gruyeresuisse

01/04/2021

Les fantaisies pieuses de Line Marquis

marquis.jpgLine Marquis, Exposition, Musée de Moutier du 17 avril au 6 juin 2021
 
Cultivant sa propre « ligne » graphique et un univers apparemment instable, dans ses œuvres récentes présentées dans cette exposition, Line Marquis "revisite des thèmes ancestraux à la lumière d'un questionnement actuel".
 
Marquis 2.jpgAvec ses Vierges à l'enfant ou ses Pietà nouvelles normes, elle interroge la parentalité comme un lien susceptible de poétiser la vie, dans le contexte d'un monde en déliquescence. Mais nous sommes transportés loin d’une simple vision édénique. L'artiste mêle onirisme et apocalypse comme la tradition de l'art et  sa subversion. Elle  "éclaire" le monde contemporain par des visions  aussi douces qu'agressives ou drôles. Son univers demeure complexe : il y a autant d’images apocalyptiques que bucoliques, parfois douces jusque dans la finesse du dessin - dont l'immense fusain qu'elle développera pendant l'exposition.
 
Marquis 3.jpgExiste toujours un bouillonnement parfois sourd parfois ludique. Le tout avec humour  dans le mixage de la couleur et du noir et blanc ; ça et là il existe des touches psychédéliques, des inserts linguistiques ou des « reprises » d’images anachroniques revisitées. L'œuvre prouve combien les mécaniques et procédures se perdent en chemin afin de donner à voir  la recomposition du monde pour lui donner un profil particulier et une nécessaire dérive.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

15/03/2021

Nature et culture selon Hans Ruedi Giger

Giger.jpgH.R. Giger, modeste parmi les modestes, resta un Artiste en quelque sorte un artiste maudit peu reconnu de son vivant. Proche du symbolisme et du surréalisme, le Suisse reste un maître anticipateur de la science-fiction. Il sera appelé par Ridley Scott inspiré par ses dessins. Giger maître des noirceurs gothiques et des pentes vaginales inspire "Blade Runner" et ses Aliens. La force vive des créatures donne des tensions biomécaniques par leur mise en abîme.
 
Giger 2.jpgL'artiste perturbe le réel et rationnel par la force de ses images souvent sexuelles parfois morbides ou déviantes. Il reste ainsi face à la méthode scientifique, celui qui insère une puissance cosmique à la Lovecraft et que reprendra Cronenberg. Existe une plongée dans un tel domaine biomécanique qui explore des champs de l'imaginaire là où l’androïde est autant positif et négatif.
 
Giger 3.jpgCe mélange humain/machine, ce cyborg-univers provoque fascination dans le mixage voire la fusion de la chair et du métal. H.R. Giger prouve par ses monstres que lorsqu'on en soulève le capot ce n'est pas de la lumière qui se dégage mais plutôt du pus, du sang et de l’huile de moteur. Tout cela réveille divers types de pulsions en prouvant que la technologie fait partie de nous et de notre sado-masochisme chez le Suisse aussi lumineux que glauque, animal et divin.
 
Jean-Paul Gavard-Perret

13/03/2021

Mirko Baselgia : réinsuffler son souffle à la matière

Baselgia.jpgMirko Baselgia, « Imagine a white with irregular black post" , Galerie Heinzer-Reszler, Lausanne, mars-avril 2021.
 
Mirko Baselgia tire le monde de son tissu  afin d'en relever des morceaux et pans pour en souligner les pliures d’ombre et des chemins tapissés de gris. Les coupes sombres ici se distordent selon de nouvelles normes.
 
Baselgia 3.jpgTout s’offre, s’étoffe, montre sa « jupe ». La raison vole en ce qui tient en fragments fixes mais tout autant de suites  moins ajourées qu'hirsutes car chevelues. Il faut bien sûr l'imagination (que l'artiste demande au regardeur) pour retrouver sous de tels "black spots" la surface blanche.
 
Baseilgia2.jpgSe succèdent des passages étranges. Au regard d’en franchir le seuil avec une frénésie nécessaire à de telles transgressions. Là où il n'existe jamais d'esbroufe mais une nécessité face à ce qui nous étouffe et dont le créateur fait sourdre des sortes de sous-entendus.
 

Jean-Paul Gavard-Perret.