain lucernois Josef Vital Kopp, avec lequel elle entretient une relation amoureuse. Son mariage et l’esprit de l’époque l’entravent. Mais son oeuvre va être innervée par cette relation contrariée

Von Mart.jpgCelle qui pratiqua une multitude de médiums (peinture, dessin, sculpture, arts appliqués, assemblage, photographie, auto-mise en scène) fut aussi obsédée par l’écriture. Portée par une approche ludique du langage elle s'en servit pour riposter à la société conservatrice dans laquelle elle étouffait. L’exposition illustre parfaitement l’aspect disparate de l'oeuvre et permet de l’envisager à travers les performances, installations, dessins ou textes des créateurs invités. Ils ont découverts dans son oeuvre échevelée une créatrice qui répond aux expérimentations de l'art du temps qu'elle anticipa sur bien des points.

Jean-Paul Gavard-Perret

29/09/2020

Dactylo Rock

Rock Me.jpg"Rock me Baby ", Divers lieux, Yverdon du 10 octobre 2020 au 24 avril 2021,

Imaginé par Sébastien Mettraux le projet "Rock me Baby "est un hommage à l’industrie disparue de la machine à écrire dans le Nord Vaudois. Nommée d’après le modèle phare de la marque, la Hermès Baby, l’exposition porte un regard pluridisciplinaire sur cet objet emblématique, 30 ans après la fermeture du site de production d’Yverdon-les-Bains.

 

Roc %e.jpgCe projet pluridisciplinaire et collaboratif mêle histoire régionale et création contemporaine. Et ce en 4 lieux. Les travaux d’artistes suisses et internationaux autour de la machine à écrire sont présentés au CACY. Des archives historiques, affiches publicitaires et machines Hermès au Musée d’Yverdon et Région. Des séquences de cinéma culte, jeux vidéos mythiques et couvertures de magazines mettant en scène la machine à écrire à la Maison d’Ailleurs. Enfin des ateliers d’écriture et exposition autour de la mémoire collective des Yverdonnois à la Bibliothèque publique.

Rock me.pngUne cinquantaine de machines à écrire provenant de collections patrimoniales et privées permettront au public de découvrir un aperçu des différents modèles produits dans le nord vaudois. L’exposition offre également des objets rares, tels qu’une machine à indicateur de 1890, des Hermès Baby produites à l’étranger, des machines à claviers exotiques et des prototypes Hermès méconnus. Mais surtout  cette machine devient outil de création, sujet de représentation, ou objet d’un détournement. Sont présents des dessins de la pionnière allemande de l’art postal Ruth Wolf-Rehfeldt, des travaux de la new-yorkaise Allyson Strafella, des oeuvres d'Axel Brandt, Claude Cortinovis, Daniel Ruggiero, Emmanuele de Ruvo, Frédéric Clot, Hervé Graumann, Jannick Deslauriers; Joseph Martin, Julia Sørensen, Julie Trolliet-Gonzalez ,Loreen Fritsch, Martin Gut, Laura Leonardi, Mounir Fatmien ou encore Yannick Lambelet, peintre né à Yverdon-les-Bains.

Jean-Paul Gavard-Perret

27/09/2020

Laboureur et ses enfants

Laboureur.jpg"Jean-Emile Laboureur (1877-1943) Graveur", Galerie/Librairie L’Exemplaire, Genève, du 24 septembre au 31 octobre.

Natif de Nantes Jean Émile Laboureur et mort dans le Morbihan. Il fut peintre, dessinateur, lithographe, graveur. Créateur de nombreuses gravures au burin il illustra des auteurs qui furent ses contemporains : Giraudoux, Colette, Gide, Mauriac, entre autres. Il fut aussi peintre paysagiste ou de natures mortes et réalisa aussi des fresques et des sculptures.

Labiureur 2.jpgIl séjourne et expose à plusieurs reprises de 1905 à 1909, aux États-Unis et au Canada puis expose à Paris à partir de 1911 et s'y fixe au moment où l'at est en ébullition. Il utilise alors moins le bois gravé et préfère l'eau forte. Pendant un temps son dessin se rapproche du cubisme et son rôle devient important dans le mouvement de l'esthétique moderne en plein évolution à l'époque et qu'il contribue à developper dans le registre graphique et graphiste.

Laboureur3.jpgMobilisé en 1914, il continue  à créer, il compose des gravures sur le thème de la guerre, et s'inspire de son vécu pour d'autres œuvres plus tardives. Il expérimente la technique du burin pour l'illustration de livres. Il collabore aussi à des revues et dans son atelier parisien, il enseigne l'art de la gravure à des élèves comme Marie Laurencin et André Dunoyer de Segonzac. Il réalisa aussi un important travail d'illustration de commande pour le Catalogue Manufrance au début des années 1930. Cela pourrait sembler anecdotique néanmoins il prouve dans de telles commandes toute sa puissance de création. Illustrateur de styles il en créa tout autant et ils traversent l'art du XXème siècleet la bibliophilie d'art.

Jean-Paul Gavard-Perret