gruyeresuisse

01/03/2021

Sylvain Granon noctambule du mystère

Granon.jpgDe la réserve de l'imaginaire surgissent des ombres, lieux d'accords ou de désaccords parfaits.  La poésie picturale respire dans l'ombre, traverse des limites dans des horizons mystérieux de gouffres du dehors et du dedans selon divers mouvements et étendues aux versants ardus.

 
Granon 2.jpgIl existe là une façon inimitable de faire sourdre de l'invisible du paysage au moment où se noue splendeur sombres et mélancolie quasi cosmique dans ce qui tient d'une éclosion de songes ou de sortilèges en un espace de haute lucidité où louvoie une prégnance bouleversante.
 
Il faut sans doute beaucoup d'effort à Sylvain Granon  pour atteindre cette force profonde. Elle prend, traverse, parcourt chaque oeuvre dans la ténacité d'un parcours initiatique au sein d'un chaos ordonné là où la nuit révèle une immensité intime.
 
Jean-Paul Gavard-Perret
 
 

Sylvain Granon, "Résonances", Réouverture de l'exposition, galerie ligneTREIZE, Carouge, Genève, du 3 aui 31 mars.

28/02/2021

D'ombres et de lumières : Blanca Blarer

Blarer.pngBlanca Blarer, "Quiet Noise",  Galerie Mark Muller, Zurich, Février-mars 2021.
 
Blanca Blarer est née en 1963 à Glarus et vit et travaille à Zurich. Formée à la Hochschule für Angewandte Kunst de Vienna elle a suivi une  master class en théorie du design et design expérimental auprès deMaria Lessing.
 
Blarer 2.jpgLa Suissesse poursuit une recherche plastique sur le rapport entre l'art et l'architecture à travers ses acrylic sur MDF et aluminium. Les oeuvres se rapprochent de l'abstraction, de l'art conceptuel en des innovations  là où la peinture, le dessin et la sculpture sont transformés par diverses techniques. L’art et l’architecture trouvent un hymen particulier complété ici par des textes, esquisses, photographies, projets, et publications où sont présentées ses innovations
 
Blarer3.jpgPour elles, Blanca Blarer utilise une variété d'instruments et matériaux comme ses installations de mur de grande dimension sur lesquels "travaille" un astre d'aluminium et d'autres métaux comme des couleurs acryliques. L'exposition présente une série de ces oeuvres dont les "Ammonite", ses compositions les plus complexes de panneaux d'aluminium. Ils créent des jeux de lumière et d'ombre qui accompagnent le regardeur pendant sa visite.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

07:37 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

26/02/2021

Emma Kunz pionnière du géométrisme abstrait

Kunz.jpgEmma Kunz, "Cosmos", Aargauer Kunsthaus, du 2 mars au 24 mai 2021.
 
Emma Kunz (1892, Brittnau - 1963, Waldstatt) fut une guérisseuse, radiesthésiste et artiste peintre suisse dont la première exposition ("The Case of Emma Kunz")  sera posthume. N'ayant reçu aucune formation artistique, elle est considérée comme une artiste atypique.  Comme d'autres artistes femmes (Hilma af Klint et Agnès Martin) elle proposa une approche de l'abstraction géométrique non comme formalisme, mais comme moyen de structurer des idées philosophiques, scientifiques et spirituelles.
 
Kunz 2.jpgA ce titre elle reste pionnière de l'art abstrait géométrique propre à la Suisse. La plasticienne invente moins un masque sur le réel qu’une fécondation particulière. où ne subsistent que quelques lignes de sédimentation. Pour Emma Kunz ces dernières, la géométrie, et le quadrillage créent des dessins sous forme de diagrammes d'explorations de systèmes de croyances complexes et de pratiques de réparation corporelle propre à son talent de guérisseuse. Dégagées des obligations de représentation mais sans se laisser aller à un imaginaire totalement débridé l'artiste a approfondi couleurs, formes et techniques au service non seulement de thématiques mais d'exploration de l'art lui-même, de ses potentialités et pouvoirs.
 
Kunz 3.jpgLa matière et le processus de création sont capitaux dans une avancée de l'art qui peu à peu fut reconnue de manière internationale. De la dépouille du réel ce n’est pas l’artefact de la mort qui jaillit mais une renaissance à travers une spectralité et une spiritualité inhérentes à une telle approche. Elle trouble l’idée même d’image et de son ensoleillement. Demeurent une étrangeté, un étrangement qui ouvre les oeuvres à une autre présence. Elle évoque un survisible en proposant  des horizons singuliers.
 

Jean-Paul Gavard-Perret